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Aujourd'hui l'économie

Le casse-tête du budget européen

Audio 03:56
Ursula von der Leyen et Charles Michel au Parlement européen à Strasbourg le 18 décembre 2019.
Ursula von der Leyen et Charles Michel au Parlement européen à Strasbourg le 18 décembre 2019. FREDERICK FLORIN / AFP

Comment l’Union européenne peut faire plus avec moins d’argent ? C’est le casse-tête budgétaire que doivent résoudre les 27 réunis en sommet à partir d’aujourd’hui à Bruxelles.

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Ceux qui pensaient que la vie des Européens serait plus facile sans les mauvais payeurs britanniques en sont pour leurs frais. Car le départ de ce contributeur net laisse un gros trou dans la caisse. Vont manquer entre 60 et 75 milliards d’euros pour couvrir les dépenses basiques de l’Europe sur le prochain cycle budgétaire compris entre 2021 et 2028. Pour le moment aucun pays n'est satisfait des propositions sur la table. La négociation de cet exercice n’échappera donc pas à la règle du genre : ce sera encore une véritable bataille de chiffonniers, avec d'un côté les plus riches qui vont tout faire pour dépenser le moins possible, et de l'autre, les plus pauvres à la manœuvre pour préserver le maximum de bénéfices.

Ce budget se monte environ à 1 000 milliards d’euros

Le président du Conseil, le Belge Charles Michel chargé d’harmoniser les positions des 27 propose 1 094 milliards exactement, cela représente 1,074% du PIB des 27. C’est en dessous de ce que prévoit la Commission qui veut dépenser plus pour le climat, le numérique, la migration et la sécurité. Mais c’est déjà beaucoup trop pour les nouveaux avares de l'Europe, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède associés à l'Autriche. Pour eux chaque centième après la virgule compte, car cela représente 10 milliards d'euros. Ces pays dénommés « les frugaux »  sont partisans d'une contribution maximale de 1% du PIB. L’Allemagne, qui va sans doute payer le quart de l’addition à elle seule, va tout faire, elle aussi, pour limiter la hausse de ses dépenses tandis que la France milite surtout pour l’élimination des rabais. Ces ristournes exigées d'abord par les Britanniques ont ensuite été accordées aux 4 petits contributeurs nets qui font aujourd'hui de la résistance.

Quels seront les principaux perdants du prochain budget ?

Les fonds de cohésion et la Politique agricole commune, le premier poste de dépense de l’Europe, sont les grandes victimes du manque à gagner engendré par le Brexit ; dans le projet actuel, l’enveloppe dédiée à ces deux postes baisse de 80 milliards d’euros. Les pays de la périphérie, du sud et de l’est de l’Europe, les plus grands bénéficiaires des fonds de cohésion attribués pour développer les régions les plus pauvres sont donc les grands perdants de ce budget. Dans une tribune publiée par le Financial Times le Premier ministre polonais dénonce la vision arithmétique des pays du nord et souligne que les aides accordées au titre de la cohésion profitent en fait à tous. Chiffres à l'appui sur la période 2007-2013, dit-il, les gains générés par les fonds de cohésion se sont traduits par une hausse des exportations de 96 milliards d'euros pour la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie et par des revenus directs pour les 15 autres États membres, dont 23 milliards d'euros pour les 4 pays dits frugaux.

Quelles sont les pistes pour sortir de l’impasse ?

Il y a sur la table des projets de nouvelles taxes. Sur le plastique par exemple. On parle aussi de taxe carbone. Et puis il y aura évidemment des tours de passe-passe. L’Europe qui a l’ambition de compter davantage dans le monde va rogner sur les dépenses de son action externe. Dans ce cadre l’aide à l’Afrique subsaharienne baisserait de 15%.

►En bref

Le projet de l'avion européen porté par la France et l'Allemagne sera enfin lancé aujourd'hui à Paris.

Avec la signature d'un contrat entre les ministres françaises et allemandes de la Défense qui doit déboucher sur la fabrication d'un prototype d'ici 2026. Les Allemands ont freiné le projet par crainte de voir leur industrie lésée.

Le FMI donne son feu vert à la restructuration de la dette argentine.

Une dette jugée insoutenable par les experts du fonds. Ils demandent à tous les créanciers privés de faire un effort et d'accepter des pertes. Le sort du prêt du FMI consenti à l'Argentine, le plus important jamais accordé par le fond, n'est pas évoqué dans ce communiqué.

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