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Hongrie: controverse autour du nouveau programme scolaire

Audio 03:05
Le principal syndicat enseignant hongrois, appelle à une manifestation ce 23/02/ dans la capitale. Le 15 mars 2016 (Photo) enseignants, parents et élèves étaient dans la rue à Budapest pour manifester contre le système scolaire jugé trop bureaucratique.
Le principal syndicat enseignant hongrois, appelle à une manifestation ce 23/02/ dans la capitale. Le 15 mars 2016 (Photo) enseignants, parents et élèves étaient dans la rue à Budapest pour manifester contre le système scolaire jugé trop bureaucratique. REUTERS/Bernadett Szabo

La publication d’un nouveau programme scolaire suscite une vive polémique à Budapest. L’Union démocratique des pédagogues, le principal syndicat enseignant, appelle à une manifestation ce dimanche 23 février, dans la capitale hongroise. Ce nouveau programme sera valable à partir de la rentrée prochaine et il provoque une levée de boucliers.

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de notre correspondante à Budapest,

Ce programme suscite l'hostilité des enseignants avant tout parce qu’il inclut une liste d’écrivains à étudier obligatoirement, mais aussi en raison de la nature de certains des écrivains retenus. Certes sur cette liste, on trouve George Orwell, l’auteur du célèbre « 1984 ». Mais le prix Nobel de littérature, l’écrivain juif hongrois Imre Kertész a été retiré de la liste. En revanche, on y trouve désormais des auteurs discutables. Par exemple le Hongrois Albert Wass, qui offre peu d’intérêt du point de vue littéraire et qui est surtout raciste et antisémite. Pour cette raison, Wass a toujours été l’emblème de l’extrême droite hongroise.

La liste inclut aussi Ferenc Herczeg, fervent admirateur de Mussolini, et Jozsef Nyiro, grand admirateur de Goebbels et membre de la direction du parti pro nazi hongrois. Le cas de Nyiro est un peu particulier, car il est considéré comme un bon écrivain. Il a écrit des romans bucoliques que beaucoup de familles ont dans leur bibliothèque, et dans lesquels ses idées nazies n'apparaissent pas. Le problème est que le gouvernement de Viktor Orban a réhabilité l’homme, pas l’écrivain. En 2012, le gouvernement avait organisé une cérémonie en grande pompe pour le transfert des cendres de Jozsef Nyiro. Une initiative qui en avait choqué beaucoup. Le prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, avait d’ailleurs rendu, en signe de protestation, une décoration qu’il avait reçue du gouvernement hongrois.

Comment le gouvernement justifie-t-il la présence de ces auteurs controversés dans le nouveau programme scolaire ?

Selon le ministre de l'Éducation, Miklos Kasler, « la nouvelle génération doit bénéficier de programmes contenant des valeurs européennes et hongroises ». De manière générale, la droite hongroise estime que la gauche et les libéraux ont toujours dominé la culture et l’éducation, que jusqu’ici sur les listes de lecture, on trouvait surtout des écrivains de gauche, et qu’il faut rééquilibrer tout cela. Et un porte-parole du gouvernement a expliqué que ce programme national avait été élaboré par les meilleurs experts.

Quelle est la marge de manoeuvre des enseignants ?

Les professeurs de littérature pourront consacrer 20 % de leur temps aux auteurs de leur choix. Mais en général les programmes scolaires sont très directifs. Par exemple, les professeurs de chimie devront expliquer aux élèves, films à l’appui, comment fonctionne la distillation de l’eau-de-vie. Il faut dire que le gouvernement Orban a donné à chaque famille le droit de distiller de l’alcool pour sa consommation personnelle. Distiller de l’alcool, c’est presque un acte patriotique !

Selon de nombreuses associations d’enseignants, le programme scolaire est trop imprégné de nationalisme et d’idéologie. Sur les réseaux sociaux, certains professeurs postent la même devise : « Je n’enseignerai pas le fascisme . »

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