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Revue de presse Afrique

À la Une: Faure Gnassingbé rempile

Audio 04:12
Comptage des voix dans un bureau de vote de Lomé.
Comptage des voix dans un bureau de vote de Lomé. AFP/Yanick Folly

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Un 4e mandat pour le président togolais… Avec ce chiffre à la Une de toute la presse togolaise ce matin : 72,36% au premier tour. C’est le score canon obtenu par Faure Gnassingbé. Un coup KO, comme on dit en Afrique de l’Ouest.

« Cette victoire était attendue », s’exclame le site officiel République Togo. « Les Togolais se sont détournés depuis plusieurs années de la chose politique. Ils votent désormais pour celui qui pourra leur apporter une vie meilleure, du travail, de meilleurs salaires, de bons hôpitaux et une éducation de qualité pour leurs enfants. Le bulletin glissé dans l’urne est la synthèse de toutes ces attentes. »

République Togo note également la seconde place d’Agbéyomé Kodjo (18,37%), ainsi que le faible score de Jean-Pierre Fabre (de l’ANC) qui n’obtient que 4,35% des suffrages.

République Togo qui ne se prive pas de l’égratigner au passage : « très mauvaise nouvelle pour M. Fabre dont c’est sans doute la fin de la carrière politique. Les électeurs traditionnels de l’opposition ont voulu sanctionner des choix politiques jugés hasardeux du leader de l’ANC. L’usure a certainement joué contre lui. »

Kodjo conteste

Pour sa part, celui qui fait désormais figure d’opposant N°1, Agbéyomé Kodjo, réfute cette reconduction du président sortant.

Pour lui, pas de doute, il est le vainqueur de ce scrutin qui a été truqué et il se pose en tant que président élu, comme le relève notamment le site Togo Breaking News : avant l’annonce de la CENI, « Agbéyomé Kodjo s’est déclaré vainqueur de l’élection avec un score entre 57% et 61%. Il demande à Faure Gnassingbé de prendre des mesures pour un transfert pacifique du pouvoir. L’ancien Premier ministre invite les forces vives à célébrer l’alternance et demande à la communauté internationale d’aider à la concrétisation de cet idéal au Togo. Le docteur Kodjo a aussi annoncé la formation prochaine d’un gouvernement inclusif. »

Un jeu politique plus ouvert ?

Pour l’instant, peu ou pas de réactions dans la sous-région, l’annonce de la réélection de Faure Gnassingbé étant tombée tard dans la nuit.

L’envoyé spécial à Lomé du site burkinabé WakatSéra a pu publier son papier à temps : il estime que cette élection présidentielle marque une avancée démocratique pour le Togo : « cette élection est une première dans l’histoire politique du pays, écrit-il. Grâce d’abord à la pression des opposants et de la société civile sur le pouvoir en place pour obtenir les réformes constitutionnelles actuelles. » Autre avancée : « les Togolais de la diaspora ont joui pour la première fois de leur droit de vote. C’est encore la première fois que le scrutin, qui était uninominal, donc cadenassé à un tour, passe à deux tours. Et enfin, ce n’est pas la moindre des victoires d’étape du peuple togolais, les mandats présidentiels sont désormais limités à deux. S’il ne faut pas se satisfaire de ces avancées, il n’en demeure pas moins qu’elles ouvrent un peu plus le jeu politique, estime WakatSéra, dans un Togo qui a été longtemps fermé aux réformes qui portent la démocratie. Car il est temps que Faure Gnassingbé se serve de cette victoire pour offrir à tous les Togolais un quotidien de mieux-être et surtout pour mettre en place, au moment indiqué par la Constitution, les conditions favorables à l’alternance, l’un des piliers fondamentaux de la démocratie. »

Un boulevard ?

Le Pays, toujours au Burkina, est plus tranchant… « Jusqu’en 2025 au moins, Faure Gnassingbé, qui dirige le seul pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a jamais connu d’alternance démocratique, va continuer à faire figure d’exception parmi ses pairs de la sous-région, avec la bénédiction et les félicitations de l’ancienne puissance coloniale française, note le quotidien burkinabé, qui a beaucoup d’intérêts dans ce pays qui espère devenir un hub régional avec son taux de croissance séducteur de 5%, l’absence de groupes terroristes actifs sur son territoire, son nouvel aéroport international et son port en eaux profondes. Des atouts énormes qui pourraient ouvrir un boulevard à cet homme qui nourrit secrètement l’ambition de faire mieux que son père qui a régné sans partage sur le Togo 38 ans durant, car, pointe encore Le Pays, même si la Constitution actuelle limite ses mandats à deux, rien n’indique qu’avec l’Assemblée nationale actuellement largement dominée par son parti, le calendrier des ajustements constitutionnels soit complètement bouclé pour les années à venir. »

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