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Invité Afrique

Présidentielle au Togo: les deux camps s'expriment

Audio 07:15
Le président de la Commission électorale nationale indépendante du Togo, Tchambakou Ayassor, lors de l'annonce des résultats de la présidentielle de 2020.
Le président de la Commission électorale nationale indépendante du Togo, Tchambakou Ayassor, lors de l'annonce des résultats de la présidentielle de 2020. AFP/Pius Utomi Ekpei

Le président togolais Faure Gnassingbé est reconduit pour un 4e mandat. Selon les chiffre de la Céni, la Commission électorale nationale indépendante, il a été réélu dès le premier tour avec 72,36% des suffrages. Pour son principal challenger, Agbéyomé Kodjo, ces chiffres sont faux. Il dénonce des fraudes. Fulbert Attisso, directeur de campagne d'Agbéyomé Kodjo et Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique du président sortant, sont nos invités.

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RFI : La Céni - la Commission électorale nationale indépendante -, a annoncé dans la nuit la réélection de Faure Gnassingbé, votre candidat. Comment est-ce que vous réagissez à ce résultat ?

Gilbert Bawara : C’est un heureux dénouement. C’est également un sentiment de satisfaction et de joie. Et c’est le moment de dire notre gratitude, la gratitude du président Faure Gnassingbé à l’ensemble de la population togolaise, pour la bonne tenue de ce processus électoral. Mais c’est également et surtout, le moment de remercier infiniment l’ensemble des concitoyens togolais, qui se sont mobilisés, notamment ceux qui, sur le territoire national, se sont mobilisés massivement, on fait preuve d’enthousiasme et d’engouement en participant aux meetings et aux discussions avec le candidat Faure Gnassingbé, ainsi qu’avec les cadres du parti UNIR.

Vous êtes surpris de l’ampleur de cette victoire ?

Non, il n’y a pas une grande surprise, parce que, tous ceux qui ont bien observé la campagne électorale, qui ont constaté le niveau d’engouement qui existait autour du candidat Faure Gnassingbé, autour du partir UNIR, ne sont pas surpris par ce suffrage. Je voudrais souligner le climat de paix et de sécurité dont le Togo jouit. Je crois que, les concitoyens avaient envie à la fois de préserver et de consolider ce climat de paix et de sécurité, de travailler dans un esprit de cohésion et d’unité, pour amplifier les résultats et les réalisations déjà accomplis, et naturellement, d’éviter une sorte de pause ou expérimentation, dont on ne connaissait pas les tenants et les aboutissants.

Dimanche soir, Agbéyomé Kodjo, le candidat du MPDD, a contesté cette victoire de Faure Gnassingbé annoncée par la Céni. Il assure avoir gagné dès le premier tour, avec un score oscillant entre 57 et 61% des voix et il invite le président sortant à un sursaut patriotique : « Afin que le transfert du pouvoir puisse se faire dans les règles de l’art et de manière pacifique ». Qu’est-ce que vous lui répondez ?

Monsieur Agbéyomé Kodjo est à la tête d’un parti, le MPDD, qui siège au sein de la Céni, qui siège dans les commissions électorales locales, qui siège dans l’ensemble des bureaux de vote… En tant que candidat, il disposait également de délégués dans tous les bureaux de vote. Alors, s’il dispose de procès-verbaux et de pièces justificatives des allégations qu’il est en train de proférer, bien entendu, la Cour constitutionnelle examinera cela. Je pense que, depuis le début de la campagne, il n’a cessé d’aller de provocation en provocation, d’agitation en agitation… Les Togolais n’aiment pas ce genre d’attitude. En se proclamant vainqueur de l’élection à partir de faux résultats, certaines personnes de son entourage utilisant les réseaux sociaux pour appeler à la contestation et à des actes de violence, naturellement, cela n’est pas sans conséquence du point de vue juridique. Personne ne sera autorisé à agir de manière qui remette en cause la concorde, la paix et l’ordre public.

Mais cela veut dire qu’il pourrait être arrêté dans les prochaines heures, les prochains jours ?

Je ne voudrais pas m’aventurer sur ce chemin. Je dis tout simplement que les Togolais sont attachés à la paix et à la sécurité et que toute action ou tout agissement qui serait contraire à l’ordre public feront l’objet des conséquences prévues par la loi et règlement applicables en République togolaise.


RFI : Comment réagissez-vous à cette annonce de résultats ?

Fulbert Attisso : Nous sommes outrés ! Ce sont ces résultats staliniens et qui sont faux ! Parce qu’il est inadmissible que le candidat du parti UNIR, qui rempile pour un quatrième mandat et dont le bilan est négatif sur toute la ligne, puisse obtenir 72,36% lors du scrutin du 22 février 2020. Pour nous, ces résultats sont faux, parce que ce sont des résultats obtenus par la fraude et le bourrage d’urnes.

Vous parlez de résultats obtenus par le bourrage d’urnes. Qu’est-ce qui vous permet de dire cela ? Est-ce que c’est quelque chose que vos membres ont pu constater ?

Oui, je peux vous dire que nous l’avons constaté. Partout, nos délégués, dans les bureaux de vote, nous ont signalé les cas de bourrage d’urnes. Et puis beaucoup de délégués dans la région septentrionale du pays ont été chassés des bureaux de vote. C’est la fraude systématique partout. Et même, si nous pouvons accepter que ce scrutin s’est déroulé avec beaucoup de fraudes, il n’est même pas possible que le président sortant ait pu obtenir 72,36%. Depuis qu’il a commencé à participer à des élections, en 2005, en 2010 et en 2015, son score a toujours varié entre 50 et 60%. Qu’il obtienne 72,36%, alors qu’il est vomi par les populations, qu’il se présente pour un quatrième mandat, ce n’est pas possible ! Nous contestons ces résultats ! La Céni nous attribue 18,37%, alors que, les compilations que nous avons faites à travers les procès-verbaux que nous avons obtenus, nous donnent des résultats entre une fourchette de 57 et 61%. Donc nous contestons les résultats du président sortant, parce que ce sont des résultats fabriqués, obtenus, extorqués par la fraude et les bourrages systématiques des urnes.

Quelle est votre marge de manœuvre et que pouvez-vous faire ou que comptez-vous faire ?

Pour nous, il est inadmissible que nous puissions accepter ce score que l’on nous a donné et le score du président sortant qu’il emporte au premier tour. Et nous sommes convaincus que, les électeurs qui ont porté leur suffrage sur nous, n’accepteront pas ces résultats-là. Nous allons prouver, à partir des éléments en notre possession, que ces scores-là sont faux. Ce sont des scores staliniens qui ne sont plus d’actualité aujourd’hui dans le monde. Vous aurez de nos nouvelles dans les prochains jours.

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