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Chronique des matières premières

Le porc français bientôt en Chine par les «routes de la soie»

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Un client examine les morceaux de porc exposés sur un marché de Hangzhou dans la province de Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 9 janvier 2020. (image d'illustration)
Un client examine les morceaux de porc exposés sur un marché de Hangzhou dans la province de Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 9 janvier 2020. (image d'illustration) STR/AFP

La filière porcine française cherche à exporter plus rapidement sa viande vers la Chine par le train, grâce aux nouvelles « routes de la soie ». Le coronavirus a retardé les projets, mais il crée aussi de nouveaux besoins d'importation en Chine.

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Expédier de la viande de porc congelée par le train vers la Chine ? INAPORC, l’interprofession porcine française, étudie sérieusement la question avec l'Association France-Eurasie pour l'agroalimentaire.

18 à 20 jours de train

L’an dernier la France a exporté vers la Chine 170 000 tonnes, un record, les besoins de l'Empire du Milieu étant immenses depuis que la peste porcine a dévasté les élevages chinois. Mais les expéditions se font par bateau, 35 à 40 jours de mer, alors que l’usage du chemin de fer ne prendrait que 18 à 20 jours, soit deux fois moins de temps.

Les lignes ferroviaires se sont développées entre la Chine et l’Europe, depuis que Pékin a relancé les « routes de la soie ». Jusqu’à présent utilisés pour acheminer les produits manufacturés chinois à Dourges, près de Lille, au nord de la France, les trains pourraient expédier de la viande de porc française dans l’autre sens, vers la Chine.

Scellés électroniques russes

Mais les difficultés ne manquent pas. Il faut traverser la Russie, voire le Kazakhstan, pour rejoindre la frontière chinoise, autant de passages de douane compliqués lorsqu’il s’agit de produits alimentaires. Emprunter le Transsibérien signifie qu’il faut transborder les conteneurs deux fois, les rails russes n’ayant pas le même écartement qu’en Europe et en Chine. L’embargo de Moscou est également toujours en vigueur sur les produits agricoles européens. Les chemins de fer russes, très intéressés par ce transit potentiel supplémentaire, ont obtenu que des scellés électroniques, contrôlés par les autorités russes, empêcheront la viande française de quitter les conteneurs avant leur destination chinoise. Le décret russe attend sa signature.

Chaîne du froid coûteuse

Autre défi, le maintien de la température des conteneurs à -18 degrés, même en cas de changement de locomotive. La rupture de la chaîne du froid a déjà réservé des surprises à l’arrivée ! Il faudra donc opter pour des conteneurs autonomes, dont la réfrigération est assurée par une alimentation propre en gazoil.

A l’arrivée le transport de la viande en train sera plus coûteux, une trentaine de centimes d’euros par kilo de viande de porc, deux fois plus que le bateau actuellement.

Les routes de la Soie ne devraient donc être réservées qu’à quelques cargaisons de porc haut de gamme pour la Chine, juge un professionnel du fret ferroviaire, et pourquoi pas pour de la viande fraîche, si les délais peuvent être tenus.

Coronavirus et chemin de fer de Dourges à Wuhan

Des tests étaient prévus très prochainement, ils ont été retardés par l'irruption du coronavirus. Mais l'épidémie ouvre à terme des opportunités pour la filière porcine française. Car la plateforme ferroviaire française de Dourges, une des destinations des routes de la Soie, est reliée à Wuhan, la ville chinoise en quarantaine qui aura grand besoin de se réapprovisionner.

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