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Les dessous de l'infox, la chronique

Élections, coronavirus, attention au «détournement de média»

Audio 03:26
Fake news Infox ordinateur media numérique réseaux sociaux
Fake news Infox ordinateur media numérique réseaux sociaux GettyImages/ Peter Dazeley/Hiroshi Watanabe

En campagne électorale, ou en pleine crise du coronavirus, les infox se répandent sur les réseaux sociaux, par le biais d’une méthode particulièrement pernicieuse de manipulation : le détournement de média, sur le mode du détournement publicitaire, parfois difficile à détecter.

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La technique est inspirée du détournement d’image, employé par les artistes, les publicitaires ou les défenseurs d’une cause pour divulguer un message. Dans le domaine de l’information, c’est l’art et la manière d’utiliser le logo d’un média connu, sa charte graphique et les principales caractéristiques de sa maquette pour faire passer des infos qui n’en sont pas. Avec Clone Zone, n’importe qui peut répliquer n’importe quel site en ligne. En quelques clics, copier-coller, envoyer… Et l’infox se répand sur les réseaux sociaux avec la vraisemblance d’un article paru dans un grand média, alors qu’il n’en est rien. Ceux qui reçoivent le message pensent avoir affaire à une info diffusée par CNN, RFI, France 24 ou autre, mais c’est un faux, une imitation plus ou moins réussie. Ce mode de manipulation de l’information est très répandu en période de campagne électorale, mais aussi dans les moments de crise que nous vivons autour du coronavirus. Il faut donc exercer une certaine vigilance, savoir repérer les indices et croiser les infos, pour éviter de tomber dans le piège.

Le soutien de Warren à Sanders… faux

À la veille du Super Tuesday, échéance électorale capitale pour le camp démocrate, c’est la maquette du New York Times qui a servi aux faussaires. Un faux article du quotidien new-yorkais s’est répandu sur les réseaux sociaux sous le titre : « Warren soutient Sanders », ce que le journal a dû démentir par la suite, mais l’infox avait eu le temps de circuler à 50 000 exemplaires, avec 15 000 partages. Nombre d’internautes ont ainsi pu croire, avant d’aller voter, que la candidate Elizabeth Warren appelait désormais à voter Bernie Sanders, alors qu’en fait, deux jours après le vote, ce jeudi 5 mars, si Elizabeth Warren a décidé finalement de se retirer de la course à l’investiture démocrate, elle choisit aussi de prendre du temps avant de désigner le candidat auquel elle apportera désormais son soutien. Dans le cas présent, les éléments de contexte auront sans doute suffi à empêcher les électeurs de tomber dans le piège.

Surtout, les fact checker américains se sont empressé de signaler l’infox. Politifact en tire les leçonset en profite pour rappeler les bases de la vérification et quelques techniques de recherche plus approfondie. L’URL peut aider à repérer la contrefaçon, mais pas toujours. On peut aussi détecter un faux en regardant qui le partage.

Par ailleurs, les citoyens américains sont aussi incités à aller aux sources de l’info sur la campagne, avec le hashtag TrustedInfo2020.

Au Togo, RFI grossièrement détournée

Il arrive que la manipulation soit un peu ratée. C’est le cas d’« un gros montage » révélé par le Togo tribune dans son édition du 19 février. Le faux sondage a circulé sur les réseaux dans les jours qui ont précédé le premier tour de la présidentielle, donnant Agbéyomé Kodjo en tête de la course électorale avec 59% des intentions de vote, et seulement 17% au président sortant Faure Gnassingbé. Tout cela sous le logo RFI, qui en réalité n’a publié aucun sondage préélectoral au Togo. Facile à repérer, les noms des candidats étant truffés de fautes, avec une typographie des plus fantaisistes. Autant dire qu’il n’y avait aucune difficulté à repérer les copiés-collés. Mais encore faut-il attacher à ce genre de message quelques instants d’attention, ce qui n’est pas toujours l’usage.

Au Burundi, France 24 plutôt bien imitée

Parfois, la manipulation est indétectable. Un faux « urgent » empruntant le logo France 24 et la charte graphique de la chaîne a signalé début mars le premier cas de coronavirus au Burundi. En fait, il n’en était rien. Les faussaires ont simplement recyclé l’annonce d’un premier cas de coronavirus dans un autre pays en y accolant le nom du Burundi. Cela a créé un début de panique et justifié un démenti officiel des autorités burundaises.

On avait déjà vu ce style de montage avec le logo de CNN et l’annonce d’un nouveau remède : « l’alcool tue le coronavirus » pouvait-on lire en bandeau, mais là, c’était pour rire...

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