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Revue de presse française

À la Une: les Français face au coronavirus

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Le président français Emmanuel Macron réagit en partant après une visite au centre d'appel SAMU-SMUR de l'hôpital Necker, axé sur l'épidémie de coronavirus COVID-19, à Paris, France, 10 mars 2020.
Le président français Emmanuel Macron réagit en partant après une visite au centre d'appel SAMU-SMUR de l'hôpital Necker, axé sur l'épidémie de coronavirus COVID-19, à Paris, France, 10 mars 2020. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

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Il est dans toutes les conversations : il inquiète, il fait peur, ou alors il est moqué, raillé et parfois même il indiffère… Comment les Français réagissent-ils au coronavirus ?

Le Figaro a compté 7 familles… « Il y a les forcenés de l’hygiène aux mains rougies à force de se frictionner, les Monsieur-Je-sais-tout qui s’improvisent épidémiologistes et les angoissés qui jouent aux Nostradamus. Les paranos ont fait des provisions de pâtes pour six mois tandis que les philosophes relisent 'La Peste' ou 'Le Hussard sur le toit'. » Il y a aussi les railleurs : « tout ce foin pour une grippette », ou encore les opportunistes, surtout chez les jeunes : « quand est-ce qu’on va fermer le lycée ? »

Et Le Figaro de s’interroger : « pourquoi nos réactions face à l’épidémie sont-elles aussi nombreuses, fortes et contrastées ? Faut-il y voir l’influence des réseaux sociaux, qui agissent comme une loupe grossissante sur la propagation de l’épidémie ? 'Ce qui nous arrive aujourd’hui était le lot commun de l’humanité pendant des millions d’années. Jusqu’en 1900, les maladies infectieuses étaient la principale cause de mortalité', rappelle Jocelyn Raude, enseignant-chercheur en psychologie de la santé et des maladies infectieuses à l’École des hautes études en santé publique. Aujourd’hui, poursuit-il, la plupart des grandes maladies qui entraînent la mort dans les sociétés développées sont liées au vieillissement. Cette épidémie nous renvoie à notre fragilité. Elle rappelle à chacun qu’il est vulnérable'. Quant à la peur de la contagion, pointe Le Figaro, elle ne saurait être enrayée par la comparaison avec le chiffre des nombreux décès annuels liés à la grippe. 'Dans ce domaine, nos réactions sont structurées par deux facteurs, analyse encore Jocelyn Raude : l’incertitude face à des phénomènes difficilement compréhensibles ou mal connus et le contrôle perçu du risque. La conjonction de ces deux facteurs est extrêmement anxiogène. Or, ils sont souvent réunis dans les maladies émergentes : il y a beaucoup d’inconnues dans l’équation et les moyens de protection apparaissent insuffisants'. »

Macron ce soir : rassurer et prévenir…

Ce soir, Emmanuel Macron va s’adresser aux Français… « À 20 heures, pointe Le Parisien, Emmanuel Macron s’exprimera sur le coronavirus lors d’une allocution solennelle prononcée depuis l’Elysée. Sa première depuis le début de la crise désormais qualifiée de 'pandémie ' par l’Organisation mondiale de la santé. Un format qu’il affectionne, ayant par ce biais, de la crise des 'gilets jaunes' à l’incendie de Notre-Dame, souvent joué le registre de l’union nationale. L’idée de cette allocution présidentielle est dans les tuyaux depuis le week-end dernier, croit savoir Le Parisien. 'Qu’il prenne la parole là, c’est le bon moment, confie un ministre. Il sera dans un rôle très présidentiel, pour préparer de manière très solennelle les Français à l’épidémie généralisée qui nous attend. Le ton sera volontairement sobre, en appelant chacun à l’esprit de responsabilité, sans céder à la panique car le pays est prêt à affronter cette crise'. »

Commentaire du Parisien : « Il va falloir à Emmanuel Macron trouver les mots pour rassurer… et prévenir. Sur l’état sanitaire, en premier lieu. Sur l’état économique ensuite. Sur l’état démocratique de notre pays, enfin, avec la tenue confirmée   sauf incroyable retournement de situation   des élections municipales. Un exercice délicat mais nécessaire face à l’inquiétude grandissante dans le pays. »

« Pas simple pour le président de la République, estime L’Union, d’adopter une posture raisonnable en invitant les Français à être rigoureux dans leurs gestes du quotidien, sans pour autant plonger le pays dans une crise encore plus profonde que celle déjà ouverte depuis le développement de l’épidémie. »

« Emmanuel Macron peut (doit ?) endosser les habits du bon père de la nation, s’exclame Le Midi Libre, protecteur de 67 millions de personnes. Il sait faire. Il maîtrise cette parole publique. »

Les Etats-Unis n’y échapperont pas…

Aux Etats-Unis à présent, Donald Trump a décidé il y a quelques heures d’interdire aux Européens l’entrée sur le sol américain. Les quotidiens français n’ont pas pu répercuter l’information. Mais la situation sanitaire aux Etats-Unis avait retenu l’attention de Libération. Libération pour qui l’Amérique n’y échappera pas : « des hôpitaux sous-équipés, des congés maladie peu pris en charge dans le privé et seulement moins de 2.000 Américains dépistés… Le pays se dirige vers une catastrophe sanitaire, estime Libé, mais le président des Etats-Unis minore l’impact du Covid-19 pour préserver l’économie. »

En effet, précise Libération, Donald Trump « a plusieurs fois minimisé la dangerosité du coronavirus, déclarant dans un premier temps qu’il allait disparaître en avril grâce à des températures plus clémentes. Lors d’une interview à Fox News, il a même estimé que les personnes infectées, si elles présentaient des symptômes modérés, n’avaient pas besoin de s’isoler, en contradiction totale avec les consignes officielles de mise en quarantaine volontaire. Trump a aussi émis des doutes sur les statistiques de l’OMS concernant le taux de mortalité du virus, relève encore Libération. Et promis un vaccin 'd’ici trois-quatre mois', quand les experts de sa propre administration parlent d’un an à un an et demi. (…) 'La gestion de la crise par l’administration Trump a été quelque peu chaotique', avance Sarah Rozenblum, chercheuse française en santé publique et sciences politiques à l’université du Michigan, toujours dans Libération. Les cafouillages des tests de dépistage ont constitué la 'première faille' dans la réponse des autorités américaines, estime la chercheuse. En parallèle, poursuit-elle, 'la communication de l’administration et sa gouvernance de la crise sont assez peu lisibles, avec Trump qui contredit ouvertement les autorités sanitaires, les accuse d’alarmisme et nie l’ampleur de l’épidémie, ce qui est un peu sidérant'. Contrairement aux consignes du CDC, Trump s’est par exemple refusé à déconseiller aux Américains de voyager dans des navires de croisière, véritables foyers de contamination, dans le but affiché de protéger le secteur. »

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