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Revue de presse française

À la Une: début de polémique sur la pénurie de masques de protection contre le coronavirus

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A l'entrée de l'hôpital de Vannes, en Bretagne, le 10 mars 2020 (illustration).
A l'entrée de l'hôpital de Vannes, en Bretagne, le 10 mars 2020 (illustration). REUTERS/Stephane Mahe

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Début de polémique par journaux interposés en France.

« Masques de protection : question sur une pénurie » … C’est « la manchette » du Figaro. Se gardant, bien sûr, de « tout esprit polémique », ce journal consacre pas moins de deux doubles pages plus une à ce sujet qu’il qualifie pourtant de « serpent de mer » !

Cinq pleines pages, donc, sans omettre – ça va de soi - son éditorial de Une, dans lequel Le Figaro trouve « regrettable » que les personnels soignants, ces « soldats » du front de la guerre évoquée à six reprises par Emmanuel Macron lors de sa dernière intervention solennelle devant les Français, ne soient pas tous dotés de masques, « faute d’un stock suffisant ».

Or, « depuis 2011 », la France a « ralenti » la production de masques, avant d’envoyer, mi-février, « 17 tonnes de fret médical à la Chine. Des combinaisons, masques, gants et produits désinfectants », énumère Le Figaro. Lequel quotidien s’interroge : « cette affaire ne trahit-elle pas une gestion forcée de la pénurie ? (Car) pris de court, les pouvoirs publics minimisent l’intérêt du masque pour tous afin d’être sûrs de pouvoir équiper les utilisateurs prioritaires. On ne peut l’exclure » … Loin de tout esprit polémique, bien sûr…

Beaucoup plus explicite (ou beaucoup moins cauteleux, pour ne pas dire moins hypocrite, c’est selon), le journal l’Opinion dénonce ce qu’il appelle « un incroyable état d’impréparation » pour qualifier le manque de masques de protection contre les virus en France. Ce quotidien affirme même que « personne au sein de l’Etat n’a d’idée précise sur le volume, la localisation et la date de péremption (du) stock » de masques. « Comment en est-on arrivé là, interroge l’Opinion ? Com­ment le ministre de la Santé Olivier Véran peut-il affirmer, le 3 mars, qu’il n’y a pas de « stock d’Etat de masques FFP2 », alors que l’Etat en détenait quelque 600 millions en 2012 ? Comme aurait pu dire La Fontaine, virus et polémique dans les rédactions de France sont « enfants, tous, d’un lignage » » …

Autre polémique en perspective, ces Français récalcitrants aux consignes de confinement qui ont été placés… en garde à vue :

Depuis le début de la crise du coronavirus, c’est - en France - une première que signale le journal Le Parisien : pour mise en danger présumée de la vie d’autrui, « quatre personnes ont été placées en garde à vue (hier) pour ce motif en Seine-Saint-Denis », près de Paris, et une autre personne a « subi le même traitement à Béthune », dans le nord de la France (étant précisé que cette infraction est passible d'un an de prison et 15 000 euros d'amende).

Cette incrimination pénale, pour quelles raisons ? Parce que « toute personne transgressant les règles de circulation est considérée comme potentiellement porteuse du Covid-19 − et donc représentant un danger − puisqu'on ne dépiste plus que les cas graves », explique avec perplexité Le Parisien.

Pas de polémique en revanche au sujet des personnels soignants. Eux, ce sont les héros de la crise, et ils sont à l’honneur ce matin dans la presse française

À la Une du journal Libération, ils ont même droit à un grand « merci » que leur lance ce quotidien, car dans cette guerre contre le virus, ils forment ce que Libé appelle les « combattants du soin pendant la bataille de France ». Et les applaudissements qu’on entend aux balcons des immeubles du pays, en passe de devenir rituels, sont le signe d’une profonde « gratitude », apprécie ce quotidien. Alors, quand la crise sera passée, il faudra d’abord « renforcer et mieux rémunérer ces sauveurs, dont tout un pays observe, dans l’angoisse, la lutte héroïque », préconise Libé.

En Afrique, le coronavirus gagne aussi du terrain, et l’angoisse aussi se propage

Selon le comptage du Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies relevé par le journal Libération, « pour l’instant, en Afrique subsaharienne, le nombre total de cas détectés est de 319 ». Ce chiffre, toutefois, le Dr Abdoulaye Bousso, qui s’exprime dans Libé, le prend « avec circonspection ».

Directeur du centre des opérations sanitaires d’urgence à l’hôpital Fann de Dakar, ce médecin sénégalais, désabusé, remarque avec logique dans les colonnes de ce journal français qu’« aujourd’hui, si on ne cherche pas le coronavirus, on ne le trouve pas. Ça ne m’étonnerait pas que dans d’autres pays en Afrique certains cas passent inaperçus. Je pense qu’il y en a plus qu’on ne le croit », avertit le Dr Bousso dans Libé.

Deux mots enfin des 750 milliards d’euros qui ont été injectés par la Banque centrale européenne pour faire face aux ravages économiques de la crise du coronavirus. La presse économique française est dubitative

Pour le journal Les Echos, en agissant comme elle vient de le faire, la Banque centrale européenne est prête à « financer les déficits », et bien sûr, le lecteur averti discernera les réserves ainsi formulées par le quotidien économique français au regard de cette décision de la BCE.

750 milliards d’euros ? C’est « exactement trois semaines » de production de la zone euro, ont calculé les pages dites   saumon » du Figaro (c’est-à-dire ses pages économiques). « Or la période de confinement risque de durer plus de trois semaines », remarque ce quotidien. Lequel journal avertit : « il en va (…) de l’existence même de l’euro » !

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