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Revue de presse française

À la Une: l’angoisse et le mécontentement en hausse des Français, claquemurés

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Comment l’actuelle crise associée à la pandémie du Covid-19 se traduit-elle en termes psychiques ?
Comment l’actuelle crise associée à la pandémie du Covid-19 se traduit-elle en termes psychiques ? pixabay

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Dans la presse hebdomadaire et magazine.

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, 84% des Français se disent inquiets au sujet de l'épidémie de coronavirus. C’est dix points de plus que la semaine dernière. Et parmi eux, 35% se disent « tout à fait inquiets ».

Alors oui - et Le JDD le pointe - « l’angoisse a bondi de 40 points depuis fin janvier ». Quarante points de plus en sept semaines, la crise du coronavirus tourne à la crise de nerfs...

Plus préoccupant encore pour le pouvoir exécutif, près de deux Français sur trois (64%) estiment que le gouvernement a « caché certaines informations ».

Pour ne rien arranger, 39% seulement des sondés trouvent qu'il « donne tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour lutter contre ce virus ». Et là, c’est 15 points de moins que lors du précédent sondage publié à ce sujet par Le JDD.

Laquelle enquête indique toutefois ce dimanche que 55% des Français font confiance au gouvernement pour « faire face efficacement au coronavirus », et 57% pour « aider les entreprises en difficulté ».

Dans ce même Journal du Dimanche, Emmanuel Macron le répète : « C’est une guerre. Elle va durer (…) On ne sait pas tout de demain. Nous devons rester unis », enjoint le chef de l’Etat dans Le JDD.

Unis, oui, mais confinés comme rarement. Plusieurs villes de France ont imposé le couvre-feu, comme Perpignan, Béziers ou encore Nice, dans le sud de la France. Et ce matin, dans le journal Le Parisien Dimanche, la maire de Paris Anne Hidalgo préconise d’aller vers un confinement « beaucoup plus sévère » à Paris. Fluctuat nec mergitur…

Dans la crise du coronavirus, aucune hésitation, s’enfermer pour s’en sortir ! :

C’est, à l’envers, la formule de l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné cette semaine. Avec distance et humour, l’irrévérencieux palmipède de la presse française, en effet, le clame : « Pour s’en sortir, il faut s’enfermer » !

Il faut dire que Le Canard Enchaîné en a vu d’autres. Il y a plus d’un siècle, en 1918, alors que sévissait la grippe espagnole, Le Canard avait dû emprunter des voies détournées pour critiquer le gouvernement qui n’avait alors pris aucune disposition. De désinfection ou de confinement.

Critiquer le gouvernement, la presse est bien dans son rôle en portant la plume dans la plaie, mais ça n’est peut-être pas encore le moment :

C’est ce que souligne L’Express, quand cet hebdomadaire prévient que « la recherche des responsabilités viendra plus tard, mais les plus hautes autorités de l’Etat savent déjà qu’un jour ou l’autre elles devront assumer leurs choix ».

Par cette remarque, L’Express entend faire allusion aux atermoiements de l’exécutif avant que ne soient prises les mesures de confinement, que ce journal approuve sans réserve. « Pour enrayer cette machine infernale, pour que l’épidémie arrête sa course folle, il n’y a plus qu’une chose à faire : bloquer le virus, l’empêcher de continuer à se transmettre. Restons chez nous », enjoint donc ce magazine.

Mais alors, pourquoi nombreux, trop nombreux ont été les Français qui ont eu du mal à comprendre cet impératif sanitaire ? Pourquoi le gouvernement a-t-il été contraint de d’aggraver les sanctions contre les récalcitrants ? Parce que « l’esprit humain a du mal à appréhender ce que signifie une croissance exponentielle, explique L’Express. Pendant longtemps, il ne se passe rien de significatif. Le danger paraît éloigné, presque irréel. Et puis, tout d’un coup, la courbe décolle à une vitesse et avec une ampleur affolantes. La vague est là, et elle submerge tout. C’est exactement le tournant vécu par la France depuis la semaine dernière », résume cet hebdomadaire.

Comme le formule encore L’Express, « nous ne sommes désormais plus que cela : nous sommes une courbe (…) Plus encore que « faire nation », comme (a dit Emmanuel Macron), nous devons désormais faire courbe, et de préférence en pente douce » !

En effet,  tout peut aller très vite : il y a un mois à peine, le premier mort du coronavirus en Europe était signalé en Italie… où le bilan - provisoire – des morts a déjà dépassé celui de la Chine ! :

En Italie, « dans les hôpitaux, dans les églises, les cadavres s’empilent car il n’y a plus assez de cercueils, rapporte L’Obs. Une église de Bergame a été transformée en chambre mortuaire, avec quarante corps en attente d’être incinérés. Dans le village de Zogno (8000 habitants), face à l’afflux de personnes décédées, le curé Don Giorgio sonnait les cloches sans discontinuer, ce qui a fini par angoisser les habitants. Il a décidé de ne les sonner qu’une fois par jour, quel que soit le nombre de victimes, relate encore cet hebdomadaire. Les funérailles se déroulent sans oraison funèbre ni messe. Il faut faire vite et éviter la contagion », explique L’Obs. Comme on sonne le glas…

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