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Revue de presse française

À la Une : « dévoué et corps et âme »

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Le docteur Jean-Jacques Razafindranazy. Ce médecin urgentiste est mort samedi, frappé par le Covid-19, à l’âge de 67 ans (image d'illustration).
Le docteur Jean-Jacques Razafindranazy. Ce médecin urgentiste est mort samedi, frappé par le Covid-19, à l’âge de 67 ans (image d'illustration). SEBASTIEN BOZON / AFP

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« Dévoué corps et âme », c'est ainsi que Le Courrier Picard qualifie le docteur Jean-Jacques Razafindranazy. Ce médecin urgentiste est mort samedi, frappé par le Covid-19, à l’âge de 67 ans. Il a été soigné quelques jours au sein du centre hospitalier de Compiègne, où il exerçait, avant d’être transféré à Lille. C'est le premier membre du corps hospitalier à succomber au coronavirus.

« Jean-Jacques Razafindranazy est mort pour vous, s'exclame Le Courrier Picard. 'La garde de trop', disent les proches de l’urgentiste picard. Au centre hospitalier de Compiègne, ses amis, ses copains, ses collègues, n’ont même pas le temps de se réconforter, de verser ensemble les larmes de la compassion. Ils sont au front. Ils y restent. (…) Ils vont tous continuer à soigner. À être en première ligne. »

En première ligne

« Il est des hommes qui meurent, le corps médical, lui, se donne, soupirent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Poitrail en avant. Martyr d’une nation depuis longtemps préservée de la guerre et qui avait fini par oublier l’extraordinaire esprit de sacrifice de ces hommes et de ces femmes qui luttent contre la maladie comme on lutte contre un incendie. Sans jamais de répit ni de repos. À en oublier leur propre existence. Médecins, infirmières, ambulanciers, aides-soignants, pompiers tous pareillement en première ligne. »

« Du plus jeune au plus expérimenté, ils sont à l’hôpital et à la ville ; ces sentinelles de l’action méritent notre gratitude, renchérit L'Union. Eux sont d’abord capables du meilleur avant d’imaginer le pire. L’humanisme est leur morale. Ils méritent tous d’être soutenus. Pensons à eux. Discernons leur exemplarité et interrogeons-nous sur la nôtre. Ils sont une flamme d’espérance dressée devant un horizon de ténèbres. »

Heures grises

Et malheureusement, le drame ne fait que commencer... « Finie l’insouciance ou l’inconscience des premiers jours, s'exclame Le Figaro, l’inquiétude est là et, avec elle, est venu le besoin instinctif et bien naturel de se tourner vers ceux qui savent, ceux qui peuvent agir, sauver. On se souvient du mouvement analogue de sympathie envers les forces de l’ordre, après les attentats meurtriers de 2015. Ce soutien aux soignants est plus que jamais nécessaire, poursuit le journal, alors que les autorités politiques et sanitaires annoncent une +vague+ : l’affluence de malades que connaît l’est de la France depuis plusieurs jours va vite s’étendre à l’Île-de-France, et l’on craint déjà l’engorgement, aggravé par le manque de masques, de lits, de matériel respiratoire. Les choix dramatiques à effectuer entre les patients… »

Et Le Figaro de conclure : « nul ne se risquera publiquement à des mots churchilliens enjoignant au courage et au sacrifice, mais chacun pourra les murmurer pour soi. Dans les semaines à venir, prévient le journal, il y aura des heures grises, des heures d’angoisse et des heures de chagrin. »

Doutes...

D'autant que des doutes commencent à apparaître, pointe Libération. « En surface, l’union nationale prévaut toujours. Applaudissements quotidiens pour les équipes soignantes, communications du professeur Salomon, précises et fournies, oppositions en sourdine, critiques retenues. Si le gouvernement annonce un resserrement du dispositif, qui paraît s’imposer, il recueillera l’approbation générale. Mais en profondeur, insidieux, le doute progresse, constate donc Libération. Il y a eu l’affaire des masques, toujours aussi rares, qui manquent cruellement aux soignants, en premier lieu, mais aussi aux policiers, aux pompiers, et aux salariés contraints au contact quotidien avec le public, à l’exemple des caissiers et caissières de supermarchés. Il y a toujours cette pénurie, bientôt tragique, de matériel spécialisé pour la réanimation. On commence aussi à voir poindre des mises en cause plus générales, relève encore Libération. Il semble que les pays ou les villes où l’on a testé massivement la population s’en sortent mieux que les autres. Dès lors pourquoi avoir assuré que ces tests n’étaient guère utiles ? (…) Il y a enfin, pointe Libération, les essais (sur la chloroquine) du professeur Raoult, personnage original, mais dont la compétence est néanmoins reconnue. Met-on tout en œuvre pour aller plus loin ? Si le remède est pertinent, ceux qui auraient tardé à le généraliser porteraient une lourde responsabilité. A ce stade, ce ne sont que des questions, conclut Libé. Mais elles perturbent une opinion angoissée par l’encombrement croissant des hôpitaux. Les réponses sont urgentes. »

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