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Revue de presse Afrique

À la Une: état d'urgence

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Un agent de santé vérifie la température d'un voyageur dans le cadre de la procédure de dépistage des coronavirus à l'aéroport international de Kotoka à Accra au Ghana, 30 janvier 2020.
Un agent de santé vérifie la température d'un voyageur dans le cadre de la procédure de dépistage des coronavirus à l'aéroport international de Kotoka à Accra au Ghana, 30 janvier 2020. REUTERS/Francis Kokoroko

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Face à la progression de l'épidémie de coronavirus, plusieurs pays du continent ont décrété hier l'état d'urgence sanitaire. Exemple en Côte d'Ivoire, où le président Ouattara a annoncé un renforcement drastique des mesures de lutte contre le virus. À savoir, précise L'Intelligent : « La fermeture de tous les maquis et restaurants à compter d'hier minuit, après celle des bars, des boîtes de nuit, des cinémas et des lieux de spectacle ; l'instauration d'un cou­vre-feu de 21h à 5h du matin, à compter de ce mardi ; la régula­tion des transports inter­urbains et l'interdiction des déplace­ments entre Abidjan et l'intérieur du pays ; ainsi que le confinement pro­gressif des populations par aire géographique, en fonction de l'évolution de la pandémie. »

Mesures similaires au Sénégal : « l'État muscle la riposte », s'exclame Walf Quotidien qui précise : « État d'urgence et couvre-feu annoncés, un fond de rispote et de solidarité de 1 000 milliards de franc CFA, 50 milliards pour l'aide alimentaire d'urgence, et des mesures fiscales générales et spécifiques en soutien aux entreprises. »

Le Mali épargné... jusqu'à quand ?

Le Mali, pour sa part, est toujours épargné... « Redoutable miracle », lance le site d'information Maliweb. Car « aucune des mesures édictées par le gouvernement n’est respectée au pied de la lettre, à défaut d’être tout simplement ignorée, relève le site bamakois. Les gestes barrière ne sont pas observés et encore moins l'interdiction des rassemblements de plus de cinquante personnes. » Le Mali n'est donc pas à l'abri « d’une redoutable surprise, pointe Maliweb : le réveil de cellules dormantes du virus pourrait être fatal, au regard de la faiblesse de nos réponses disponibles. »

Un effondrement des pays émergents ?

En tout cas, relève WakatSéra au Burkina Faso, pays qui compte une centaine de cas, « maintenant, c’est la course contre la montre. Et il est clair qu’en cas d’installation du mal dans la durée, chose très probable, il faudra juste chercher à limiter la casse, surtout pour le citoyen lambda. Si pour les pays dits puissants, les dégâts tant sur le plan social qu’économique seront difficilement supportables, qu’en sera-t-il des pays africains, s'interroge WakatSéra, où nous vivons dans la plupart des cas "au jour le jour" ? »

Justement, on peut s'attendre, estime Le Monde Afrique, à « un effondrement des pays émergents. »

La semaine dernière, rappelle le journal, « l’Organisation mondiale de la santé avait appelé le continent à "se réveiller" et à "se préparer au pire" face à la progression de la pandémie. Mais, comment "se réveiller", s'interroge Le Monde Afrique, alors que les pays pauvres font face, au même moment, à une crise économique qui se traduit par une fuite des capitaux étrangers, une chute des revenus issus du tourisme ou des matières premières, et au surendettement ? »

Il faut « une réponse planétaire coordonnée » !

Dans une tribune publiée par Jeune Afrique, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français de l'Économie et ancien directeur du FMI, dresse un sombre tableau de la situation sur le continent et appelle à construire une réponse planétaire coordonnée qui n’oublie pas l'Afrique, dont les économies sont déjà fragiles. En effet, précise DSK, « l’épidémie frappe le continent africain à un moment où il est particulièrement vulnérable » : sécheresse, cyclones, invasions de criquets, situations budgétaires tendues, chute du prix du pétrole, tourisme en berne, fuite de capitaux...

Résultats, affirme DSK, « la crise sanitaire aura des répercussions terribles sur le plan économique. Dans de nombreux pays du continent, une diminution du PIB par habitant est à attendre, un endettement insoutenable rendra l’exécution des budgets impossible, le paiement des traitements des fonctionnaires sera fortement réduit et les services publics seront durement touchés, aux premiers rangs desquels, l’éducation et la santé. (…) Autant d’éléments qui accroîtront la pression migratoire vers l’Europe. »

C'est pourquoi, estime l'ancien directeur du FMI, il faut procéder à des allègement et même à des annulations de dettes. « La communauté internationale ne peut pas laisser le coronavirus, les égoïsmes nationaux et les guerres commerciales entre les puissants faire dérailler la croissance du continent, conclut DSK. Le risque serait alors que la pauvreté et ses conséquences en termes de malnutrition, de santé et d’instabilité sociale soient à l’origine de plus de sinistres que le virus lui-même. Une crise planétaire requiert une réponse planétaire. »

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