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Revue de presse française

À la Une: Didier Raoult, génial ou fantasque?

Audio 04:23
Le professeur Didier Raoult prône l'usage de la chloroquine pour soigner les patients atteints du Covid-19 mais certains médecins l'accusent de griller les étapes en matière de tests.
Le professeur Didier Raoult prône l'usage de la chloroquine pour soigner les patients atteints du Covid-19 mais certains médecins l'accusent de griller les étapes en matière de tests. AFP/Gérard Julien

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Un physique de prophète, de gaulois ou encore de rocker, au choix...  Longs cheveux blancs et barbe fournie, il est en photo pleine page à la Une de Libération. Avec ce titre, « chloroquine : espoir ou mirage ? »

Le professeur Didier Raoult de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille a testé au début du mois ce médicament antipaludéen sur un groupe de malades avec, apparemment, des résultats probants.

« Ce médecin au physique d’Abraracourcix a transformé son hôpital marseillais en village gaulois, s'exclame Libération, distribuant, non une potion magique, mais un antipaludéen dont il tient qu’il soigne le coronavirus. On a commencé par le prendre de haut. Mais, avec un coupable retard, on s’est résigné à tester en grand le médicament qu’il a administré, semble-t-il avec succès, à une vingtaine de patients. Sage décision qui devrait mettre fin à la polémique, estime Libération. En espérant que le dissident ait raison, ce qui soulagerait des milliers de malades et des millions de confinés… »

« Avec sa barbe et ses longs cheveux gris, Didier Raoult a plus le look d’un rockeur soixante-huitard que d’un professeur de médecine, relève Le Figaro. Et pourtant, cet infectiologue de renom international est sous les projecteurs (...). Créant l’espoir pour de nombreux profanes, Didier Raoult a dans le même temps soulevé les critiques d’une partie de la communauté scientifique, qui met en garde tant sur les limites de sa méthodologie que sur les effets secondaires toxiques de la chloroquine. Véritable génie pour les uns, donc, et fantasque pour les autres. »

Aucune piste n'est à négliger

Alors, a-t-il raison ? A-t-il tort ? On attend le résultat d'enquêtes complémentaires. « Les instances médicales françaises demandent d’autres validations scientifiques que l’étude marseillaise jugée trop étroite pour être absolument probante, pointe Sud-Ouest. Et le Haut Conseil pour la santé préconise de restreindre aux cas graves le recours à des soins à base d’hydroxy-chloroquine. »

Toutefois, poursuit Sud-Ouest, « dans la guerre déclarée contre le virus, le lancement d’études complémentaires montre que la France et l’Europe ne veulent négliger aucune piste, qu’il s’agisse de chloroquine ou d’antiviraux connus. Et d’autres actions sont à mener, pointe le journal : elles consistent à appliquer ici les recettes qui, ailleurs, font reculer la maladie. C’est notamment le cas des tests à grande échelle qui permettent d’isoler en amont un maximum de porteurs du virus, et d’en freiner la propagation. La Corée du Sud a brillamment mené cette politique et, en Allemagne, elle semble porter des fruits en limitant –pour l’instant– le nombre de décès. »

L'exemple asiatique

En effet, relève La Croix, l'espoir est permis... « La vie reprend en Chine et en Corée du Sud » peu à peu. « Touchée par l’épidémie du coronavirus depuis décembre dernier, la Chine n’a enregistré hier lundi aucun nouveau cas de contamination d’origine locale au coronavirus, note La Croix. Globalement l’optimisme revient. "Nous n’avons pas de nouveaux cas ici depuis vingt jours", assure ce docteur en médecine traditionnelle interrogé par le journal. "On commence à reprendre une vie normale au point que certaines personnes sortent dehors sans porter de masque, ce qui donne confiance". Le gouvernement l’a autorisé seulement pour les sorties en plein air, précise La Croix. Les journaux télévisés diffusent quotidiennement des images de Chinois heureux de respirer à nouveau, libérés de la menace du virus. »

Pour ce qui est de la Corée du Sud, note encore La Croix, « le pays a (donc) réussi à maîtriser la propagation du covid-19 grâce à des dépistages massifs (338 000 au total, ce qui permet d’identifier tôt les porteurs du virus et de les isoler), un port du masque généralisé, et des efforts monumentaux de traçage de chaque personne infectée, notamment par le bornage des smartphones. »

Humilité !

En tout cas, note Le Monde, « dans le combat mondial contre la pandémie, aucun gouvernement n’a encore la formule magique. (…) Un devoir d’humilité s’impose donc avant de juger de la supériorité d’une tactique sur l’autre, ou de débattre a posteriori du bien-fondé de telle ou telle décision. Dans les situations de crise, les dirigeants politiques doivent trancher entre des avis parfois contradictoires, prendre des décisions rapides sans disposer nécessairement de toutes les informations, ni de tous les moyens dont ils auraient besoin. (…) Ce n’est qu’avec le recul que l’on pourra analyser ce qui a fonctionné et ce qui a dysfonctionné dans ce combat mondial. En attendant, les opinions publiques, de plus en plus inquiètes, ont besoin de confiance. »

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