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Revue de presse française

À la Une: les nouveaux «premiers de cordée»

Audio 04:14
Le personnel hospitalier de Compiègne applaudit pour rendre hommage à un confrère médecin décédé du coronavirus, le docteur Jean-Jacques Razafindranazy.
Le personnel hospitalier de Compiègne applaudit pour rendre hommage à un confrère médecin décédé du coronavirus, le docteur Jean-Jacques Razafindranazy. AFP/Richard Dugovic

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« On a changé de "premiers de cordée", constate Libération. Naguère Emmanuel Macron avait désigné par cette locution alpine les chefs d’entreprise, les animateurs de start-up, les innovateurs de la high-tech. Chaque soir à 20 heures, désormais, les Français applaudissent d’autres premiers de cordée, pointe le journal : les soignants qui luttent en première ligne contre le coronavirus au péril de leur vie. Les Français pourraient aussi applaudir d’autres combattants, peut-être moins visibles, moins prestigieux mais tout aussi décisifs dans la crise, relève Libération : ces innombrables salariés, caissiers ou caissières, manutentionnaires, éboueurs, chauffeurs de poids lourds, personnels des réseaux de communication ou d’énergie qui continuent à se rendre à leur travail malgré les risques, parce qu’ils savent que sans eux la vie quotidienne, déjà éprouvante, deviendrait impossible. »

Alors, « réflexion simple », s'exclame Libération : « est-on sûr que la hiérarchie du prestige et des revenus dans nos sociétés corresponde à l’utilité sociale de ceux qui en sont les bénéficiaires ? Quand on rémunère un trader dix fois plus qu’une infirmière ou un chercheur en épidémiologie, garde-t-on le sens des valeurs humaines ? »

« Merci les soignants ! », renchérit Le Parisien en première page. « En France, deux millions de blouses blanches sont au front pour lutter contre le coronavirus, pointe le journal. L’épidémie a déjà touché 22 300 personnes dans l’Hexagone, en a tué 1 100 (dont 240 en vingt-quatre heures) dans les hôpitaux, sans compter les morts des maisons de retraite. »

« Réanimation ne signifie pas mort ! »

Le Parisien nous propose plusieurs portraits de ces soigneurs anonymes. Arrêtons-nous sur celui d'Aurélie, 27 ans, infirmière en réanimation à la Pitié-Salpêtrière à Paris. « Aurélie a maquillé ses grands yeux bleus pour masquer ses cernes. D'emblée, elle parle vite, encore gonflée d'adrénaline après douze heures passées au chevet des malades les plus touchés (…). "Les journées sont compliquées, explique-t-elle. Les patients se dégradent très vite. Face aux décès, il est difficile de contenir ses larmes. Mais il y a aussi des sourires car certains s'en sortent. Cela aussi, il faut le retenir. Vous le direz, hein, demande-t-elle, que réanimation ne signifie pas mort ?" »

Astérix et Obélix orphelins...

Coronavirus... le monde entier connait désormais ce mot. Coronavirus, c'est aussi le nom d'un personnage d'Astérix, dont l'un des deux papas, Albert Uderzo est mort hier... Dans l'abum Astérix chez les Transitaliques, paru il y a trois ans, note Sud-Ouest, Astérix  « se frotte dans une infernale course de char à son ennemi du moment, le terrible Coronavirus qui avance masqué, toujours flanqué de son fidèle Bacillus. Et à la fin, c’est Astérix qui gagne – un message d’espoir. »

En ces temps de confinement, « oublions un instant les recommandations bienveillantes, écrit Le Figaro, qui nous incitent à lire - relire, disent les plus diplomates - Proust, Sénèque ou Caton l’Ancien. Rouvrons - cette fois-ci le terme est adéquat - les albums d’Astérix. Tout y est, s'exclame Le Figaro, même un champion de course de char romain détesté, du nom de Coronavirus. Ces bandes dessinées sont le reflet, toujours souriant, de notre caractère, de notre humour, bravache, de nos élans, guerriers. On y trouve - et leur succès historique en apporte la preuve - mille détails de notre façon d’être : cette propension à jouer avec les mots, à nous quereller sans cesse, à nous réconcilier autour d’un plat ; cette arrogance, cette suffisance, cette manière de nous croire uniques ; cette croyance en notre indomptabilité. »

« Ces grands disparus nous aident ! »

« Oui, relisons Astérix ! », renchérit L'Union. « La bande dessinée, qui singe à merveille les caricatures de l'histoire, soigne nos angoisses et nous encourage même à quelques moments d'insolence. C'est ainsi aussi qu'on conservera la plus grande vigilance pour couper toutes les chaînes de transmission du virus, pointe le quotidien champenois. Le besoin de faire des pauses, de mettre brièvement entre parenthèses son sérieux pour décompresser et se reposer est de première utilité pour ne pas risquer d'être assommé. Si cela ne suffit pas, ajoutons-y un peu de la musique de Papy Groove, l’incroyable Manu Dibango qui a rythmé la vie en musique. Ces grands disparus nous aident, conclut L'Union, là où ils sont désormais, pour que nous ne désespérions pas de la vie. »

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