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Revue de presse Afrique

À la Une: un chef de l'opposition enlevé au Mali

Audio 04:14
Soumaïla Cissé, lors de la campagne électorale pour la présidentielle malienne de 2013, a été enlevé dans la région de Niafunké.
Soumaïla Cissé, lors de la campagne électorale pour la présidentielle malienne de 2013, a été enlevé dans la région de Niafunké. RFI/Pierre René-Worms

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Sans précédent au Mali, le rapt de Soumaïla Cissé a eu lieu dans la région de Niafunké, près de Tombouctou, au nord de ce pays sahélien, lors d’une attaque meurtrière, en pleine campagne électorale.

Selon le chargé de la communication de l’Union pour la République et la démocratie (URD), cité par Maliweb, les « ravisseurs » n’ont pas réclamé de « rançons », mais Demba Traoré - c’est son nom - affirme que Soumaïla Cissé et les six autres personnes avec qui il a été enlevé « se portent bien », rapporte Maliweb

Se portent bien  ? Le quotidien Malikilé a comme un doute, car « en même temps », Demba Traoré a déclaré que « l’identité des assaillants n’est pas encore connue ». Ce quotidien malien estime en une que Soumaïla Cissé est aussi « victime de l’entêtement du gouvernement », qui tient malgré tout à organiser les élections législatives du dimanche 29 mars.

Une décision « imposée » aux autorités maliennes, assure Malikélé. Lequel journal trouve qu’en agissant ainsi, lesdites autorités suivent un « agenda sans doute secret », leur décision, « plus cyniquement », trahissant le « mépris pour la vie de millions de Maliens votants et l’ensemble de la population » du Mali.

En effet, sauf changement de dernière minute, les élections législatives de dimanche sont maintenues, alors que le coronavirus se propage aussi au Mali

Et au Burkina Faso voisin, le maintien de ce scrutin ne manque pas de surprendre le journal Wakat Sera. « Pourquoi prendre des mesures aussi fortes contre la maladie qui défie le monde entier et tenir des élections » alors qu’en plus, « on reste sans nouvelle du président de l’Union pour la république et la démocratie », se demande donc ce quotidien ouagalais ?

« Entre coronavirus et disparition du chef de file de l’opposition, (…) tenir ces élections dans les circonstances actuelles c’est simplement accentuer les risques de contagion en masse, prévient Wakat Sera. C’est même suicidaire pour le Mali d’aller voter dimanche, vu la prouesse de mobilité extraordinaire du virus ». Et la décision du président Ibrahim Boubacar Keïta de maintenir les législatives de dimanche est « insensée », s’effare ce journaliste burkinabè, en enjoignant le pouvoir malien à « bloquer la progression du Covid-19 et, considération morale oblige, retrouver sain et sauf, Soumaïla Cissé ». 

À Ouagadougou encore, le journal Le Pays se demande s’il s’agit d’un acte posé par des « bandits au sens classique du terme » ou d’un acte posé par des « terroristes » ? Et cet autre quotidien ouagalais penche pour la deuxième version, car « les terroristes sévissent dans la zone où Soumaïla Cissé a été enlevé. L’autre raison est que les terroristes peuvent être remontés contre le chef de file de l’opposition ; lui qui, à l’occasion du dialogue inclusif national, avait posé des préalables non négociables avant d’entamer la moindre négociation avec les terroristes ».

Quoiqu’il en soit, Le Pays estime aussi que le Covid-19 est une « raison suffisante pour reporter le scrutin ». Ça plus l’enlèvement du chef de file de l’opposition, cela veut bien dire que « l’urgence au Mali aujourd’hui n’est pas la tenue d’élections législatives », maintient Le Pays.

En Afrique du Sud, depuis minuit, heure locale, 56 millions d’habitants sont désormais en confinement. En principe. Mais dans les townships, les risques de tensions sont élevés :

« Pour des millions de personnes, le confinement risque de ne simplement pas être tenable, souligne Libération. Le risque de tensions sociales et de débordements est élevé ». Dans ce quotidien français, un médecin néerlandais vivant en Afrique du Sud, où il occupe d’éminentes fonctions sanitaires, estime que « tous les ingrédients sont rassemblés pour un cocktail désastreux ».

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