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Politique, le choix de la semaine

Coronavirus: la guerre de Macron

Audio 02:21
Le président français Emmanuel Macron s'est adressé à la nation, le 16 mars 2020, pour annoncer de nouvelles mesures afin de limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus
Le président français Emmanuel Macron s'est adressé à la nation, le 16 mars 2020, pour annoncer de nouvelles mesures afin de limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus AFP/Ludovic Marin

Depuis le 17 mars, la France est confinée. Face à l’épidémie de coronavirus, Emmanuel Macron a demandé aux Français de rester chez eux… Mais, le chef de l’État veut, lui, absolument aller sur le front de ce qu’il a appelé une « guerre ».

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De l’hôpital de Bobigny à celui de Mulhouse, depuis que le coronavirus se propage en France, Emmanuel Macron essaie d’incarner le combat contre l’épidémie en multipliant les déplacements pour montrer aux Français qu’il est sur le front dans cette « guerre ». Un conseiller du chef de l’Etat explique qu’Emmanuel Macron n’est pas un « président dans l’évitement », qu’il veut « être au contact permanent ».

Et être au contact permanent, c’est aussi parler aux Français. Emmanuel Macron ne s’est jamais autant exprimé de manière solennelle à la télévision. Ces allocutions lui servent à essayer de mobiliser les Français pour qu’ils fassent « bloc » derrière lui. Emmanuel Macron cherche l’unité nationale.

Est-ce que cette stratégie fonctionne ?

La volonté du président de la République de se présenter en chef de guerre n’est pas critiquée en soi. « Il est dans son rôle », reconnait un député de l’opposition de gauche. Mais la gestion de l’urgence sanitaire commence, elle, à être critiquée. Un député de la majorité regrette que les « messages du gouvernement ne soient pas assez clairs » sur le confinement ou la pénurie de masques. Il explique : « Ils ont voulu nous habituer au manque de masques », plutôt que de dire : « On n’a pas assez de masques ». Tout en reconnaissant que « c’est facile de critiquer de son salon ».

Pour éviter les critiques justement, Emmanuel Macron s’appuie sur les recommandations des scientifiques

Il consulte des médecins, des experts… Cette méthode a deux objectifs. D’abord, montrer que les décisions ont un fondement scientifique et non uniquement politique et qu’elles sont motivées par l’intérêt général. Ensuite, cela permet aussi au président de montrer qu’il décide de manière collégiale, lui qui a souvent été accusé d’exercer un pouvoir solitaire et vertical. Pour autant, Emmanuel Macron ne veut pas laisser penser que c’est la science qui gouverne. «  Les experts proposent et lui dispose », explique l’un de ses conseillers.

Et dans l’opposition, on ne s’y trompe pas. La gestion de cette crise, Emmanuel Macron devra en assumer la responsabilité « le moment venu ». Comme il devra tenir ses engagements pour l’après-coronavirus. Par exemple, celui de prendre des « décisions de rupture » dans les mois qui suivront la fin de l’épidémie, annoncé dès sa première allocution. Comme si le président avait senti que cette crise pouvait marquer la bascule du quinquennat, le vrai début de l’acte II, à partir duquel « rien ne sera plus comme avant »… Un socialiste anticipe la tactique politique du président et tranche : « Je ne crois pas qu’Emmanuel Macron puisse être l’alternative à Emmanuel Macron ».

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