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Revue de presse Afrique

À la Une: l'Afrique sur la corde raide

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Un chercheur malien chargé de tester des échantillons pour savoir s'ils sont positifs au coronavirus à Bamako, le 19 mars 2020.
Un chercheur malien chargé de tester des échantillons pour savoir s'ils sont positifs au coronavirus à Bamako, le 19 mars 2020. AFP Photos/Michele Cattani

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L'épidémie de coronavirus n'en est qu'à ses débuts sur le continent. Et attention, prévient le docteur Ousmane Faye, de l’Institut Pasteur de Dakar, interrogé par Le Monde Afrique, « personne n’est à l’abri. Compte tenu des ressources limitées du continent, la gestion peut être compliquée et les hôpitaux rapidement débordés. C’est pour cela qu’il faut miser sur la prévention, l’information des populations, affirme-t-il. Il faut demander aux pays africains de mieux se préparer. En respectant les consignes de limitation des déplacements, des regroupements et en sophistiquant le dispositif de surveillance pour prendre en charge au plus vite les premiers cas et les extraire de leur communauté, la propagation du virus serait endiguée. Sans cela, prévient encore le docteur Ousmane Faye, le virus risque de faire très mal en Afrique. (…) Il ne faut pas se reposer sur cette idée que nous sommes préservés par la jeunesse de notre population. Il faut éviter ce type de facilité et se préparer au pire en prenant toutes les mesures nécessaires. »

L'Afrique du Sud et Le Nigeria très exposés

Alors, constate Aujourd'hui à Ouagadougou, « l’Afrique se démène comme un beau diable pour contrer l’avancée du coronavirus. A l’image des 2 géants du continent : l’Afrique du Sud d’abord, pointe Aujourd'hui, où pour confiner les 60 millions d'habitants de la nation Arc-en-ciel, le président Cyril Ramaphosa n’a pas hésité à sortir l’armée et la police. 2.800 militaires qui peinent à faire respecter cette gigantesque mesure-barrière, surtout dans les townships où les populations vivent au jour le jour, si  fait qu’elles renâclent à rester coi. Le Nigéria ensuite, poursuit Aujourd'hui, verra ses deux grandes agglomérations, Abuja et Lagos, confinées totalement à partir de ce mardi et ce jusqu’au 14 avril. Hier, c’était deux villes en ébullition qui s’apprêtaient à vivre cette première épreuve inédite qui sera un véritable défi pour les autorités et les populations. » 

Et le quotidien burkinabé de s'interroger : « comment faire respecter ces consignes dans ces villes qui ne dorment pratiquement pas ? De quoi vont vivre ou survivre ces nigérians dont la majorité patauge dans l’extrême pauvreté ? Les deux mois d’allocation aux indigents promis par l’Etat seront-ils suffisants pour affronter cette épreuve ? »

De même que les grandes villes

Partout sur le continent, les habitants des grandes villes retiennent leur souffle... Exemple à Bouaké en Côte d'Ivoire, 850.000 habitants, pour l'instant épargnée par l'épidémie. « La ville fait grise mine, constate le quotidien L'Intelligent, après la fermeture provisoire des écoles, des universités, des mosquées, des églises ainsi que tous les lieux de rassemblement. (…) 'Nous sommes très inquiets, si un cas est détecté dans la ville, avec la promis­cuité et le confinement im­possible, ça serait une ca­tastrophe' », redoute ce mé­decin interrogé par le journal.

Inquiétude également à Bamako au Mali... L'Indépendant s'alarme : « les mesures barrières recommandées par le gouvernement ne sont pas respectées par les populations. Les marchés sont bondés, sans protection. Les jeunes sont toujours assis côte à côte dans les 'grins' autour du thé. Des boutiquiers vendent leurs produits sans aucune mesure d'hygiène... Bref, conclut L'Indépendant, le Malien est très exposé. »

Comment faire face ?

Alors, « on s'arrête et on réfléchit », s'exclame en première page 24 Heures à Dakar. 24 Heures qui pose toute une série de questions... « D'abord, la prise en charge de la sécurité sanitaire des soi­gnants et spécialistes. Ils sont médecins, infirmiers, aides-soignants, brancardiers, manipulateurs radio ou scanner, agents d’entretien, tous en contact avec les malades. Ont-ils assez de masques, de surchemises ou de lunettes ? » Par ailleurs, « avons-nous véritable­ment les moyens de gérer cette situa­tion de 'confinement total  ? Quand on n’arrive pas à prendre correctement en charge l’aspect nutritionnel des malades hospitalisés qui se chiffrent à plus d’une centaine, alors que pourrons-nous faire pour des millions de personnes, pour la plupart des jeunes ? (…) Une chose est sûre, relève 24 Heures, les conséquences de ce Covid-19 vont venir en cascade et vont rendre les arbitrages au niveau national beaucoup plus complexes. Alors, réfléchissons messieurs les gou­vernants, car plus le décalage entre les ressources financières et les besoins sera grand, plus on aura tendance à basculer dans l’ingérable. » 

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