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Aujourd'hui l'économie

La course aux respirateurs artificiels, une mission impossible ?

Audio 04:46
Un infirmier pousse un respirateur artificiel à l'hôpital Saint-Jean à Bruxelles en Belgique, le 20 mars 2020.
Un infirmier pousse un respirateur artificiel à l'hôpital Saint-Jean à Bruxelles en Belgique, le 20 mars 2020. REUTERS / Yves Herman

Après la course aux masques, c’est maintenant la course aux respirateurs qui hantent les gouvernements de la planète entière. Pour pallier cette pénurie toutes les bonnes volontés sont mises à contribution, avec un effort particulier de l’industrie automobile.

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Car le recours à cet équipement est une question de vie ou de mort quand survient une détresse respiratoire chez un malade du Covid-19. L’assistance artificielle procurée pendant plusieurs semaines par cet appareil est aujourd’hui sa seule chance de guérison. Avec la propagation ultra rapide du virus, la plupart des hôpitaux manquent déjà de respirateurs. Pour éviter au médecin de gérer la pénurie en effectuant un tri parmi les patients, la France veut tripler son parc de respirateur. Dans le grand Est de la France, l'un des épicentres du coronavirus, les hôpitaux n'ont toujours pas reçu les précieux appareils promis. Dans le monde entier les besoins se chiffrent par centaines de milliers. La bonne nouvelle pour les pays européens, c’est que c’est encore un équipement fabriqué en grande quantité à proximité de chez eux.

Mais la demande dépasse largement les capacités industrielles existantes.

Même en faisant tourner les ateliers 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Air Liquide est le seul fournisseur français. Les producteurs européens de premier plan sont allemands, suédois et Suisse. L’Allemand Drägerwerk, l’un des leaders mondiaux, a maintenant quadruplé sa production et recruté 500 personnes pour faire face à l’afflux de commande ; il pourra livrer 10 000 respirateurs à son pays plus 10 000 commandés par des gouvernements étrangers. Mais son directeur reconnait qu’il ne pourra pas honorer les autres demandes. La demande est exponentielle. Surtout aux États-Unis. Il y a une filière industrielle américaine mais là aussi sous-dimensionnée pour satisfaire la demande immédiate. La seule ville de New York souhaite acheter 30 000 respirateurs. Il en faudrait 80 000 de suite sur l’ensemble du territoire américain.

Pour pallier cette insuffisance les industriels de tous poils rivalisent d’ingéniosité

En Italie une entreprise spécialisée dans la 3D fabrique des valves adaptées à des masques de plongée offerts par Decathlon qui sont ainsi transformés en respirateur de fortune. Le Britannique Dyson célèbre pour son aspirateur a mis au point son propre respirateur en dix jours, il pense en produire 15 000. Au Royaume Uni l’aéronautique et l’automobile relèvent également le défi, au moins 10 000 autres appareils pourraient sortir de leurs ateliers. C’est aux États-Unis que la conversion du secteur automobile est la plus avancée. Tesla, Ford, et Général Motors se sont associés à des fabricants de matériel médical américain pour produire à grande échelle.

Les fabricants conventionnels sont sceptiques sur l'efficacité de cette mobilisation générale

D’abord parce qu’ils craignent la pénurie de produits intermédiaires pour leurs propres ateliers. Même avec la meilleure volonté du monde, il faut du temps surtout pour bâtir une filière. Quand General Motors recevra ses intrants ce sera fin avril, le pic du coronavirus sera déjà franchi à New York. Après avoir nié le problème, et donc perdu beaucoup de temps Donald Trump a sorti le « Defense production act » vendredi dernier pour contraindre les entreprises à s’engager dans cette bataille. Maintenant l’administration américaine tergiverse avec General Motors pour une question d'argent. Elle soupçonne le constructeur de vouloir faire des profits sur cet effort de guerre. L'administration américaine est en fait totalement soumise aux intérêts du privé. Cela fait vingt ans qu'elle cherche à construire un stock de respirateurs pour parer à une pandémie. Les contrats passés pour obtenir des appareils bon marché ont tous avorté, un fournisseur a privilégié la livraison des appareils les plus chers, l'autre s'est fait racheter par un concurrent peu désireux de voir se développer une filière à bas coût.

►En bref

À la surprise générale l'activité chinoise aurait déjà fortement rebondi

L'indice PMI, qui donne une idée sur le carnet de commandes des industriels est repassé dans le vert ce mois-ci. Il était à 35 en février, un plus bas historique, le voici à 52. Au-delà de 50 cela signifie que l'activité est en expansion. Une telle performance est peut-être passagère. Les officiels chinois estiment que leur économie n'est toujours pas stabilisée.

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