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Revue de presse française

À la Une: la peur de manquer

Audio 04:12
Un homme portant un masque achète des pâtes dans un supermarché le 16 mars 2020, à Pfastatt, dans l'est de la France.
Un homme portant un masque achète des pâtes dans un supermarché le 16 mars 2020, à Pfastatt, dans l'est de la France. AFP/Sébastien Bozon

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Question angoissante à la Une du Figaro : « Après les masques, les respirateurs, les tests, allons-nous maintenant manquer de médicaments ? » En effet, les médicament indispensables aux services de réanimation se font rares : hypnotiques, dérivés morphiniques et curare... souvent fabriqués en Asie. La demande mondiale a explosé de 2 000% depuis le début de la pandémie.

Commentaire du Figaro : « La France était censée disposer du système de soins le plus performant du monde. On découvre, avec le coronavirus, son extraordinaire vulnérabilité : tout ce dont elle a urgemment besoin se trouve entre d’autres mains, souvent chinoises. Cette cruelle expérience nourrit de légitimes questions sur "le monde d’après". À commencer, reconnaît Le Figaro, par la nécessité d’en finir non pas avec la mondialisation - elle existe de fait et nul ne pourrait aujourd’hui s’en passer -, mais avec ses excès. »

Le secteur alimentaire tient bon

Autre peur de manquer qui impacte tout le monde : elle concerne la nourriture... En effet, pointe Libération, « on a vu revenir dans les supermarchés, durant les premiers jours du confinement, des scènes d’hystérie dignes des périodes de guerre ou de famine. La peur de manquer est tripale, aussi vieille que l’humanité. »

Toutefois, rassurons-nous, « en France, la chaîne alimentaire, pour l’heure, résiste », relève Libé. En effet, « notre pays fabrique de la nourriture à profusion. Il est même excédentaire en boissons, en produits laitiers et en céréales. La France a de quoi tenir "jusqu’au mois de juillet au moins", certifie le gouvernement. Sauf, sauf si le transport, le maillon faible de la chaîne, commence à rompre, par exemple à cause d’un arrêt brutal des raffineries de pétrole. Mais le risque est encore minime. »

Et Libération d'entonner aussi le refrain de la remise en question de la mondialisation : « D’ores et déjà, comme le prônent les écologistes depuis longtemps, il est peut-être temps de privilégier les circuits courts et les produits de saison, affirme le journal, qui n’ont besoin ni de bateaux ni d’avions pour arriver dans nos assiettes, juste d’hommes et de femmes pour la récolte. Même si l’on en parle moins que des soignants, nombreux sont ceux qui, en seconde ligne, tiennent aujourd’hui le pays à bout de bras, en récoltant, en approvisionnant ou en vendant des produits alimentaires. Ces petites mains de l’ombre occupent un autre front, elles méritent d’autant plus d’être mises en lumière, s'exclame Libération, qu’elles satisfont un besoin, mais aussi un plaisir. »

Les pompes funèbres débordées

Autre risque de manque, encore plus glaçant celui-là, le manque de structures pour s'occuper des défunts... En effet, les pompes funèbres sont débordées, pointe Le Parisien. À Paris, « 27 crémations par jour au cimetière du Père-Lachaise, bien au-delà du rythme habituel » .

Au crématorium de Mulhouse, l'un des premiers foyers de l'épidémie, « les bancs de cérémonie ont été démontés pour pouvoir stocker les cercueils, entre 70 et 100 ».

Le Parisien a interrogé le patron d'une entreprise de Pompes funèbres, de cette même ville : « Il se surnomme lui-même Monsieur Non. Est-ce que je peux voir mon père décédé ? Non. Assister à sa crémation ? Non. Organiser une cérémonie ? Toujours la même réponse. À 57 ans, ce gérant de pompes funèbres pensait avoir le cuir dur. Mais sa voix chevrote. "C’est très dur à gérer. Je suis très touché", lâche-t-il. Son "premier" mort lié au pernicieux coronavirus, c’était le vendredi 13 mars. Il y a tout de suite vu un mauvais présage, rapporte Le Parisien, qui ne s’est pas démenti. "Depuis, on a multiplié notre activité par trois. Je n’ai jamais rien vécu de tel. Une semaine de folie, c’est pour nous 25 décès maximum, là on est chaque semaine à 45. On travaille non-stop". »

Un déconfinement progressif

Enfin, petite éclaircie : « Alors que le confinement a été prolongé jusqu’au 15 avril minimum, la question du déconfinement est désormais posée. C'est ce que, note Sud-Ouest, lors de son audition, hier soir, par la mission d’informations de l’Assemblée nationale, Édouard Philippe l’a reconnu : le sujet est ouvert. »

Ce déconfinement pourrait se faire progressivement : « Concrètement plusieurs hypothèses sont à l’étude, précise Sud-Ouest. D’abord, un déconfinement "régionalisé", lequel tiendrait compte de l’ampleur de la diffusion du virus sur le territoire et distinguerait donc les régions les plus touchées et les moins frappées par l’épidémie. Ensuite, le déconfinement pourrait aussi retenir "l’âge" comme critère. Ce qui laisse à penser que les plus fragiles, à commencer par les personnes âgées, seraient priés de rester confinés un peu plus longtemps. »

Toutefois, un bémol et de taille, pointe encore Sud-Ouest, si on commence à parler du déconfinement, donc, « rien ne dit que le confinement, seul moyen de freiner la propagation du virus à ce stade, ne sera pas de nouveau prolongé ». Peut-être jusqu'à fin avril ou jusqu'à la mi-mai. Personne n'a encore la réponse...

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