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Revue de presse française

À la Une: Terrorisme, encore

Audio 08:27
La police judiciaire sur les lieux de l'attaque à Romans-sur-Isère, le 4 avril 2020.
La police judiciaire sur les lieux de l'attaque à Romans-sur-Isère, le 4 avril 2020. AFP/Jeff Pachoud

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« Terrorisme » ! En ces temps de crise du coronavirus, on ne s’attendait guère à voir ce mot à « la Une » de la presse dominicale. Et pourtant « le terrorisme s’invite en France en pleine crise sanitaire, s’effare Le Parisien Dimanche. La menace vient brutalement se rappeler aux Français ».

Le Parquet national antiterroriste a annoncé hier soir se saisir de l’enquête pour « assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste criminelle », après qu’Abdallah Ahmed-Osman – c’est le nom du terroriste présumé – ait en effet attaqué sept personnes à l’arme blanche en plein centre-ville de Romans-surIsère, dans le département de la Drôme.

Lors d’une perquisition chez l’agresseur, ont été retrouvés des manuscrits dans lesquels l’auteur se plaint « de vivre dans un pays de mécréants », rapporte Le Parisien Dimanche. Journal selon lequel ce réfugié soudanais de 33 ans « a aussi écrit en arabe : "Il n’y a que de Dieu, que Dieu, et (Mohammed) est son prophète" ». Le Parisien Dimanche ajoute que « l’homme bénéficie d’un statut de réfugié qui lui a été accordé en juin 2017 et d’un titre de résident ».

Citant une source proche de l’enquête, Le Journal du Dimanche confirme que des écrits, « une vingtaine de lignes dans lesquelles il parle effectivement de mécréants », ont bien été retrouvés mais « on ne sait pas quand (ces lignes) ont été rédigées ». Selon Le JDD, les enquêteurs n’ont en revanche, pour l’instant, « pas mis à jour de testament ou de serment d’allégeance à une quelconque organisation ».

En France encore, l’État providence est prêt à ouvrir les vannes du crédit pour éviter un « naufrage » de l'économie lié à la crise du coronavirus :

L’État apportera « les moyens financiers nécessaires aussi longtemps que la crise durera », dit ce matin Bruno Le Maire dans Le Journal du Dimanche. Le ministre des Finances assure préférer « que nous nous endettions aujourd'hui, en évitant un naufrage, plutôt que laisser détruire des pans entiers de notre économie ».

Dressant le bilan provisoire des aides de l’État déjà sollicitées par les entreprises, Bruno Le Maire signale dans Le JDD que, « sur huit jours, 20 milliards d'euros » de prêts garantis par l'État ont été « demandés par plus de 100 000 entreprises ». Par ailleurs, « 5 millions de salariés » bénéficient du chômage partiel, dit encore Bruno Le Maire dans Le Journal du Dimanche.

Et puis cette inquiétude : sous prétexte de circonvenir l’épidémie, les États vont-ils avoir massivement recours aux nouvelles technologies, et notamment aux données de géolocalisation des téléphones portables ?

Selon L’Obs, dans les jours qui viennent, l’opérateur de télécommunications Orange doit « fournir des informations sur l’application du confinement : les Français sortent-ils tous les jours ? Respectent-ils la distance d’un kilomètre autour de leur domicile ? Combien sont-ils à continuer de travailler ? De son côté, SFR se dit également "prêt à partager des données anonymisées et agrégées sur [ses] abonnés", issues de son outil Geostatistics, comparable au (logiciel) Flux Vision d’Orange, signale également L’Obs. En Suisse, l’opérateur Swisscom va plus loin en rapportant aux autorités, selon la même technique, tout rassemblement de plus de 20 personnes sur 100 mètres carrés ». Ce qui conduit L’Obs à poser en Une cette question : « Big Brother peut-il nous sauver ? », en référence au roman 1984, de George Orwell.

Vertigineuse question en temps ordinaire que, pourtant, la crise du coronavirus semble avoir banalisé. Justement, un magazine, cette semaine, explique pourquoi :

C’est Le Figaro Magazine. « Pourquoi les peuples européens renoncent si facilement aux libertés individuelles », lance cet hebdomadaire, en remarquant que « sur les réseaux sociaux, certains soupçonnent nos politiques de profiter de la situation pour étouffer les contestations et prendre des mesures qui n’auraient jamais été acceptées en temps normal ».

Fin connaisseur du Discours de la servitude volontaire, de La Boétie, Le Fig Mag estime que « l’abolition de nos libertés individuelles est le prix de notre déclassement économique et technologique ». Et ce journal en veut pour preuve les exemples des pays « les plus en pointe, énonce-t-il, comme la Corée du Sud ou Israël, (où) le confinement général n’est évité qu’au prix de l’utilisation sans vergogne des systèmes de géolocalisation qui permettent de tracer chacune de nos rencontres. Nous passons ainsi de Charybde en Scylla sans que les esprits se révoltent, avec le soutien actif des médias et des médecins » explique donc Le Figaro Magazine. Lequel hebdomadaire rappelle que, « dans les années 1970, Michel Foucault avait prophétisé le retour d’un pouvoir dictatorial au nom de la santé, par le contrôle des corps et des populations. Il était fondé sur les normes statistiques. Il l’avait appelé le biopouvoir ».

Dans l’hebdomadaire Le Point, l’écrivain israélien Yuval Noah Harari va plus loin. L’auteur des best-sellers Sapiens et Homo deus explique que « nous sommes entrés avec cette crise sanitaire dans un vortex historique. Les lois normales de l’Histoire sont suspendues. Pour quelques semaines, l’impossible est ordinaire. Cela signifie que, d’un côté, nous devons être extrêmement prudents, mais que, de l’autre, nous devons aussi nous autoriser à rêver, dit Yuval Noah Harari au Point. D’ici à la fin de cette année, nous vivrons dans un nouveau monde. Il faut espérer qu’il sera meilleur. »

En Afrique, la crise du coronavirus sape l’équilibre fragile de l’économie informelle, qui permettait jusqu’ici de survivre au jour le jour. Et la colère monte contre les dirigeants et leurs passe-droits quand leurs concitoyens doivent choisir entre mourir du virus ou de faim :

Illustration au Cameroun cette semaine dans la presse hebdomadaire française, avec ce reportage de L’Express à Douala. « Dans un pays où près du tiers de la population vit avec moins de 1 dollar par jour, le confinement est vu comme un privilège. D’autant plus que le coût des masques chirurgicaux a quintuplé dans les pharmacies – quand il en reste. Les prix des denrées flambent sur les marchés, et la défiance grandit vis-à-vis du gouvernement », pointe cet hebdomadaire.

Croisé dans la rue par L’Express, un vendeur de poulets s’indigne : « au mieux, avec ma femme, sa tante et nos cinq enfants, nous avons de quoi tenir une semaine », soupire-t-il, avant d’ajouter qu’il n’a « aucune confiance en Paul Biya (le président) pour compenser ses pertes (de revenu). Les dirigeants ne respectent pas la quarantaine et ils voudraient que nous sacrifiions tout à cause du virus ? », s’indigne-t-il, « approuvé par ses clients ».

Et, en effet, rapporte L’Express, « les épouses du Premier ministre et du ministre de l’Économie, de même que Franck Biya, 47 ans, le fils aîné du président, sont tous revenus de Paris à la mi-mars pour échapper au confinement sur place. Ce sans observer les mesures de distanciation depuis le retour. Autant de comportements individualistes qui ont encore contribué à lasser des Camerounais pourtant habitués aux passe-droits des élites », énonce encore L’Express.

Pendant ce temps, à l’hôpital de Bonabéri, des équipes de soignants s’affairent « sans aucune protection », constate cet hebdomadaire, auquel l’infirmière qui gère les admissions déclare : « D’une certaine façon, la mort de Manu Dibango (…) pourrait être une bénédiction : les Camerounais vont peut-être comprendre que le confinement n’est pas une option ».

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