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Revue de presse française

À la Une: tenir

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Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril.
Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril. REUTERS/Pascal Rossignol

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C'est ainsi que La Croix titre son éditorial : « tenir » face à la tentation des beaux jours, qui, explique le quotidien, « accroît la frustration de rester enfermé chez soi ». Et de plus en plus de Français comment à y succomber à cette tentation, c'est ce que rapporte Le Parisien dans un reportage qui nous mène de Paris à Marseille en passant par Lyon. De plus en plus de Français « commencent à prendre des largesses avec les mesures du gouvernement », « mais c'est trop tentant et on commence à étouffer » se défend un couple lyonnais dehors avec ses deux enfants.

À Marseille, le préfet de police note une augmentation des verbalisations ces derniers jours et s'inquiète : si la région est pour l'instant peu touchée, « la crise va arriver : ce n'est pas le jeu du chat et de la souris, c'est le jeu de la mort et de la vie, cette affaire.  »

Mais « tenir » c'est encore moins facile car « les Français commencent à beaucoup entendre parler de déconfinement », rebondit La Croix, « ce qui leur donne des fourmis dans les jambes ». « Sauf que le moment n'est pas encore venu ».

Dans un article publié ce week-end par Le Monde, le patron de l'Agence de Santé d'Ile de France se dit d'ailleurs « tétanisé par un confinement qui se relâcherait ». « À la moindre vague de plus, on va être en danger », explique Aurélien Rousseau, alors que les hôpitaux de la région parisienne sont déjà au delà de leurs capacités d'accueil.

Et ce ne sont pas seulement les infrastructures qui touchent leurs limites, les soignants également

Pour eux aussi, pour eux surtout, serait-on tentés de dire, avec évidemment les malades, « tenir » est le mot fatidique.

Beaucoup de journaux leur donnent la parole depuis des semaines, mais Libération leur consacre sa Une aujourd'hui : « je pense covid, je mange covid, je dors covid », résume Nawal, interne en réanimation à l'hôpital de Besançon. Une dizaine de ces soignants, médecins, infirmiers, psychiatre, témoignent de leurs sentiments qui s'entremêlent, « colère, peur, révolte » mais aussi « joie » de voir des malades s'en sortir, « solidarité » dans les équipes, entre les hôpitaux.

Beaucoup d'angoisse surtout, de contaminer leurs proches, de devoir faire des choix terribles, comme « de faire du tri, de prendre le respirateur de quelqu'un déjà intubé pour le donner à un patient plus jeune qui vient d'arriver », cauchemarde Stéphane, médecin à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Stéphane dont on apprend dans le dernier paragraphe qu'il est désormais lui aussi atteint. « Empêché de travailler », explique-t-il, car c'est la règle, « au minimum 7 jours d'arrêt ».

« Mais », poursuit-il, « dans le contexte actuel, je ne pense qu’à une seule chose : revenir rapidement et reprendre mes fonctions. Plus que deux ou trois jours. »

Le présent est terrible et l'avenir est incertain

Car si le mot « déconfinement » est dans la bouche de tous les Français, comme le soulignait La Croix, sa mise en place s'annonce compliquée. Premièrement, l'épidémie est loin d'être contenue, mais surtout, quand la courbe va baisser et que les sorties vont être autorisées, le défi va être d'éviter une nouvelle flambée de cas. Le Monde consacre un dossier à la question du traçage numérique pour pister les futurs malades et celles et ceux avec qui ils ont été en contact, afin de limiter la contagion. Des applications sont en cours de développement en Europe, dans la lignée de ce qui a été fait en Corée du Sud ou à Singapour.

Le principe est assez simple : en exploitant les données récoltées par l'application, les autorités peuvent remonter le fil de vos rencontres et de vos contacts, avec à la clé, une mise en quarantaine préventive.

Mais cela pose la question de la protection de la vie privée, voire du secret médical. Le Monde donne la parole à la présidente de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, Marie-Laure Denis, qui explique que le consentement doit être respecté. Si une telle application est développée par le gouvernement, il faudra l'accord de chaque personne pour que celle-ci soit installée sur les téléphones. Marie Laure Denis plaide pour un dispositif absolument temporaire et avertit « il faut se garder de croire qu'une application va tout résoudre ».

À noter que la question du consentement est un vrai challenge pour les autorités : Singapour a déjà déployé sa propre application, mais seul 1 habitant sur 6 l'a téléchargée... or il faudrait que 80% de la population au moins l'utilise pour qu'elle soit efficace.

Cette information qui fait également la Une ce matin, c'est l'hospitalisation du Premier ministre britannique Boris Johnson

Il a été hospitalisé hier soir en raison de symptômes persistants du Covid-19 dont il souffre depuis une dizaine de jours. Et si officiellement, le gouvernement britannique se veut rassurant, expliquant que Boris Johnson pourrait continuer à occuper sa fonction, Le Mirror, l'un des principaux tabloids du pays, donne une version un peu différente. Le journal a recueilli des témoignages d'assistants du chef du gouvernement qui affirment que Boris Johnson avait l'air mal en point avant son transfert à l'hôpital. « La maladie lui a donné un coup de massue », explique l'un d'eux. Le ministre britannique de la Santé a d'ailleurs reconnu hier que Boris Johnson n'était pas au bout du processus de guérison. Une situation forcément compliquée politiquement alors que le pays fait face à une progression de l'épidémie.

Seule éclaircie dans la brume britannique, le discours d'Elizabeth II hier soir. C'est la 4e fois seulement depuis le début de son règne, que la Reine s'adresse ainsi au pays et les journaux sont unanimes : elle a rassuré. Keep calm and carry on, résume le Sun, « gardez votre calme et tenez bon », « des temps meilleurs arrivent », retient Le Mirror... mais la phrase qui traverse La Manche est la suivante « Nous nous reverrons », reprennent les journaux européens. Cela fait un peu série B des années 80, mais l'espoir est là, et l'expérience aussi d'une Reine qui a vécu le Blitz, ces 9 mois de bombardements intensifs de l'Angleterre par l'aviation nazie durant la seconde guerre mondiale...

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