Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

À la Une: le chaudron libyen

Audio 03:53
Membres des troupes du Gouvernement d’union nationale libyen, à Tripoli, le 4 juin.
Membres des troupes du Gouvernement d’union nationale libyen, à Tripoli, le 4 juin. REUTERS/Ayman Al-Sahili

Publicité

La Ligue arabe appelle à des pourparlers en Libye et à la fin des interventions étrangères. Il faut dire qu’on assiste à une soudaine montée de température…

« La situation en Libye s’est dégradée ces dernières semaines, constate Le Monde Afrique. Après plusieurs mois d’une offensive visant à prendre Tripoli, les forces du maréchal Haftar ont essuyé des revers face au GNA, le gouvernement d’union nationale, appuyé par des drones et des conseillers militaires turcs. Les forces du GNA visent désormais la ville côtière de Syrte, située à 450 kilomètres à l’est de Tripoli et verrou stratégique vers le fief du maréchal Haftar. »

De son côté, pointe encore Le Monde Afrique, «  le président égyptien, Abdel Fatah Al-Sissi, a averti samedi que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention 'directe' du Caire. Le GNA considère ces menaces comme une 'déclaration de guerre'. »

Pour leur part, la France et la Turquie s’accusent mutuellement de jouer à un jeu dangereux… Paris soutenant diplomatiquement le maréchal Haftar et Ankara soutenant militairement le GNA.

Avantage à la Turquie ?

Pour le site marocain Le 360 Afrique, c’est la Turquie qui est en position de force… « Macron et Sissi bandent les muscles, alors que Erdogan gagne la guerre », titre le site marocain. Les derniers remous diplomatiques « ne sont pas de nature, estime-t-il, à faire le poids face aux milliers de milices syriennes, aux avions et drones turcs, mais aussi et surtout aux centaines de tonnes d'armes qui débarquent régulièrement en Libye, par cargos aéroportés ou maritimes. Très concrètement, la Turquie est en train de gagner cette guerre, estime Le 360 Afrique, et tous ceux qui soutiennent le maréchal Haftar sont en train de la perdre, à l'exception de la Russie. Car, seuls les Russes, dont les intérêts stratégiques ne sont pas menacés en Libye, pourront obtenir dans la négociation finale avec les Turcs, une compensation acceptable pour eux. »

« Quant à la France, poursuit Le 360 Afrique, elle qui avait déclenché la guerre en Libye en faisant chuter le colonel Kadhafi, elle n'en tirera rien et a perdu toute influence sur le Gouvernement d'union nationale. Enfin, pour l'Egypte, qui entendait défendre ses intérêts en mer Méditerranée, notamment dans les sites pétro-gaziers qui font l'objet d'un différend avec les Turcs, la déconvenue sera totale. »

Des larmes et du sang…

En tout cas, soupire Le Pays au Burkina Faso, « la Libye est aujourd’hui l’otage des intérêts des puissances étrangères qui mordent et soufflent ensuite sur la plaie. Tant que perdurera cette hypocrisie des Occidentaux qui n’ont d’yeux que pour les réserves pétrolifères et gazifières et le marché d’armes à ciel ouvert qu’est devenu le pays de Mouammar Kadhafi, les populations libyennes ne connaîtront jamais la paix. En effet, pointe Le Pays, au regard de la situation actuelle, aucun des deux camps ne peut l’emporter militairement et l’enlisement du conflit ne fait que prolonger les souffrances du peuple libyen qui se retrouve être le dindon de la farce. On lui avait promis la démocratie et on ne lui sert finalement que des larmes et du sang. »

Poker diplomatique gagnant ?

Aujourd’hui, toujours à Ouagadougou, s’interroge sur la réelle portée des derniers efforts diplomatiques : « la Ligue arabe parviendra-t-elle à une reprise de l’arbre à palabre libyenne ? Et à une non-ingérence étrangère ? Une ingérence qui est déjà de fait, ne nous voilons pas la face ! A quand une Libye unie et un retour de la Communauté internationale pour sa reconstruction et l’exploitation de son pétrole ? Des questions sans réponse pour le moment, déplore le quotidien ouagalais, car sur le terrain, les troupes de Sarraj et de Haftar se tirent dessus, les salves de fusils tonnent et les avions lâchent leurs engins de mort. »

Enfin, Libération à Paris s’interroge également : « joutes verbales, menaces, conférences de presse, communiqués, déclarations… le grand poker diplomatique qui se joue dans les capitales mondiales épargnera-t-il finalement à Syrte une nouvelle bataille, ou, au contraire, jette-t-il de l’huile sur le feu ? D’un côté comme de l’autre, les Libyens n’arrivent plus à se défaire de ces encombrants parrains. Et deviennent de plus en plus spectateurs de leur propre guerre.»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.