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Reportage international

L’Italie étudie les conditions de reprise de la prochaine rentrée scolaire de septembre

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Un enfant porte un tee-shirt où est inscrit Ouvrez l'école, lors d'une réunion de parents et d'écoliers à Rome, le 8 juin, jour officiel de la fermture des établissements scolaires en Italie en temps normal.
Un enfant porte un tee-shirt où est inscrit Ouvrez l'école, lors d'une réunion de parents et d'écoliers à Rome, le 8 juin, jour officiel de la fermture des établissements scolaires en Italie en temps normal. Andreas SOLARO/AFP

L’Italie, durement frappée par la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 34 600 morts, à ce jour, est l'un des rares pays en Europe à ne pas avoir rouvert les établissements scolaires fermés depuis le 5 mars. Finalement le gouvernement a fixé officiellement le 26 juin la date de la rentrée scolaire. Ce sera le 14 septembre. Mais dans quelles conditions ? Notre correspondante à Rome a suivi une des 60 manifestations organisées au niveau national par le Comité « Priorité à l’école ». Elle a rencontré des enseignants, des dirigeants scolaires, mais aussi des enfants, très préoccupés.

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À Rome, c’est sur la Place San-Silvestro, à deux pas du siège du la présidence du Conseil, que les manifestants se sont rassemblés, pour exprimer leurs doutes sur la capacité du gouvernement à permettre aux huit millions d’élèves de retrouver, enfin, leurs enseignants en chair et os.

D’autant que l’école à distance n’a pas vraiment fonctionné : 42 % des familles des régions du sud, et 30% dans le reste du pays, ne sont pas équipées en ordinateur. Ce qui a creusé les inégalités sociales, constate Valentina Canavalle, enseignante d’histoire-géographie. « Les plus faibles ont été exclus. Ceux qui ne pouvaient pas y participer. Mais aussi ceux qui y ont participé et qui vivent dans un contexte socio-économique défavorable. Ils étaient présents mais c’est comme s’ils étaient absents ».

Pour la rentrée, l’enseignement en présentiel sera privilégié. Mais les cours en ligne seront partiellement poursuivis pour les lycéens. Il faudra respecter une distanciation physique d’un mètre entre chaque élève. Et, faute de place, au moins 15 % de ceux du primaire et du secondaire devront suivre les leçons hors de leur établissement. Mais où et comment ?

Écoutons la ministre de l’Éducation, Lucia Azzolina. « L’école a besoin de plus d’espaces. Avant tout, nous devons travailler sur les édifices qui existent. Mais nous organiserons les cours aussi en dehors de l’école. Dans les musées, les bibliothèques, les cinémas, les théâtres… »

Pour les divers investissements et le recrutement, sous contrat à durée déterminée, de 50 000 enseignants et aides maternelles le gouvernement débloquera un milliard d’euros qui s’ajoutera aux quatre milliards prévus dans les plans de relance du pays.

Mais ce n’est pas suffisant pour recruter 124 000 nouveaux enseignants nécessaires. Ni pour organiser autrement l’école en présentiel. Renata Puleo, dirigeante scolaire. « L’école est dans une situation très grave. On décharge sur les directeurs des établissements l’organisation de l’emploi du temps, des salles de classe et de la didactique. Malheureusement, en plus de trois mois, rien n’a été fait ».

Et cela inquiète même les enfants, comme Paolo, 11 ans :« Je ne sais pas si on rentrera en classe en septembre, il y a encore trop d’incertitudes. Cela me rend triste parce qu’on s’est rendu compte combien c’est beau l’école ! ».

Il reste peu de temps pour organiser le retour à l’école « dans une sécurité maximale » promet le Premier ministre, Giuseppe Conte.

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