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Reportage international

Les contrôles sur le pont de l’Oresund entre la Suède et le Danemark ralentissent le trafic

Audio 02:32
Le pont Oresund, qui relie le Danemark à la Suède.
Le pont Oresund, qui relie le Danemark à la Suède. AFP/TT News Agency/Johan Nilsson

Nous partons entre Suède et Danemark, et plus exactement sur ce bras de mer de seize kilomètres qui sépare les deux pays. Il y a vingt ans, le 1er juillet, un pont-tunnel était inauguré entre la ville suédoise de Malmö et la capitale danoise Copenhague. Vingt ans après, l’Oresund est toujours le seul lien physique entre la péninsule scandinave et le reste de l’Europe, mais il n’a pas tenu toutes ses promesses.

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Pour ses vingt ans, coronavirus oblige, le pont de l’Oresund se contentera d’une vidéo de promotion. L’occasion de rappeler que son inauguration, le 1er juillet 2000, fut un événement. Il s’agissait alors de remplacer des ferries poussifs par une liaison express - vingt minutes en voiture, trente-cinq en train – qui permettrait de fusionner les deux villes de Malmö et Copenhague en une seule communauté. Seul problème, la politique s’en est mêlée, comme le constate le Danois Ture Ertmann, qui se déplace en train entre son travail à Copenhague et sa maison de Malmö, où il a déménagé il y a neuf ans :

« A l’époque c’est comme si la frontière n’existait pas. Mais depuis on a eu la crise migratoire de 2015, la Suède a alors décidé d’instaurer des contrôles. Et maintenant avec le coronavirus c’est le Danemark qui s’y met. On arrête le train, on vous dit de sortir sur le quai, vous montrez votre passeport et vous remontez dans le même train. Ça prend toujours au moins vingt minutes. »

Les contrôles se multiplient sur le pont, allongeant le temps de transit. Chaque année, cependant, sept millions de véhicules continuent de l’emprunter, comme dix à douze millions de passagers ferroviaires. Les habitants de Copenhague ont déménagé à Malmö, où l’immobilier est plus accessible. Ceux de Malmö, eux, se rendent à Copenhague pour travailler, faire du shopping, ou encore prendre l’avion. Pour Tue David Bak, directeur du Grand Copenhague, le forum politique où se retrouve les élus de la région, ceux-ci ont manifesté leur volonté d’union par des gestes spectaculaires…

« Concernant l’aéroport de Copenhague, il y a eu un accord parmi tous nos élus pour en faire l’aéroport international de toute la zone. C’est pour ça que cet aéroport est beaucoup plus grand que celui d’Arlanda à Stockholm, plus grand qu’il ne devrait être car nous avons utilisé toute notre énergie, pour privilégier un seul aéroport. »

Le pont-tunnel, qui dessert l’aéroport, est lui-même devenu le symbole de ce rapprochement grâce à la série télévisée du même nom - le Pont. Ce véritable thriller, où des policiers danois et suédois collaborent pour résoudre des crimes, a été diffusé avec succès dans une centaine de pays, mais pour Ture Ertmann, il est bien loin de la réalité que vivent tous les jours les habitants de l’Oresund :

« Je suis déçu. Les politiques se sont contentés de construire le pont mais vous devez aussi établir des règles, commencer une coopération. Sinon c’est juste un pont entre deux pays. »

Cela fait d’ailleurs plus de dix ans que le trafic sur le pont stagne, ou n’augmente que très peu.

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