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Biologie

Le génome du pou du corps est séquencé

ULTRA.F

Une équipe internationale de chercheurs a séquencé le génome du pou du corps humain, inséparable compagnon de l'homme depuis des millions d'années, selon des travaux parus lundi qui devraient faire avancer la compréhension de l'évolution de l'homme et des insectes. Un accomplissement qui apporte de nouveaux éclairages sur la biologie humaine, celle de ce petit insecte que sur leur évolution respective.

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Le génome du pou -un parasite qui mesure de 2 à 3 millimètres de long- « est le plus petit d'un insecte séquencé », soulignent les chercheurs dont la communication est publiée dans les Annales de l'Académie Nationale américaine des Sciences (PNAS) datées du 21 juin 2010.

Ce génome est à l'image du pou lui-même ... c'est-à-dire assez simple ! 

Lente de pou sur cheveux
Lente de pou sur cheveux Jean-Michel Prud'hom/ IRD

Le mode de vie est  « très simple ! Il vit dans vos cheveux ou dans vos vêtements et se nourrit exclusivement de sang », souligne Barry Pittendrigh, professeur d'entomologie à l'Université d'Illinois (nord), qui a coordonné l'équipe internationale de recherche. D'ailleurs, parce qu'il est précisément totalement dépendant des humains pour sa survie, « le pou disparaîtrait de la surface de la Terre s'il était séparé trop longtemps de l’homme », expliquent les chercheurs.

Le nombre de gènes de détection ou de réaction à l'environnement est réduit et le séquençage révèle un nombre nettement moindre de récepteurs pour le goût et les odeurs comparativement aux autres insectes.

Le corps du pou compte également « le plus petit nombre d'enzymes de désintoxication observés dans n'importe quel autre insecte », indique John Clark de l'Université du Massachusetts, co-auteur de l'étude. « Ce nombre réduit d'enzymes de désintoxication rend l'organisme du pou potentiellement prometteur pour l'étude de la résistance aux insecticides et d'autres mécanismes de défense », observe Barry Pittendrigh.

Une avancée scientifique qui livre bien des informations  ...

« Le pou est aussi étudié pour comprendre l'évolution et la migration humaine et pour estimer quand les hommes ont commencé à porter des vêtements », poursuit Barry Pittendrigh.

Dans le contexte sanitaire humain, « le séquençage du génome du pou devrait aussi contribuer au développement de meilleures méthodes de contrôle à la fois du pou de la tête mais aussi du pou du corps humain » et du pubis -ou morpion-, ajoute-t-il.

Découverte clé dans l'histoire de l'Evolution

La plupart des espèces d'insectes sur la planète connaissent une métamorphose complète dans le développement de l'oeuf, à la chenille, à la nymphe puis à l'insecte adulte. En effectuant le séquençage du génome du pou, les scientifiques accèdent à des éléments importants pour comprendre comment a évolué le processus de métamorphose complète, « une clé de la domination de la planète par les insectes », jugent les auteurs de ces travaux.

Le pou, qui prolifère quand l'hygiène corporelle est défaillante, peut aussi transmettre aux humains des pathogènes comme le Rockettsia prowazekii, responsable d'épidémies de typhus et le Borrelia recurrentis à l'origine de la borréliose (fièvre récurrente) ainsi que la Bartonella quintana -un pathogène qui provoque la fièvre des tranchées et qui a affecté l'armée de Napoléon pendant la retraite de Russie en 1812.

Pour en savoir plus :

Lire le Sciences et avenir / Une raison de plus pour se débarrasser des poux
 

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