Accéder au contenu principal
Recherche/ Océanographie

Cap vers le Pacifique Est pour explorer la structure de la croûte océanique

Échantillon de gabbro, une roche magmatique
Échantillon de gabbro, une roche magmatique Wikimedia Commons/

Du 13 avril au 3 juin prochain, une équipe internationale -à laquelle participent des chercheurs français- partent au large du Costa-Rica. Le but de leur mission est d’atteindre, pour la première fois, des niveaux de roches magmatiques situés à une profondeur d'environ 2 kilomètres sous le plancher océanique.

Publicité

La formation de la croûte océanique, qui représente environ 70% de la surface de notre planète, est un processus clef dans la dynamique de notre planète. C'est dans le but de mieux comprendre cette dynamique que quatre chercheurs français notamment du Cnrs et de l'Université Paul Sabatier à Toulouse ont rejoint une équipe internationale de scientifiques pour participer à une mission de forage de la croûte océanique au large du Costa Rica.

Ils vont forer, dans le Pacifique Est, la croûte de la plaque Cocos, formée il y a 15 millions d'années, à une vitesse supérieure à 20 centimètres par an donc très rapide comparativement à toute dorsale active actuelle.

Ils espèrent en rapporter des échantillons de roches magmatiques appelées gabbros,  issues d’un refroidissement plus lent que celui subi par les basaltes qui constituent les fonds océaniques. Ces roches devraient livrer des informations sur la structure même de la croûte océanique et d'en tester les modèles de formation dans un contexte spécifique dit « de dorsale rapide ».

Quel rôle de l'eau de mer dans l'évolution de la croûte océanique ?

Le Centre national de recherche scientifique explique que les chercheurs ont choisi de s'intéresser à « la croûte océanique qui s’est formée rapidement (c'est le cas dans l'océan Pacifique), car elle est plus uniforme et homogène que celle formée aux dorsales lentes (situées en Atlantique par exemple) ».

Environ 20% des dorsales actuelles ont des taux d'expansion rapides (supérieurs à 8 centimètres/an). Elles ont généré quasiment la moitié de la croûte océanique actuelle, soit 30% de la surface de la Terre.

Ces échantillons éclaireront aussi le rôle de l'eau de mer dans l'évolution de la croûte océanique ainsi que la contribution de la partie inférieure de cette écorce aux anomalies magnétiques marines.

On a besoin de comprendre les phénomènes liés aux mouvements de l'océan.

Patrick Vincent, directeur adjoint à l'Ifremer

Depuis une cinquantaine d’années, les scientifiques procèdent à des forages océaniques avec pour objectif d'obtenir l’échantillon d’une section complète de croûte océanique et de parvenir, dans le futur, à pénétrer jusqu'au manteau terrestre situé à quelque 5 à 6 kilomètres de profondeur.

Le gabbro, constituant principal de la couche inférieure de la croûte océanique, a été retrouvé ailleurs que sur la Terre : il compose également une partie des roches de la surface de la Lune.

Les explications du Cnrs : la croûte océanique se forme à l'axe des dorsales par refroidissement de magma issu de la fusion partielle des roches du manteau. Si le magma arrive en surface, sur le plancher océanique, il refroidit rapidement et se fige en basaltes qui constituent en grande majorité la croûte océanique supérieure. En revanche, si le magma cristallise plus lentement en profondeur, la roche qui se forme alors est un gabbro. Ainsi, la croûte océanique est la superposition de gabbros profonds et de basaltes plus superficiels.

Pour en savoir plus :

Site du CNRS/

  • La croûte océanique - Pétrologie et dynamique endogènes
  • Couverture du livre : Convergence lithosphérique
  • La vie des océans, de leur naissance à leur disparition

Voir aussi Integrated Ocean Drilling Program (IODP).

Comment lire la carte géologique du monde ?
© CCGM/ UNESCO 2000/ Philippe Bouysse

 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.