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Recherche / Tchad

La surface du lac Tchad continue à rétrécir

La baisse de niveau du lac Tchad se manifeste par l'émersion des sommets de dunes précédemment immergés puis par l'assèchement complet de cette cuvette.
La baisse de niveau du lac Tchad se manifeste par l'émersion des sommets de dunes précédemment immergés puis par l'assèchement complet de cette cuvette. IRD/ M. Cadou

Une étude effectuée par des chercheurs de L'Institut de recherche pour le développement révèle que la surface du lac Tchad, jadis l'un des plus grands du monde, a été divisée par dix depuis les années 1960. Cet assèchement progressif du lac - devenu emblématique du changement climatique en cours - a affecté les modes de vie de la population. Les habitants ont néanmoins su s’adapter à ces bouleversements de leur environnement.

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Selon l'étude publiée par l'Institut de recherche pour le développement et conduite par une équipe franco-nigérienne associant l’IRD, le lac Tchad dont la superficie il y a quelque 50 ans était comparable à celle d'une mer intérieure, avec quelque 20 000 km², ne couvre plus désormais que 2 000 km² environ. Les eaux se sont évaporées avec des sécheresses répétées des années 1970 et 1980, faisant de ce lac un emblème des effets du réchauffement climatique.

Le fait n'est pas nouveau : les précédentes études paléoclimatiques montrent selon les chercheurs que le niveau des eaux du lac a toujours fluctué mais que le phénomène s'est accéléré en dix ans. Depuis la décrue des années 1970 à 2000, la baisse du niveau des eaux a transformé les rives du lac Tchad ainsi mises à nu en grenier de la région où sont pratiquées des cultures telles que le maïs, le riz, le niébé voire même le poivron -dans la vallée de la rivière Komadougou Yobe, au Niger

Sédiments lacustres, véritables archives du climat

Les sociétés sahéliennes ont su s'adapter. La population a changé d'activités : pêcheurs et éleveurs sont devenus agriculteurs -souvent tournés vers l’exportation. Les nouvelles terres émergées ont même permis de développer des cultures de décrue s'avérant très productives. Les habitants investissent les sols fertiles et humides au fur et à mesure que le lac régresse, sans irrigation ni fertilisants, abandonnant peu à peu la culture pluviale du mil sur les berges.

Les objectifs de ces recherches visent à prévoir et anticiper les changements environnementaux prévus au cours des prochaines décennies pour mieux gérer leur impact sur la vie des populations.

  • En analysant les sédiments lacustres, véritables archives renseignant sur les fluctuations du niveau du lac, les chercheurs travaillent à l’élaboration de modèles hydrologiques et climatiques sur une longue échelle de temps, au-delà des mesures qui ont été relevées sur le terrain.
  • Le Lac Tchad était au cœur des discussions menées lors de la session Afrique du 8e Forum Mondial du Développement Durable (FMDD), qui s'est tenu du 29 au 31 octobre 2010 à N'Djamena, au Tchad.

Pour en avoir plus :

Voir la fiche complète de l'Institut de recherche pour le développement

Bosso, en extrémité Est du Niger, à la frontière avec le Nigéria, au bord du Lac Tchad se reconvertit brutalement à l'agriculture quand le lac recule au cours des sécheresses répétées des années 70 et 80.
Bosso, en extrémité Est du Niger, à la frontière avec le Nigéria, au bord du Lac Tchad se reconvertit brutalement à l'agriculture quand le lac recule au cours des sécheresses répétées des années 70 et 80. IRD/ Pierre Genthon

 

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