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Tara

Expédition Tara: Karaburun-Sazan, premier parc marin d’Albanie

Tara fait son entrée dans le port de Vlora, Albanie, 15 juillet 2014.
Tara fait son entrée dans le port de Vlora, Albanie, 15 juillet 2014. ©Y. Chavance/Tara Expéditions

Du 6 au 19 juillet, la goélette Tara a fait escale à Vlora, sur le littoral albanais, à l’occasion de la signature d’un accord de coopération entre l’Agence Nationale de la Côte Albanaise, gestionnaire de la première Aire marine protégée d’Albanie, Karaburun-Sazan, et le Conservatoire français du littoral.

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Avec notre envoyée spéciale à Vlora, Albanie, sur Tara,

Si l’Albanie est aujourd’hui une démocratie, le pays a subi presque 40 ans d’une dictature de type stalinien, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, à la chute du communisme en 1991. Pendant ces années, l’île de Sazan, dans la mer Adriatique, au large de la ville de Vlora, sur la côte sud du pays, a été une base militaire où les soldats de l’ex-URSS côtoyaient les soldats albanais. Depuis la chute de la dictature, l’île est restée territoire militaire et donc strictement interdite à la population et aux touristes. Cette situation exceptionnelle a permis à la faune et à la flore de prospérer sans influence humaine ces vingt dernières années.

Une protection toute neuve

Sur la proposition du ministère albanais de l’Environnement et de l’Administration des eaux et forêts, le Conseil des ministres albanais a déclaré le 28 avril 2010 la côte ouest de la presqu’île de Karaburun et l’île de Sazan - associées à une zone maritime jusqu’à un mile (1,852 km) des côtes - première Aire marine protégée d’Albanie, d’une surface totale de 124,28 km2. En se basant sur les données existantes, bien qu’incomplètes, cette décision concrétise la volonté de protéger une biodiversité et un environnement exceptionnels.

Des espèces rares

Au moins trente-six espèces marines présentes dans l’Aire marine protégée (AMP) de Karaburun-Sazan sont répertoriées sur les listes d’espèces en danger de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). En plongeant, on peut y rencontrer des éponges et des crustacés rares, des cétacés comme le dauphin ou, avec beaucoup de chance, un phoque moine. Les fonds marins sont couverts d’herbiers de posidonie, lieu de reproduction de nombreux poissons et crustacés, et l’on peut aussi trouver du corail rouge, qui, après avoir été surexploité est aujourd’hui interdit de prélèvement. Cette zone semble être également sur le corridor migratoire de la tortue Caretta caretta, entre son aire de reproduction dans les îles grecques de la mer Ionienne et la côte de Patoku au nord de l’Albanie, dans la mer Adriatique.

Paysages et archéologie

Les paysages de la presqu’île de Karaburun et de l’île de Sazan sont escarpés et difficilement accessibles. Le passage en bateau près des côtes permet d’apercevoir des grottes, des falaises abruptes et des petites plages. Dans la partie sud de la côte de Karaburun, on trouve les vestiges d’un ancien port, où les rochers portent des graffitis en langue grecque, vieux de 2000 ans, ainsi qu’Orikum, l’un des plus importants ports de la civilisation Illyrienne, au IVe siècle avant notre ère.

Sazan, l’île mystérieuse

En discutant avec les albanais, impossible de savoir exactement ce qui se passe aujourd’hui sur l’île de Sazan. L’île est toujours sous le contrôle du ministère de la Défense albanais et l’on voit, sur les rares images qui en existent, les vestiges des maisons qui abritaient les soldats russes, où restent encore des cadavres de bouteilles de vodka, ainsi que des tunnels dont on imagine qu’ils servaient de base sous-marine. Mais l’île pourrait bientôt perdre de son mystère car plusieurs acteurs – ONG locales, personnel du ministère de l’environnement – envisagent de l’ouvrir doucement à un tourisme durable.

Un avenir environnemental en construction

La coopération qui débute entre le Conservatoire du littoral - agence publique qui s’occupe de l’acquisition de terrains sur le littoral français pour en garantir la protection environnementale – et l’Agence nationale de la côte albanaise, crée en mars 2014, va d’abord se concrétiser par un transfert de savoir-faire et d’expérience.

En ce qui concerne la protection de l’environnement, il y a tout à construire, en Albanie, et le gouvernement actuel entend bien profiter de l’expérience des pays européens qui ont défriché le terrain. D’autant que la candidature d’entrée du pays dans l’Union européenne, déposée en 2009, a reçu un avis favorable au début du mois de juillet, ce qui implique de nouvelles obligations dans ce domaine.

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