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Alimentation et cancer

tv83.info

Igor Strauss : Cette semaine vous allez vous intéresser au lien entre alimentation et cancers qui est un sujet de plus en plus présent dans les médias. Pour démarrer cette chronique, pouvez-vous nous préciser s’il y a réellement une relation entre l’alimentation et les cancers ?

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Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur de l'ONG Santé Diabète:Malheureusement, Igor, les médias se focalisent souvent sur un aliment ou un nutriment qui aurait potentiellement un rôle dans la survenue de tel ou tel type de cancer alors même que ce lien est souvent encore très discuté par la communauté scientifique.
Cependant, en pratique, il y a bien un lien entre alimentation et cancers mais qui est beaucoup plus complexe. En effet, l’alimentation peut avoir une incidence de trois manières :
-    Par la qualité et la quantité du régime alimentaire ;
-    Par les substances chimiques, comme les polluants, que les aliments peuvent véhiculer ;
-    Et enfin par la manière dont les aliments vont être cuisinés car celle-ci peut modifier profondément certains nutriments contenus dans les aliments consommés.
Il faut bien rappeler à nos auditeurs que le cancer est une maladie multifactorielle donc en plus des facteurs cités précédemment il ne faut pas oublier que le poids, la quantité d’activité physique et l’exposition à d’autres facteurs cancérigènes sont aussi à prendre en compte.

Igor Strauss : Quels sont les aliments qui ont, aujourd’hui, un lien démontré avec la survenue de certains cancers ?

Dans la dernière année, l’Organisation Mondiale de la Santé a rappelé à travers deux rapports d’une part les risques liés à la surconsommation de viande rouge et de charcuterie incriminées dans la survenue du cancer du côlon et d’autre part la surconsommation d’alcool incriminée dans un grand nombre de cancers (foie, colon, sein et les voies digestives supérieures).  Dans ces deux rapports, l’OMS rappelle que les risques apparaissent avec une consommation de viande rouge supérieure à 500g par semaine, une consommation de charcuterie supérieure à 50 g par semaine et une consommation d’alcool supérieure à  2 verres par jour pour les hommes et un verre par jour pour les femmes. 

Igor Strauss : Vous avez mentionné aussi les modes de préparation de certains aliments, pouvez-vous nous donner un exemple ?

Le plus connu est la production de substance comme le benzo-pyrène, le dibenzo-pyrène ou encore le Dibenzo-anthracène. Ces composés qui présentent un effet cancérogène sont appelés des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Ils sont produits lorsque les aliments sont cuits à une température beaucoup trop élevée, ou lorsqu’ils sont cuits au charbon de bois, au contact de la flamme ou de la fumée. Souvent on peut les identifier car ils forment une croûte noire, que l’on appelle communément le bruler, qui reste collée à l’aliment.

Igor Strauss : Finalement qu’en est-il des pesticides ? 

C’est un sujet qui est de plus en plus débattu car il est démontré que les consommateurs sont aujourd’hui exposés indirectement à de nombreux dérivés de produits phytosanitaires à travers leur alimentation. On est malheureusement à un stade où les études se contredisent souvent. Il va falloir attendre encore quelques années pour avoir des données plus robustes sur les molécules en jeu et les liens exactes sur la santé.

Igor Strauss : en conclusion quelle sont les recommandations que vous pouvez donner à nos auditeurs ?

-    En premier lieu, il faut adopter une alimentation équilibrée comprenant au moins 400g de fruits et légumes par jour, un maximum de 300 à 400 g de viande rouge et 50g de charcuterie par semaines ;
-    Respecter les consommations maximales d’alcool ;
-    Maintenir un poids normal tout en augmentation son activité physique ;
-    Eviter les modes de préparation qui produisent des substances nocives ;
-    Et enfin consommer plutôt des aliments bios pour éviter le risque phytosanitaire. Pour les personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter des aliments bios il faut rappeler qu’un bon lavage de ces fruits et légumes, avant leurs consommations, permet d’éliminer une partie des polluants.
 

  • Pour poursuivre les échanges sur cette chronique rendez-vous sur :

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