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Épidémie de coronavirus: plus de 1 000 morts en Chine, Xi Jinping sur le terrain

Le président chinois Xi Jinping discute avec des habitants de Pékin le 10 février 2020.
Le président chinois Xi Jinping discute avec des habitants de Pékin le 10 février 2020. Xinhua via REUTERS

Le bilan de l'épidémie à coronavirus a franchi la barre des 1 000 morts en Chine, tandis que le président Xi Jinping, le visage recouvert d'un masque de protection, a appelé lundi à des mesures « plus fortes et décisives » contre la maladie, l'OMS s'inquiète de la propagation de la maladie.

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Le nombre de morts en Chine dus au nouveau coronavirus est monté à 1 011, après l'annonce de 103 nouveaux décès dans la province du Hubei, ont annoncé les autorités mardi 11 février au petit matin. Alors que l'épidémie apparue en décembre dans un marché de Wuhan a contaminé plus de 42 200 personnes selon le dernier bilan quotidien, le numéro un chinois, Xi Jinping, s'est rendu lundi dans un quartier résidentiel de Pékin pour assister aux efforts de lutte contre la contagion.

« Je ne peux pas vous serrer la main en ces temps difficiles », a-t-il expliqué aux habitants, avant de se rendre auprès des personnels soignants de l’hôpital à Pékin, un des établissements, ici, en charge des cas les plus graves de pneumonie virale, rapporte notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde. Xi Jinping est désormais le commandant de la guerre populaire contre l’épidémie, affirme l'agence de presse officielle Chine Nouvelle. Le président reconnaît que le système de santé a présenté des lacunes, mais des mesures vont être prises, dit-il, et il promet de gagner la bataille contre le coronavirus.

« L'épidémie au Hubei et à Wuhan reste très grave »

Dans un long reportage diffusé au journal télévisé du soir, il a évoqué la situation à Wuhan, placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier, ainsi qu'une grande partie de sa province, le Hubei, où se comptent le plus grand nombre de victimes. « L'épidémie au Hubei et à Wuhan reste très grave », a-t-il reconnu, appelant à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument l'élan de la contagion ». Son gouvernement a déjà pris des mesures radicales en interdisant à quelque 56 millions d'habitants du Hubei de quitter la province.

Cette sortie publique s’accompagne du limogeage du secrétaire du parti communiste et du directeur de la Commission de la Santé du Hubei, deux responsables locaux. Cette réapparition en première ligne intervient également, alors qu’une équipe de l’OMS vient d’arriver en Chine et surtout en pleine tempête de critiques. Elle arrive surtout alors que le pays est rongé par la colère et a bien du mal à faire le deuil du Docteur Li Wenliang. Ce jeune ophtalmologue âgé de 34 ans est mort dans son lit d’hôpital à Wuhan la semaine dernière des suites du coronavirus attrapé auprès de ses patients. Il avait été parmi les premiers a alerté ses confrères médecins de la présence d’une épidémie sur le marché aux fruits de mer de la capitale du Hubei, et alors que les autorités locales ont tenté de garder l’information sous le manteau jusqu’au nouvel an lunaire. 

320 cas de contamination hors de Chine

En dehors de la Chine continentale, le virus a en outre tué deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hong Kong. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Le gouvernement britannique a classé lundi le nouveau coronavirus en « menace grave et imminente pour la santé publique » et annoncé quatre nouveaux cas, portant à huit le nombre de personnes atteintes au Royaume-Uni.

Ce classement autorise Londres à prendre des mesures pour lutter contre la contagion. Dans ce cadre, les personnes atteintes de coronavirus peuvent être mises en quarantaine de force si elles constituent une menace pour la santé publique.

L'expansion du virus inquiète l'OMS

L'expansion du virus hors de Chine pourrait s'accroître avec la transmission de la maladie par des personnes n'ayant jamais voyagé dans ce pays, a prévenu dimanche le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous ne voyons peut-être que la partie émergée de l'iceberg », avertit Tedros Adhanom Ghebreyesus, interrogé par notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche, alors qu'une « mission internationale d'experts » de l'OMS est arrivée lundi en Chine.

Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus aux côtés de du directeur du programme d'urgence de santé de l'OMS Michael J. Ryan, le 29 janvier 2020 à Genève.
Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus aux côtés de du directeur du programme d'urgence de santé de l'OMS Michael J. Ryan, le 29 janvier 2020 à Genève. REUTERS/Denis Balibouse

Le taux de mortalité du virus reste faible, avec moins de 2% de décès. L’OMS cherche donc à informer sur la gravité de l’épidémie sans pour autant déclencher la psychose. « Beaucoup de gens nous demandent où va l'épidémie. Est-ce que les choses s'améliorent, est-ce que ça empire, poursuit Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ces derniers jours, nous avons vu un développement inquiétant avec des cas de transmission du coronavirus chez des personnes qui n'avaient pas voyagé en Chine. Comme ceux constatés en France et en Grande-Bretagne. Même s'ils sont peu nombreux, ces cas pourraient être l'étincelle qui déclenche un plus grand incendie. Pour l'instant, ce n'est qu'une étincelle. Notre objectif reste d'endiguer la maladie. Nous appelons tous les pays à utiliser cette fenêtre d'opportunité pour prévenir cet incendie ».

(Avec AFP)

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