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Quels traitements contre l’épidémie de Covid-19?

Dans un laboratoire de biosécurité de niveau 2 à l'Institut Rega pour la recherche médicale à Louvain, Belgique le 26 février 2020.
Dans un laboratoire de biosécurité de niveau 2 à l'Institut Rega pour la recherche médicale à Louvain, Belgique le 26 février 2020. REUTERS/Yves Herman

L’épidémie de coronavirus se poursuit dans le monde. Le bilan est actuellement de 2 810 morts. Maladie dont il n’existe toujours pas de traitement, mais les scientifiques du monde entier s’activent pour en venir à bout.

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La chloroquine : ce nom est sur toutes les lèvres en France, depuis que Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée de Marseille l’a érigée comme arme numéro un contre le coronavirus. Mais comme le disait Laplace : « Le poids de la preuve pour une affirmation extraordinaire doit être proportionnel à son degré d'étrangeté ». En clair, avant de faire une telle déclaration, il faut avoir de solides arguments, et ce n’est malheureusement pas (encore) le cas.

La chloroquine est un médicament antipaludéen connu depuis longtemps. Peu onéreux, Didier Raoult estime qu’il a en sus apporté des « améliorations spectaculaires » chez les patients infectés. Pour cela, l’infectiologue se base sur une lettre parue dans la revue BioScience Trends, laquelle reprend une communication du gouvernement chinois du 17 février. Il y était indiqué que la chloroquine était inscrite dans la réponse thérapeutique à l’épidémie et avait été testée sur une centaine de patients dans 10 hôpitaux.

La prudence est de mise

Cependant, le manque d’information à la suite de cet essai et le faible nombre de patients traités incite les autorités sanitaires, comme l’OMS, à la prudence. Pour elles, il est encore bien trop tôt pour préjuger d’un éventuel effet de la chloroquine contre SARS-CoV-2.

La piste est cependant intéressante, malgré quelques réserves. Des essais de chloroquine combinée au Remdesivir, un antiviral testé lors des épidémies d’Ebola, donnent des résultats in vitro, en laboratoire. Ces derniers sont-ils généralisables à l’homme ? Il est encore bien trop tôt pour le dire, d’autant plus que la chloroquine a déjà nourri de faux espoirs. Une efficacité contre la dengue et Zika avait en effet été démontrée en laboratoire, mais celle-ci n’a jamais pu être reproduite sur l’homme. Enfin, ce médicament est déconseillé au plus de 65 ans, précisément la tranche d’âge chez qui ce coronavirus est le plus létal.

Une recherche qui prend du temps

L’idée de « rediriger » un médicament déjà existant est cependant pertinente et a déjà fait ses preuves dans le passé. Ainsi, un traitement conçu pour lutter contre le VIH-Sida, le Lopinavir-ritonavir, a fait ses preuves contre le Sras, un cousin du coronavirus actuel. Des médecins japonais sont également en train de tester un médicament contre la grippe, le Favipiravir, pour déterminer son efficacité face à SARS-CoV-2.

Quant à un vaccin, il faudra être patient. L’Organisation mondiale de santé listait en début de semaine 25 candidats. Ils sont cependant tous au stade pré-clinique, et ne sont donc pas prêts à être testés sur l’homme. Lorsque celle-ci débutera, il faudra alors compter entre deux et trois mois pour en obtenir les résultats, et si ceux sont concluants, la production à l’échelle industrielle prendra encore plusieurs trimestres.

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