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Coronavirus: les effets bénéfiques du confinement pour l'environnement

Hors confinement, pour couvrir le bruit causé par l'homme, les oiseaux sont obligés de chanter plus fort ou plus souvent, et cela les fatigue.
Hors confinement, pour couvrir le bruit causé par l'homme, les oiseaux sont obligés de chanter plus fort ou plus souvent, et cela les fatigue. Roberto Machado Noa/LightRocket via Getty Image

Cela fait une bonne semaine, depuis le mardi 17 mars, que les Français sont confinés et les effets bénéfiques pour l'environnement sont déjà mesurables.

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À Paris, l'air est beaucoup moins pollué que d'habitude. L'organisme Airparif constate « une amélioration de la qualité de l'air de 20 à 30% » suite à une « baisse de plus de 60% pour les oxydes d'azote ». Du jamais vu en quarante ans de mesures. Et cette situation exceptionnelle est directement liée à la diminution du trafic routier et aérien.

Pour les particules fines c'est une autre histoire. Leur réduction est moins nette, parce qu'elles sont issues de différentes sources, et certaines activités émettrices n'ont pas baissées : l'agriculture et le chauffage résidentiel, entre autres. En plus, le beau temps printanier des derniers jours a tendance à piéger les particules fines comme sous un couvercle d'air chaud.

En revanche, autre bonne nouvelle : les émissions du CO2, l'un des gaz à effet de serre responsable du changement climatique, ont elles aussi baissé, selon Airparif.

Un air plus pur et moins de bruit

Quand le bruit des moteurs diminue, le gazouillis des oiseaux se fait entendre... et les animaux se détendent.

Jérôme Sueur, éco-acousticien au Muséum national d'histoire naturelle parle d'une « détoxication » sonore. En temps normal, hors confinement, les bruits causés par l'activité humaine interfèrent avec les bruits des animaux. Or, leurs cris ont souvent des fonctions vitales : signifier qu'ils sont prêts à se reproduire, avertir d'un danger... Pour couvrir le bruit causé par l'homme, ils sont obligés de chanter plus fort ou plus souvent, et cela les fatigue. À l'inverse, le silence relatif devrait aider ces animaux à se porter mieux et à se reproduire plus facilement. En tout cas, Jérôme Sueur se félicite : « Avec la crise du Covid-19, la diminution du trafic des transports offre des conditions uniques pour une expérience scientifique à grande échelle. Supprimer en partie le bruit de tout un pays – choc exogène impensable pour un scientifique –  permet de tester l’importance de l’anthropophonie (les sons liés aux activités humaines) sur le comportement et l’écologie animale. »

Les effets du confinement sur la biodiversité marine

Le confinement a aussi fait des heureux dans la parc des Calanques à Marseille. Les gardiens du parc ont pu voir des espèces parfois rares qui d'habitude restent à distance de ce site méditerranéen en raison du passage fréquent des bateaux de loisirs. Mais pendant que les Marseillais restaient à la maison, les dauphins et thons, puffins, fous de bassan et hérons cendrés sortaient, et des oiseaux marins se posaient à des endroits où ils avaient encore jamais été aperçus.

Quand le confinement sera terminé

Mais les scientifiques craignent un retour de la situation à la fin du confinement. Les plans de relance de l'économie pourraient faire perdre toutes ces bénéfices pour l'environnement, comme ça s'est produit dans le passé, notamment après la crise de 2008.

Un groupe de députés essaient d'éviter ce piège : Matthieu Orphelin (ex-La République en marche) est à l'initiative d'un « Grand plan de transformation de notre société en faveur du climat, de la biodiversité, de la solidarité et de la justice sociale ».

Pour les temps après la crise, il entend inventer collectivement un autre modèle de société compatible avec la sauvegarde du climat et de la biodiversité. Lors du débat parlementaire sur les mesures instaurant un état d'urgence sanitaire pour deux mois, il a donc déposé avec 35 autres députés un amendement portant sur ce « Grand plan ». La loi a été publié lundi 23 mars. Mais l'amendement a été rejeté sans même être débattu, après l’avis défavorable du gouvernement.

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