Accéder au contenu principal
Cyclisme / Tour de France 2012

Bradley Wiggins : « J'ai repensé à mon enfance »

Bradley Wiggins lors du contre-la-montre entre Bonneval et Chartres, le 21 juillet 2012.
Bradley Wiggins lors du contre-la-montre entre Bonneval et Chartres, le 21 juillet 2012. REUTERS/Stephane Mahe

Bradley Wiggins a affiché sa joie d’être le premier vainqueur britannique du Tour de France. Devant les médias du monde entier à Chartres, où il a remporté le dernier contre-la-montre, le coureur de l’équipe Sky s’est exprimé en affirmant que tout cela était le fruit d'un long travail et de beaucoup de sacrifices.

Publicité

Bradley Wiggins, que retenez-vous du chemin parcouru ?

On a besoin de déceptions pour être plus fort. J'avais fait une bonne année 2009 (4e du Tour). Puis il y a eu les déceptions de 2010 (23e), de l'an dernier (clavicule cassée). J'ai fait le point. On a revu l'entraînement, le style de vie, je crois qu'on a fait de bons choix. L'an dernier, j'avais passé la dernière semaine à regarder la télé. J'avais vu le bonheur de Cadel Evans après la victoire et ça m'avait donné envie de vivre la même chose.

Est-ce que cela a été dur de supporter la pression d'être favori ?

Ces trois dernières semaines, je me suis souvent dit : ce n'est que du sport. Ce n'est pas la vie ou la mort. Quand on voit la foule qui vous attend à l'arrivée, c'est parfois facile de perdre la perspective sur les choses. Ce qui m'aide, c'est d'être capable de prendre un peu de recul. Le sport, c'est ce qui vous donne une structure, une discipline. Ca vous donne une ligne à suivre. Dans mon cas, ça a marché, j'ai gagné le Tour. Qu'est-ce qu'il y a de plus grand que ça ?

Bradley Wiggins.
Bradley Wiggins. REUTERS/Stephane Mahe

Avez-vous conscience tout de même de ce que vous réalisez et notamment d'être le premier Britannique à gagner le Tour ?

Être le premier Britannique, aller plus haut que Robert Millar, Tom Simpson, c'est impressionnant. Mais je ne me sens pas de la même classe qu'eux car ce sont des héros de mon enfance. C'est difficile de s'imaginer à leur niveau. A l'époque, internet n'existait pas. Ces gens étaient lointains. On avait une photo dans un hebdomadaire, pas plus que ça. Je m'imagine mal être leur égal.

Comprenez-vous que beaucoup imaginent des mésententes entre vous et Chris Froome ?

Beaucoup de gens voudraient qu'on en fasse toute une histoire. On a mangé et déjeuné ensemble ce matin, si vous voulez savoir. Il n'y a pas de problème, pas de tension. Si on a été bons, c'est parce qu'on a travaillé en équipe. L'année prochaine, ce sera peut-être Chris qui sera en jaune.

Et que d'autres reprochent à ce Tour de ne pas avoir été spectaculaire ?

Il faut simplement regarder les vidéos, regarder ce que d'autres ont fait. On a critiqué Armstrong comme cela. Mais il a gagné des Tours en étant spectaculaire. Je crois que c'est la même chose ici.

Vous avez beaucoup gagné mais c'est la première fois que vous êtes aussi ému...

Les dix derniers kilomètres ont été 10 kilomètres exceptionnels. J'ai repensé à tout ce qui m'est arrivé : la perte de mon père, mon modèle qui est parti quand j'étais enfant et qui est mort pendant le Tour l'an dernier, la vie avec ma mère dans un petit appartement, ma femme, mes enfants, notre vie ces quatre dernières années, les critiques qui disaient que je ne gagnerai jamais le Tour avec Sky... J'ai repensé à mon enfance. Je regarde le Tour depuis que j'ai 11 ou 12 ans en rêvant un jour de le gagner. Mais quand on habite à Londres, ce n'est qu'un rêve. Ca a été un chemin difficile.

Quelle est votre définition du bonheur ?

Gagner le Tour, qu’y a-t-il de plus grand ? C’est comme ça que je vois le bonheur, en tout cas dans le sport. La vie est plus grande.

Propos recueillis par Farid Achache.

tour de france 2012 : résultats, analyses et reportages

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.