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Tennis

Pas de trêve hivernale pour les tennismen français

Richard Gasquet est toujours heureux de retrouver le cocon de la Fédération française de tennis.
Richard Gasquet est toujours heureux de retrouver le cocon de la Fédération française de tennis. REUTERS/Max Rossi

Les joueurs de tennis professionnels ne connaissent pas de repos. Un mois après l’arrêt du circuit, et deux semaines avant la reprise, ils en profitent pour se livrer à un intense travail foncier, indispensable pour tenir le rythme tout au long de l’année. Si le mois de décembre est sans compétition, il n’est donc pas sans enjeu. Coup d’œil à la préparation des Français à Roland-Garros… une ode au service public du sport.

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Si la fin de l’année est l’une des rares périodes où les sportifs professionnels peuvent – un peu – souffler, ce n’est pas le cas en tennis. Partis sur les routes du monde entier depuis janvier, les joueurs profitent du mois de décembre pour s’adonner à une préparation foncière intensive. « Avec trois ou quatre séances par jour, c’est la période la plus chargée pour l’entraînement, par blocs de quatre à six semaines à dominante physique pour les pros confirmés », confie Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau masculin à la Fédération française de tennis (FFF).

Avant la reprise des compétitions début janvier dans l’hémisphère sud, ce sont donc des dizaines de joueuses et joueurs qui se pressent chaque matin sur les cinq courts et dans la salle de musculation du centre national d’entraînement de Roland-Garros. Parmi eux, de nombreux espoirs et quelques têtes d’affiche. Ces jours-ci, Richard Gasquet, Julien Benneteau ou Michaël Llodra sont particulièrement assidus. « Ils sont nos ambassadeurs et des moteurs pour les plus jeunes. Ça fait du bien de les avoir parmi nous », se félicite Arnaud Di Pasquale.

Piqûre de rappel

Entre ces vedettes et leurs cadets, le régime n’est toutefois pas identique. Les premiers ont leur staff technique et suivent leur propre programme. « On ne se mêle pas des objectifs techniques », précise Arnaud Di Pasquale. Les meilleurs viennent surtout pour profiter des structures fédérales et retrouver un environnement dans lequel ils se sentent bien, un « cocon ». Les seconds, en revanche, sont accompagnés par un entraîneur mis à disposition par la FFT et se plient à un suivi très précis, comprenant tests et bilans physiques comme techniques à partir desquels un programme personnalisé leur est proposé. Avec un objectif récurrent : développer la VO2 (capacité respiratoire pendant l’effort). Pour cela, la proximité du bois de Boulogne est un atout. « On en connaît chaque recoin », s’amuse Arnaud Di Pasquale. Et pour ceux qui ont déjà la « caisse », le travail est plus axé vers un point faible, comme la musculation.

Cette période fait donc office de piqûre de rappel au niveau physique, avec des semaines intenses pour des joueurs de très haut niveau qui ont moins de points à travailler tennistiquement. Il s’agit « de prendre confiance avant d’affronter les tout meilleurs qui sont, eux, des monstres au niveau physique », souligne Arnaud Di Pasquale. Pourtant, ce dernier ne croit guère que les compétiteurs confirmés peuvent encore développer des qualités physiques. En revanche, prévient-il, Ils peuvent les perdre : « Si tout au long de l’année, il n’y a pas des rappels, ces qualités diminuent, tout peut décliner légèrement et ça se ressent sur le terrain. »

« L’argent ne suffit pas »

Si l’organisation fédérale fonctionne aussi bien dans un sport individuel, c’est que la FFT a su développer en interne ses propres armes, avec souvent un temps d’avance sur tout le monde. Par exemple, elle développe actuellement un test d’effort spécifique, qui, au lieu de se dérouler sur tapis roulant ou sur vélo, se déroule sur le terrain, dans des conditions de jeu réelles. « Sur les quatre préparateurs physiques pour les hommes, un est chargé de la recherche et du développement, détaille Arnaud Di Pasquale. Quand on parle de cryothérapie corps entier, on sait ce que c’est, on en fait aujourd’hui. On essaie vraiment d’être à la pointe mais sans tomber dans le phénomène de mode. En tant que fédération, on ne peut pas fournir aux joueurs des services si on n’est pas certain qu’ils n’entameront pas leur intégrité physique. »

Logiquement, cette organisation est enviée. Quant à la singer, c’est une autre histoire. De 2005 à 2010, le Team Lagardère, à quelques centaines de mètres à peine de Roland-Garros, a voulu animer une structure de joueurs professionnels. Expérience sans lendemain qui valide, a contrario, l'approche de la FFT. « Si un joueur veut rester chez nous, il reste, s’il veut partir, il le peut. Mais le constat de l’expérience Lagardère montre qu’aligner de l’argent ne suffit pas à faire grimper un joueur à un très haut niveau. Il faut plus parler de projet, de contenu, de travail », estime Arnaud Di Pasquale. Gasquet, Benneteau et Llodra faisaient justement partie du Team Lagardère. En les accueillant à nouveau aujourd’hui, la FFT prouve qu’elle est bien le coeur de la grande famille du tennis français.

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