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Il y a 10 ans, Marco Pantani s’échappait à jamais

L'attaque foudroyante de Marco Pantani dans le col du Galibier lors de la 15e étape du Tour de France 98, le 27 juillet.
L'attaque foudroyante de Marco Pantani dans le col du Galibier lors de la 15e étape du Tour de France 98, le 27 juillet. AFP PHOTO

C’était il y a dix ans, jour pour jour. Le 14 février 2004, l'Italien Marco Pantani était retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Rimini au bord de l’Adriatique. A 34 ans, le grimpeur disparaissait suite à un œdème cérébral et pulmonaire officiellement causé par une overdose de cocaïne. « Le Pirate », qui avait sauvé le Tour de France 1998 avait sombré dans la dépression.

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Ce fut un jour noir. Une onde de choc. Le 14 février 2004, l’Italie apprenait la mort de son idole : Marco Pantani. À Rimini, petite station balnéaire au bord de l’Adriatique, « Le Pirate » avait sombré après une overdose de cocaïne.

Madonna di Campiglio, l’endroit maudit

Dans sa chambre d’hôtel où il vivait reclus, le champion italien n’avait plus en tête que cette exclusion du Tour d’Italie 1999. À Milan, le Giro était arrivé sans lui. La veille, le vainqueur du Tour de France 1998 avait été exclu pour un contrôle sanguin inopiné de l'Union cycliste internationale (UCI), révélant un hématocrite (volume de globules rouges dans le sang, ndlr) de 52%. Soit au-dessus des 50% tolérés par l'UCI, ce qui laissait supposer une prise d'EPO.

À Madonna di Campiglio, lieu de départ de la 21e étape, la descente aux enfers commençait. Pantani, « l'Elefantino » devenu « Le Pirate », qui avait sauvé le Tour de France 1998 après l’affaire Festina, était tombé à son tour. Jusqu’à cette fin tragique dans la Residence Le Rose et dans la chambre D6, le patron des cimes n’aura cessé de tenter de remonter la pente. En vain. Ce fils d'une famille modeste ne pourra donc jamais remporter un deuxième Giro. Ce 5 juin 1999, le monde du cyclisme assiste en quelque sorte à la première mort du petit grimpeur italien, entouré par les carabiniers. « J’ai connu beaucoup de revers, mais cette fois, je ne me relèverai pas », avouait Pantani après son exclusion.

Pourtant, l’année suivante, il se présentera à nouveau devant son public et prendra part à son cinquième Tour d’Italie, qu’il terminera à la 28e place. Mais le dopage va le rattraper encore une fois en 2001 lors du « blitz de San Remo ». Des dizaines de policiers investissent en pleine nuit les hôtels des équipes et retrouvent une seringue d’insuline (un produit interdit) dans la chambre de Pantani. Il est exclu de ce Giro et suspendu pour six mois. La honte s'abat encore sur lui. Mais l'Italie retient surtout le champion qui jetait son bandana avant de passer à l'attaque.

La légende de Pantani reste intacte

À Cesenatico, sa ville natale, plusieurs endroits attirent encore et toujours ses fans. D’abord, le cimetière communal, où le grimpeur repose dans le caveau familial. Vingt mille personnes l’avaient accompagné lors de son enterrement, le mercredi 18 février 2004. Il y a aussi le musée qui porte son nom, où sont exposés ses vélos, ses maillots, et ses peintures. Sur le front de mer, Pantani a sa statue de bronze, érigée piazza Marconi.

De Marco Pantani, les tifozi retiennent surtout ses envolées lyriques lorsque la route s’élève. Comme lors de cette 15e étape du Tour de France 98 entre Grenoble et les Deux Alpes où Pantani prend le maillot Jaune après une chevauchée en solitaire sous une pluie glaciale.

En cinq participations sur la Grande Boucle, Pantani a remporté six victoires d’étape. Le 19 juillet 1997, « Le Pirate » dompte les 21 lacets de l’Alpe d’Huez pour battre le record de la mythique ascension : 37 minutes et 35 secondes. Mais le Tour de France finira par lui tourner le dos en 2003, lors de l'édition du centenaire. Son équipe n’est pas sélectionnée. Petit à petit, Marco Pantani devient indésirable au sein du peloton et il se perd peu à peu dans la dépression et la drogue.

« Combien d’hommes sombrent en cherchant à rattraper leurs rêves qui se brisent dans les drogues ! Je me sens un ex dans tous les sens du terme. J’ai débranché la prise », avait écrit Pantani dans un carnet retrouvé dans sa chambre d'hôtel.

Avec son bandana, sa boucle d’oreille et son visage triste, Marco Pantani a marqué de son empreinte toute la complexité d’une époque où le cyclisme faisait la part belle au dopage. Comme l'atteste les aveux récents de l'Américain Lance Armstrong.

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