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Cyclisme

Merhawi Kudus, pépite érythréenne au Tour de Turquie

Merhawi Kudus au Tour de Langkawi en 2014.
Merhawi Kudus au Tour de Langkawi en 2014. DR

A tout juste 20 ans et pour sa première année professionnelle, l’Erythréen Merhawi Kudus (MTN-Qhubeka) est annoncé comme un des favoris du 50e Tour de Turquie. Rencontre avec ce grimpeur de poche au talent inné, désigné comme le leader de son équipe pour cette épreuve.

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De notre envoyé spécial en Turquie,

« Certains pros vont être surpris en le voyant débarquer dans quelque temps », disait Bernard Hinault l'an dernier. Et comme le quintuple vainqueur du France, ils sont désormais beaucoup à croire au potentiel de Merhawi Kudus, petit Erythréen au talent immense. Après Daniel Daniel Teklehaimanot et Natnael Berhane, l’Erythrée tient sa nouvelle pépite.

Il a commencé le vélo avec ses copains

Dans les rues d’Alanya, station balnéaire dans la région méditerranéenne de la Turquie déjà inondée de soleil, le jeune garçon semble presque étonné d’être une des attractions de ce 50e Tour de Turquie. Il faut rappeler que son compatriote Natnael Berhane est le vainqueur sortant et qu'il a confirmé en remportant le Tour du Gabon en janvier dernier.

Depuis ses débuts, Merhawi Kudus, a montré un talent inné, un sens du placement presque parfait dans le peloton, et une bonne vision de la course. Il a appris très vite. A tel point que cette saison, Kudus a déjà eu la chance de prendre part à Milan San-Remo et à la Flèche Wallone, deux épreuves importantes du calendrier mondial.

« Je ne pensais pas devenir professionnel. J’ai commencé le vélo avec mes copains à l’école. Ensuite, j’ai pu rêver au monde professionnel après mes bons résultats en amateur », s’émerveille ce coureur espiègle. Alors que nous sommes en plein entretien, un journaliste lui demande où est Merhawi Kudus pour faire une interview. « Je vais le prévenir », lance-t-il. Eclat de rire et clin d’œil en se retournant vers nous.

Ce qui surprend le plus lorsque l’on côtoie Merhawi Kudus, c’est son charisme. Avec un sourire qui ne le quitte jamais, il semble faire partir du décor depuis des lustres. « Ma joie de vivre, je ne sais pas l’expliquer. Ça fait partie de moi », suggère le coureur. Surtout, on ne décèle aucune fébrilité dans son comportement. Pourtant, tout le monde l’annonce comme un potentiel vainqueur de cette course hors catégorie, dont le plateau est très relevé. Un rôle de leader à son âge, c’est peu banal. « Natnael (Berhane) m’a donné de précieux conseils », confie avec malice Merhawi Kudus.

« Un des cinq meilleurs grimpeurs du peloton international »

Merhawi Kudus avant le départ de la première étape du Tour de Turquie, le 27 avril 2014.
Merhawi Kudus avant le départ de la première étape du Tour de Turquie, le 27 avril 2014. Photo : Farid Achache

« Actuellement, c’est certainement un des cinq meilleurs grimpeurs du peloton international », a confié Emmanuel Hubert à RFI il y a quelques jours. Le manager de l’équipe française Bretagne-Séché Environnement, qui a accueilli Merhawi Kudus en stage l’an dernier, ne tarit pas d’éloge. « Il est très à l’aise dans le peloton, il lui manque encore de l’expérience dans les descentes », note tout de même Emmanuel Hubert.

« Comparé à l’année dernière, j’ai énormément progressé dans les descentes. J’ai beaucoup travaillé dans ce sens », relate le petit grimpeur aux cheveux frisés.

L’an dernier, au Gabon, Merhawi Kudus vivait sa première course internationale. Il avait remporté le maillot du meilleur grimpeur. « C’était merveilleux de me confronter à de grosses équipes et de me battre pour garder ce maillot jusqu’au bout. C’est un très beau souvenir. » Aujourd’hui, près de quinze mois après cette première grande expérience, il a pris une autre dimension. En mars, il s’est imposé au Tour de Langkawi, une course cycliste hors catégorie disputée en Malaisie, dont le parcours est plus difficile qu’en Turquie.

Pour sa deuxième année en catégorie pro continentale, l’unique équipe sud-africaine évoluant à ce niveau a vu son programme étoffé d’une invitation au Tour d’Espagne. Mais Merhawi Kudus, qui se dit « un peu trop jeune », n’est pas certain d’y participer. Il va en discuter avec le manager, Douglas Rider.

Sur son vélo, Merhawi Kudus a collé une photo de la Vierge Marie. « Je suis très croyant et je suis sûr qu’elle me protège. Ca me donne de l’énergie », confie-t-il avec pudeur. L’heure du départ de la première étape a sonné et Merhawi Kudus est prêt à vivre une semaine intense. Et ils sont aussi très nombreux à croire en lui.

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