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Côte d'Ivoire / Mondial 2014

Serey Dié: «Je ne pensais pas que mes larmes feraient le tour du monde»

Les larmes de l'Ivoirien Geoffroy Serey Dié ont fait le tour du monde.
Les larmes de l'Ivoirien Geoffroy Serey Dié ont fait le tour du monde. REUTERS/Ueslei Marcelino

Geoffroy Serey Dié nage en plein rêve en disputant la Coupe du monde 2014 de football avec l’équipe de Côte d’Ivoire. A tel point que le milieu de terrain a parfois du mal à contenir son émotion. Ses larmes lors de « L’Abidjanaise », avant la rencontre face à la Colombie, l’ont rendu célèbre à travers le monde. Une soudaine notoriété dont le joueur du FC Bâle (Suisse) s’excuserait presque.

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De notre envoyé spécial à Aguas de Lindoia,

Geoffroy Serey Dié, les yeux rougis par l'émotion, serre fermement la main du petit garçon blond qui l’accompagne depuis son entrée sur le terrain du stade municipal d’Aguas de Lindoia. Le milieu de terrain observe à distance les autres joueurs de l’équipe de Côte d’Ivoire s’approcher, hilares et détendus, d’une tribune qui scande des « Costa do Marfim », « Drogba » et « Gervinho ». Les habitants sont venus dire adieu aux « Eléphants » qui s’envolent pour leur troisième match de Coupe du monde, prévu le 24 juin à Fortaleza. Face à cette manifestation de soutien et d’affection, le joueur du FC Bâle (Suisse) a du mal à se contenir.

« J’ai la chair de poule, lâche le joueur à la crête jaune. Comme je l’ai dit, c’est un rêve que je vis en étant ici. Je remercie Dieu, parce que sans lui je ne suis rien. Je le remercie pour tout ce qui se passe dans ma vie ».

« Je ne pensais pas que ça allait faire le tour du monde »

Les larmes de Geoffroy Serey Dié, lors de l’hymne national, avant le match Côte d’Ivoire-Colombie, ont fait le tour du monde. La rumeur s’est vite répandue sur Internet qu’il venait de perdre son père alors que le natif d’Abidjan était tout simplement bouleversé de participer à ce Mondial. « J’ai été surpris, dit-il après avoir repris son souffle. Je ne pensais pas que mes larmes allaient prendre de l’ampleur. Ce sont juste mes émotions que j’ai laissé éclater. J’ai essayé de ne pas me laisser aller, mais c’était plus fort que moi. A ce moment-là, je ne pensais pas que ça allait faire le tour du monde. Si ça a choqué des personnes, je m’en excuse ».

Geoffroy Serey Dié s’excuserait presque de tout, y compris d’être là, avec les « Eléphants », au Brésil. « Des joueurs n’ont pas cette chance de pouvoir disputer une Coupe du monde, explique l’attaquant Gervinho. Il a réalisé lors du deuxième match qu’il vivait quelque chose d’extraordinaire et qu’il devait en profiter ». Boubacar Barry Copa, le gardien de but ivoirien, ajoute : « C’est quelqu’un de très émotif et qui est très fier de porter le maillot de la Côte d’Ivoire. Il m’avait dit 'Copa, je ne m’attendais pas à jouer une Coupe du monde !' C’est un petit qui est travailleur, qui est à l’écoute, qui se bat. Il le montre sur le terrain. C’est un exemple à suivre. »

Marqué par des accusations de corruption

Ces larmes ont en tout cas fait beaucoup pour la célébrité de Geoffroy Serey Dié. A 29 ans, ce solide récupérateur végétait dans un relatif anonymat, malgré un parcours honorable avec le FC Bâle lors de la très médiatisée coupe d'Europe des clubs (Ligue des champions 2013-2014). Dans un univers où footballeur et égocentrique sont souvent des pléonasmes, sa fraîcheur a fait le buzz sur les réseaux sociaux. « Si c’était mon destin d’en passer par là pour me faire connaître, je ne l’avais pas prévu et ce n’était pas un plan », jure-t-il, gêné. « Je suis quelqu’un d’émotif et mon passé fait que je n’arrive pas à le cacher, expose-t-il. Je sais d’où je viens. Je sors d’un grand trou ».

En mars 2010, lorsqu’il évoluait au FC Sion (Suisse), Geoffroy Serey Dié avait été soupçonné de corruption et d'avoir truquer des matches en se faisant expulser sciemment lors de plusieurs rencontres. Il avait été rapidement innocenté, mais l’affaire semble avoir marqué celui qui ne se voyait pas rebondir si haut.

« Faire une carrière professionnelle, j’y croyais, souligne-t-il. Mais disputer un Mondial, je n’y ai jamais pensé. Etre en équipe nationale, servir mon pays, je n’y avais jamais pensé ». Geoffroy Serey Dié glisse discrètement un billet de reals au garçonnet qui lui tient la main. Comme s’il devait payer le fait de vivre chaque moment au Brésil.

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