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RALLYE/DAKAR 2015

David Castera: «J'espère que le Dakar reviendra en Afrique»

Stéphane Peterhansel, recordman de victoires sur le Dakar (ici avec Mini), sera l'un des favoris de l'épreuve 2015 avec Peugeot.
Stéphane Peterhansel, recordman de victoires sur le Dakar (ici avec Mini), sera l'un des favoris de l'épreuve 2015 avec Peugeot. AFP PHOTO

Le rallye « Dakar 2015 » partira ce dimanche 4 janvier de Buenos-Aires, en Argentine, avec des passages au Chili et en Bolivie. Cette septième édition sud-américaine verra le notamment de retour de Peugeot après vingt-cinq années d'absence. Présentation de l'épreuve avec David Castera, directeur sportif de la course, qui rêve d'un retour en Afrique...

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RFI : Comment définiriez-vous ce « Dakar 2015 » par rapport aux six premières éditions sud-américaines ?

David Castera : Ce sera un « Dakar » un peu, disons… curieux ! Les étapes ne se ressembleront pas tous les jours : la 2ème sera très dure, la 3ème un peu moins, la 4ème à nouveau difficile, etc. On a voulu alterner. Il faudra que les concurrents changent de rythme en permanence, qu’ils aient une bonne faculté d’adaptation au terrain.

Il y aura de l’inédit, comme sur la 7ème étape, le 11 janvier ?

Oui, avec trois courses sur trois itinéraires différents, pour les autos, les motos et les camions. Nous avons un peu compliqué les choses, mais il faut s’adapter en permanence à ces pistes un peu particulières. On a créé des parcours différents sur sept ou huit « spéciales » (NDLR : épreuves chronométrées), ce qui nous offrira des garanties sur le plan de la sécurité. Les autos et les camions ne se doubleront pas, les autos ne dépasseront pas les motos. On a voulu minimiser les risques d’accrochage.

Autre innovation : des journées de repos différentes selon les catégories...

C’est simple : en Bolivie par exemple, on ne pouvait emmener tout le monde en une seule fois pour des problèmes de logistique. La Bolivie est un pays difficile d’accès avec très peu de routes et un risque de pluie qui pourrait rendre les pistes très difficiles. Et la logistique sera terrestre, contrairement à l’Afrique, où elle était aérienne et relativement simple. Nous avons donc décidé d’envoyer des petits groupes pour l’étape d’Uyuni, en Bolivie : d’abord les autos, puis les motos…

Lorsque vous tracez le parcours, quelles sont vos priorités ?

D’abord la sécurité des concurrents. Il faut que nous nous adaptions aux quatre catégories (autos, motos, camions et quads), qui ont toutes des problématiques différentes. Et dans chacune d’entre elles, il y a des professionnels et des amateurs. Ces derniers sont plus vulnérables, moins aguerris. L’autre volet « sécurité », ce sont les spectateurs. En Amérique du Sud, l’engouement est exceptionnel. Il existe ici une gande tradition de sports mécaniques. Les gens sont passionnés, notamment en Argentine. En 2014, on a comptabilisé près de quatre millions de spectateurs au départ, à l’arrivée et le long des routes ! Pour chaque étape, on travaille avec nos partenaires locaux sur des programmes de sécurité. Chaque intersection, chaque virage est étudié pour protéger au mieux un public souvent déchainé. Et 2 300 messages sur la sécurité ont été et seront diffusés sur une quarantaine de radios, dans les trois pays traversés.

Vous qui avez piloté sur les pistes africaines pendant dix ans, quelle est la différence avec celles d’Amérique du Sud, hormis l’altitude ?

En Afrique, on se sentait beaucoup plus seul qu’en Amérique du Sud ! Les déserts étaient plus vastes. Ici, il y a plus de diversité de paysages avec la montagne et l’océan.

Vous avez la nostalgie de l’Afrique ?

Oui. On y a vécu quelque chose de très fort. Il y a de vrais attaches. Mais le « Dakar » a prouvé qu’il pouvait muter et rester une grande aventure, même en dehors de l’Afrique. Mais, et on le dit tous les ans, j’espère que le rallye y reviendra un jour…

Six éditions en Amérique du Sud, et on appelle toujours ce rallye le « Dakar »...

Et ça n’a rien d’étonnant. La ville de Dakar reste associée à cette grande aventure. C’était suffisamment fort pour que le nom soit conservé. C’est un clin d’œil à l’Afrique, lui dire qu’on ne l’a pas oubliée. Et vous savez, les Sud-américains ne sont pas du tout choqués par le nom. Ils disent « el Dakar » sans problème !

L’évènement de cette 7ème édition, c’est le retour de Peugeot après vingt-cinq ans d’absence. La marque française a laissé son empreinte sur l'épreuve avec quatre victoires en autant de participations (de 1987 à 1990). Elle alignera trois voitures, trois Buggy à deux roues motrices pilotés par Stéphane Peterhansel, le recordman de victoires (11, 6 en moto et 5 en auto), Carlos Sainz et le néophyte Cyril Després (5 victoires en moto). A votre avis, quelles seront les ambitions de Peugeot ?

Pour moi c’est clair : Peugeot vient pour gagner ! Mais y parviendra-t-elle dès la première année ? On dit qu’ils ne sont pas entièrement prêts. Monter un programme en huit ou neuf mois, ça peut paraitre court. Mais Peugeot a des ressources et de l’expérience.
La grande question, c’est la fiabilité des voitures. Tiendront-elles la distance face aux Mini, vainqueurs des trois dernières éditions ? Ou face à la Toyota du Sud-africain De Villiers, l’un des grands favoris (NDLR : vainqueur en 2009, et jamais moins bien que 4ème depuis 2011) ? On en saura sans doute un peu plus après les deux ou trois premières étapes. Mais si ça n’est pas pour cette année, Peugeot sera fin prête en 2016. Je pense que l’écurie reviendra très vite sur le devant de la scène, et qu’elle gagnera le « Dakar » dans un futur très proche.

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