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Football

Mondial 2018: Dejan Lovren, le combattant croate

Dejan Lovren lors de Croatie-Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde, le 11 juillet 2018.
Dejan Lovren lors de Croatie-Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde, le 11 juillet 2018. REUTERS/Maxim Shemetov

Régulier, solide, et en confiance, Dejan Lovren, le défenseur central de la Croatie, sera un élément clé de la finale de la Coupe du monde contre la France dimanche 15 juillet. Le joueur de Liverpool, passé par Lyon, effectue sans doute la meilleure saison d’une carrière qui n’a pas été un long fleuve tranquille. Après avoir perdu la finale de la Ligue des champions en mai, il ne compte pas laisser une autre lui filer sous le nez. Les Français sont avertis, ils auront un guerrier en face.

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Lorsque l’arbitre de la demi-finale Croatie-Angleterre (2-1) a sifflé la fin de la rencontre après 120 minutes de jeu, Dejan Lovren a serré fort ses poings, crié victoire, et laissé couler quelques larmes. Des pleurs de joie, de fatigue, mais sans doute des larmes de fierté d’avoir réussi à qualifier la Croatie à la finale de la plus prestigieuse compétition sportive au monde. Des pleurs de soulagement/et ou de défi aussi après beaucoup de critiques. « Les gens ont dit que j’avais eu une saison assez difficile, ce que je refuse d’admettre, a-t-il lâché au micro de la chaîne beINSports. J’ai montré que je pouvais mener Liverpool en finale de Ligue des champions, ainsi que mon pays en finale de Coupe du monde. Les gens devraient reconnaître que je suis l’un des meilleurs défenseurs du monde et arrêter de déblatérer des stupidités ». Il y avait sans doute dans ces propos la frustration de ne pas être reconnu à sa juste valeur, tant le défenseur central croate a fait une belle saison cette année malgré le souvenir de ses mauvaises performances qui restent tenaces chez certains.

Lyon, la découverte

La carrière de Dejan Lovren n’a pas été une ligne droite vers le sommet comme on pouvait lui prédire après sa signature à 20 ans à l’Olympique lyonnais (Ligue 1 française) en 2013. Les virages ont été nombreux avant d’arriver à jouer deux finales dans la même saison. A Lyon, la jeunesse, la découverte d’un nouvel environnement, et l’adaptation ont été un frein pour l’espoir croate qui a disputé 102 matches en trois saisons sous les couleurs du club français sans laisser des souvenirs impérissables, sinon de ses mauvaises prestations en défense, comme arrière droit ou arrière central.

Son départ en Angleterre en 2013 à Southampton a relancé sa carrière au point d’être transféré à Liverpool après une saison de bonne facture chez les Saints. Sans être génial, l’international croate trace son chemin chez les Reds. Mais sa réputation de défenseur souvent sujet à des absences fatales de concentration ou de trop plein d’engagement le rattrape du côté de la Mersey. Lors d’un Tottenham-Liverpool (4-1) en octobre 2017, il est tellement catastrophique qu’il est remplacé par son entraîneur, Jurgën Klopp, au bout de 30 minutes de jeu seulement. Il devient la risée de quelques supporters. Son coach le défend dans The Guardian : « C’est vrai que Dejan a fait quelques erreurs au début. Mais il est costaud, rapide, habile des deux pieds, fort de la tête avec une grosse détente. Il est tout ce dont nous avons besoin. Alors oui, parfois il peut s’améliorer sur le point de la concentration. Je suis convaincu de son talent, je suis donc tranquille. »

 

Lovren hurle sa joie après la qualification en demi-finale face à la Russie, le 7 juillet 2018.
Lovren hurle sa joie après la qualification en demi-finale face à la Russie, le 7 juillet 2018. REUTERS/Carl Recine

Vie de réfugié

Depuis, le joueur formé au Dynamo Zagreb enchaîne les bonnes performances et n’est pas étranger à la belle saison de Liverpool, et à la qualification historique la Croatie en finale du Mondial 2018. Durant cette Coupe du monde, à côté de son acolyte, Vida, Lovren a montré le meilleur de lui-même : un joueur costaud dans les duels, mentalement solide, avec un peu de vice pour déstabiliser ses adversaires. Ses défauts : manque de concentration, agressivité peu canalisée, n’ont pas eu droit de cité en Russie. Il lui reste un match, LE match pour rendre une copie très propre dans ce Mondial.

Il est certain qu’au moment de défier les Français dimanche à Moscou (15H TU), Dejan Lovren repensera à son parcours qui n’a été évident avec une vie de réfugié à Munich (Allemagne) après avoir fui à trois ans avec ses parents la Bosnie et le village de Kraljeva Sutjeska.

De la guerre qui a touché l’ex-Yougoslavie (1991-2001), Dejan Lovren, 29 ans, en a encore quelques souvenirs. Il les avait confiés au site officiel de son club Liverpool. « Je me souviens juste quand les sirènes se sont allumées. J’avais tellement peur parce que je pensais aux bombes ou à d’autres choses qui allaient tomber désormais. Je me souviens que ma mère m'a pris et nous sommes allés au sous-sol, je ne sais pas combien de temps nous sommes restés assis là, je pense que c'était jusqu'à ce que les sirènes se soient tues. Ensuite, je me souviens de maman, de mon oncle, de la femme de mon oncle, nous avons pris la voiture et sommes partis en Allemagne ». De cet exil, le natif de Zenica, a surement tiré cette force qui l’a conduit aujourd’hui sur la plus belle scène du football mondial.

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