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Football féminin

Mondial féminin 2019: Rapinoe, poil à gratter et joyau de l’Amérique

Megan Rapinoe, milieu de terrain des États-Unis, a éliminé la France en quarts (2-1) en signant un doublé.
Megan Rapinoe, milieu de terrain des États-Unis, a éliminé la France en quarts (2-1) en signant un doublé. Benoît Tessier/Reuters

Déjà buteuse à deux reprises au tour précédent face à l’Espagne, Megan Rapinoe a remis ça le 28 juin en quarts de finale de la Coupe du monde de football face à la France (2-1). L’Américaine n’est pas de celles qui se cachent. Elle a des idées bien arrêtées, du talent balle au pied et une mission en cours : mener la Team USA au sommet tout en titillant Donald Trump.

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De notre envoyé spécial au Parc des Princes de Paris,

Un nouvel obstacle de passer. Après un premier tour en forme de promenade, la sélection des Etats-Unis a peiné mais dompté l’Espagne en huitièmes de finale (2-1). Et c’est sur ce même score que les championnes du monde en titre l’ont emporté, vendredi 28 juin, face à l’équipe de France en quarts de finale. Oui, les Bleues étaient chez elles et avaient leur public. Oui, les Bleues ont effleuré l’égalisation au cours de dix dernières minutes tendues.

Mais non, les « Stars and Stripes » n’ont pas craqué. Megan Rapinoe a fait ce qu’il fallait pour scalper la France au Parc des Princes, à Paris.

« C’est magnifique, ce soir ! »

Un coup franc direct dès la 5e minute, puis le but du break après l’heure de jeu ; c’est un second doublé consécutif pour celle qui porte le n°15. Face aux Espagnoles, la native de Redding (Californie) avait vu scoré deux fois, à chaque fois sur penalty. Dans cette équipe dominante, la superstar, c’est Alex Morgan, l’une des joueuses les plus douées et les plus médiatiques du monde. Mais dans ce Mondial, l’Américaine la plus en vue, c’est bien Megan Rapinoe.

« C’est magnifique, ce soir ! », s’est exclamée, en français, la joueuse du match en conférence de presse. Dans la langue de Shakespeare, la milieu aux cheveux teintés en rose a poursuivi : « C’est tout ce qu’on peut désirer. Il ne me reste pas beaucoup de Coupes du monde. Les supporters étaient extraordinaires, ils nous ont encouragées tout au long de la rencontre. C'était incroyable. Il y avait tellement d'énergie dans le stade ce soir. C'est une superbe performance de notre groupe. »

Megan Rapinoe, milieu de terrain des Etats-Unis, a marqué sur coup franc direct face aux Françaises.
Megan Rapinoe, milieu de terrain des Etats-Unis, a marqué sur coup franc direct face aux Françaises. Benoît Tessier/Reuters

« On est qualifié pour le tour suivant, c'est tout ce qui compte. On n'oubliera pas Paris.  (…) Quand on arrive à ce stade de la compétition, c'est pour gagner. Chaque équipe doit penser comme ça », a-t-elle ajouté. L’esprit de conquête, toujours, dans les mots de Megan Rapinoe.

Joueuse talentueuse, elle a rejoint les anti-Trump

Championne olympique en 2012, championne du monde en 2015, Megan Rapinoe partage le même objectif que ses coéquipières : garder ce titre mondial, ce que seules les Allemandes ont réussi en 2003 et en 2007. Les Américaines sont à deux marches de cet objectif. C’est le but majeur. Mais pour Rapinoe, il y a d’autres défis à relever.

Forte en gueule, la joueuse de Seattle, passée par l’Olympique Lyonnais en 2013-2014, a rejoint le contingent des sportifs et sportives américains qui ont défié Donald Trump. En 2016, elle s’était déjà montrée solidaire du mouvement lancé par Colin Kaepernick, le footballeur américain (à ne pas confondre avec le soccer), qui dénonçait les violences policières contre les Afro-Américains en s’agenouillant pendant l’hymne américain. Alors candidat à la Maison-Blanche, Trump avait vu rouge.

Aujourd’hui encore, Rapinoe ne chante pas l’hymne national. Ouvertement lesbienne, la footballeuse assume par ce biais ses convictions et son rejet de la politique menée par l’actuel président américain, qu’elle considère comme hostile à l’encontre des personnes LGBT. Et quand le sport et la géopolitique se mêlent, ça peut faire des étincelles. En général, les sportifs, Trump les adorent (Mike Tyson, Tiger Woods, Tom Brady…) ou les honnit (LeBron James, Colin Kaepernick, Stephen Curry…).

Durant la semaine, la milieu de terrain américaine en a rajouté une couche. Quand un média américain lui a demandé si elle se rendrait à la Maison-Blanche si elle y était invitée, Megan Rapinoe a répondu du tac-au-tac : « Je n’irai pas à la p… de Maison-Blanche. » La même décision que les basketteurs des Golden State Warriors et les footballeurs des Philadelphie Eagles, qui avaient refusé de s’y rendre, comme le veut la coutume pour les champions nationaux.

L'Américaine Meghan Rapinoe.
L'Américaine Meghan Rapinoe. Benoît Tessier/Reuters

Une brouille en filigrane de l’objectif Mondial

Donald Trump est passé par Twitter, son outil de communication préféré, pour reprendre de volée l’internationale. « Megan ne devrait jamais manquer de respect à notre pays, à la Maison Blanche et à notre drapeau. Je suis un grand fan de l'équipe des Etats-Unis et du football féminin, mais Megan devrait d'abord GAGNER avant de PARLER ! », avait-il écrit, avant d’inviter malgré tout l’ensemble de la Team USA, peu importe leur résultat final.

La veille du quart face aux Bleues, Megan Rapinoe avait maintenu sa position. Elle avait également lancé un message à ses coéquipières : « Je les encourage à réfléchir à cette tribune, qui pourrait se télescoper avec une administration qui ne pense pas comme nous et ne se bat pas pour les mêmes choses que ce pour quoi nous nous battons. »

Kelley O'Hara et Megan Rapinoed fêtent leur ouverture du score face aux Françaises.
Kelley O'Hara et Megan Rapinoed fêtent leur ouverture du score face aux Françaises. Benoît Tessier/Reuters

Sur le terrain, la buteuse a répondu une première fois au président américain en envoyant son équipe en demi-finales. Il y a encore du chemin jusqu’à la victoire. Prochaine étape : l’Angleterre en demi-finale, à Lyon le 2 juillet. On peut compter sur Megan Rapinoe pour remettre les bouchées doubles, d’autant plus qu’entre la demie et la potentielle finale le 7 juillet, elle fêtera son 34e anniversaire (le 5 juillet). Nul doute qu’un second titre mondial ferait un beau cadeau. Jill Ellis, elle, n’a pas eu la moindre inquiétude à propos des répercussions possibles de la passe d’armes entre Rapinoe et Trump. La sélectionneure des Américaines résume simplement : « C’est une personnalité extraordinaire. Elle adore vivre ces moments. Elle a été incroyable ce soir. »

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