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Athlétisme: un Kenya affaibli avant les Championnats du monde?

Le Kényan Conseslus Kipruto.
Le Kényan Conseslus Kipruto. Michal CIZEK / AFP

Superpuissance de l’athlétisme, le Kenya semble toutefois aborder les Championnats du monde 2019 (27 septembre-6 octobre) en étant affaibli. Entre les forfaits des un(e)s, les méformes des autres, et les récurrentes accusations de dopage, les Kényans parviendront-ils à faire aussi bien qu’en 2015, lorsqu’ils avaient fini meilleure nation des Mondiaux ?

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En matière de soupçons de dopage, les Championnats du monde d’athlétisme se suivent et se ressemblent désormais pour le Kenya. Cet État d’Afrique de l’Est, superpuissance de la discipline, se retrouve une nouvelle fois ciblé par un documentaire d’une chaîne de télévision allemande. Récemment, ZDF a mis en ligne des images d’un Kényan et d’une Kényane recevant des injections de produits interdits, quelques semaines avant les Mondiaux 2019 (27 septembre-6 octobre à Doha).

Le président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, a indiqué le 23 septembre, que l’organisme compétent planchait déjà sur le sujet. « Je sais que l'AIU [Unité d'intégrité de l'athlétisme, organe indépendant, Ndlr] s'est saisie de certaines accusations parues dans les médias allemands, a précisé le Britannique. Je suis certain qu'ils rendront compte à l'IAAF dès qu'ils auront établi les faits ».

La Fédération kényane se défend

L’IAAF et l’Agence mondiale antidopage ont régulièrement reconnu l’existence d’un problème de dopage au Kenya, sans toutefois qu’il atteigne, à leurs yeux, les proportions du phénomène en Russie.

La chaîne ZDF affirme pourtant que la fédération kényane d’athlétisme (AK) et l’autorité locale de lutte contre le dopage (ADAK) travaillent parfois main dans la main pour protéger des athlètes dopés. Ce dont AK s’est défendu avec fermeté, dans un communiqué : « Les allégations selon lesquelles Athletics Kenya a couvert des cas de contrôles positifs et a modifié des résultats de tests sont ridicules, c’est le moins qu’on puisse dire, et semblent avoir été formulées par quelqu’un qui ne connaît pas la situation actuelle au Kenya. »

Il n’empêche, depuis près d’un an l’Unité d'intégrité de l'athlétisme a annoncé la suspension provisoire de six Kényan(e)s, pour la plupart des spécialistes de la longue distance (10 000 mètres, semi-marathon, marathon, etc.). Un record pour un pays.

Des athlètes écarté(e)s…

En plus de ce climat de suspicion, avant les Mondiaux 2019, AK doit composer avec un effectif affaibli. L’IAAF a par exemple refusé l’inscription de deux spécialistes du 5000 mètres, Michael Kibet et Daniel Simiyu. Les deux hommes n’avaient pas rempli toutes les conditions de suivi en matière d’antidopage.

Il y a aussi des suspendus de longue date pour dopage, qui avaient été médaillés aux JO ou aux Mondiaux, comme Kipyegon Bett, Jemima Sumgong et Asbel Kiprop.

Par ailleurs, deux athlètes présentant des taux de testostérone trop élevés par rapport aux nouveaux règlements de l’IAAF, Jackline Wambui (800 mètres) et Linda Kageha (400 mètres), ont dû quitter la sélection pour Doha. Sur 800 mètres, le Kenya était déjà privé de Margaret Wambui, une grande chance de médaille, en conflit avec l’IAAF par rapport à son hyperandrogénie.

…et forfaits ou en méforme

Rayons forfaits et/ou méformes, la liste s’est également allongée. Elijah Manangoi, le tenant du titre sur 1.500 mètres, a jeté l’éponge à cause d’une cheville récalcitrante. On ne parle même pas de la légende du 800 mètres, David Rudisha, qui n’a plus compéti depuis 2017 et qui ne sera pas au Qatar.

Niveau état de forme, des questions peuvent se poser concernant le petit prince du 3.000 mètres steeple, Conseslus Kipruto, et sur Julius Yego, médaillé d’argent à Rio en lancer du javelot. Le premier a réalisé une saison 2019 beaucoup plus discrète que d’habitude. Quant au champion du monde 2015, il a surtout brillé durant les compétitions africaines, ces deux dernières années.

Autres chances de médailles en moins, Eliud Kipchoge et plusieurs autres pointures du marathon – chez les hommes et chez les femmes – ont décidé de faire l’impasse sur ces Championnats du monde 2019.

Faire aussi bien qu’en 2015, est-ce possible ?

Dans ce contexte, le Kenya peut-il faire aussi bien qu’aux Championnats du monde 2015, lorsqu’il était devenu la première nation africaine à finir en tête du classement des pays ? Depuis l’édition 2007, la délégation kényane est systématiquement repartie des Mondiaux avec au moins dix médailles, dont 4 ou 5 en or au minimum…

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