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Handball / CAN 2020: Yassine Idrissi, l'ange gardien du Maroc

Yassine Idrissi, gardien et capitaine de la sélection marocaine de handball.
Yassine Idrissi, gardien et capitaine de la sélection marocaine de handball. CAHB / Ange Gnacadja

Pilier de la sélection marocaine de handball et du championnat de France, Yassine Idrissi dispute en Tunisie sa sixième et dernière Coupe d’Afrique des nations. Tout proche d’une qualification pour les prochains championnats du monde 2021 en Égypte, il rêve d’y envoyer la sélection, quitte à ne pas tenter lui-même cette dernière aventure internationale.

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Comme trop souvent depuis plus d’une décennie, Yassine Idrissi vit son anniversaire et celui de sa petite fille loin des siens, mais ce sera bientôt fini. À 36 ans, le portier et capitaine marocain ne dressera plus son mètre 93 devant les buts de la sélection lors d’une CAN, à laquelle il participe depuis 2008 quasiment sans interruption. « S’éloigner des enfants, c’est vraiment un sacrifice », confie-t-il dans son hôtel de Nabeul, où la sélection, déjà éliminée de la course aux demi-finales, s’est remobilisée pour son véritable objectif, une place au Mondial 2021 réservée aux six premiers de la compétition continentale (en plus de l’Égypte, qualifiée d’office en tant que pays organisateur). Pas sûr pourtant que la perspective lui fasse renoncer à son envie de refermer un premier volet d’une vie consacrée à la petite balle pégueuse.

Arrivé à cinq ans et demi à Argelès-sur-Mer, près de Perpignan, le hand va peu à peu s’installer dans la vie de Yassine Idrissi, d’abord… comme arrière gauche au club local. « En sélection régionale, il manquait un gardien. C’est ce que j’ai fait pendant mon premier stage. Quand je suis revenu un an après, dans ma catégorie d’âge, on avait déjà un gardien, et je me suis de nouveau retrouvé arrière gauche. Là, l’entraîneur m’a regardé et m’a dit : "C’est n’importe quoi…" Du coup, j’ai vraiment fini gardien ! » Puis en 2001 débute une belle aventure à Nîmes, où il finit par faire ses premières apparitions dans les cages de l’équipe première entre 2004 et 2005, alors qu’il mûrit encore au centre de formation. L’histoire avec le club gardois aurait pourtant pu vite s’arrêter si Alain Portes, actuel sélectionneur de l’Algérie, ne lui avait pas fait confiance à son arrivée à la tête de la « Green Team » en 2006, d’abord dans un rôle de doublure de Bruno Martini, alors portier des Bleus. Yassine Idrissi et l’USAM, c’est un mariage de 7 saisons mais des infidélités vers Créteil (2008-2009, avec un passage en Coupe EHF, la seconde compétition européenne) puis Saint-Cyr Touraine (2009-2011).

Du Sud de la France à la sélection marocaine

Aujourd’hui, après 3 ans à Toulouse et la tentation d’une expatriation au Dinamo Bucarest, il apporte son vécu à Limoges, actuel leader de Proligue (la 2ème division), un choix essentiellement familial. « J’avais rempilé pour deux ans de plus à Toulouse, mais au bout d’un an j’ai eu l’opportunité de partir pour me rapprocher de mes enfants qui habitent Clermont-Ferrand. Pour moi, c’était une évidence d’y aller ». Même s’il a dû accepter une baisse de salaire, il y a trouvé une source de motivation dans un groupe « assez sain, où il n’y a pas de rivalité, avec comme leitmotiv la remontée dans l’élite. Du coup, ça rend les entraînements plus coriaces ». Celui qui tourne depuis le début de saison à 38 % d’arrêts en 11 matches de championnat n’hésite d’ailleurs pas lui-même à donner de la voix dans les moments chauds d’une rencontre, comme il le fait avec le Maroc, dont il garde précieusement chez lui un exemplaire du maillot comme souvenir de ces longues années en sélection.

Et dire que Yassine Idrissi aurait pu ne jamais revêtir les couleurs nationales sans un conseil avisé de son coéquipier de l’époque à Nîmes, l’ancien capitaine tunisien Heykel Megannem, qui lui suggère, à l’issue de la CAN 2006 où le Maroc obtient la médaille de bronze, de contacter la fédération pour qu’il se fasse connaître. Un an plus tard, le voilà en Allemagne pour le Mondial 2007 (20ème place finale), sa seule participation à ce jour à cette compétition. Depuis, les « Lions de l’Atlas » ont échoué, souvent de peu, à retrouver le gotha international car constamment barrés par la mainmise du triumvirat Égypte-Tunisie-Algérie, avec l’Angola en embuscade depuis 2016. Le Maroc aurait pourtant les moyens de se mêler à la lutte avec ses joueurs d’expérience comme le demi-centre Soufian Idir, et sa relève, incarnée notamment par les jeunes ailiers de Tremblay Ryad Lakbi (20 ans) et Reida Rezzouki (22 ans). Encore faut-il pouvoir travailler ensemble plus régulièrement. « On se quitte en janvier, on se retrouve en décembre… Quand on voit les Espagnols ou les Danois se réunir en avril, juin ou octobre et nous non, c’est frustrant pour nous, sportifs de haut niveau », regrette Idrissi, content d’assister à l’apparition de nouvelles équipes dans une CAN comme la Zambie, une nation aux très maigres moyens matériels, pour qui il a quand même « eu de la peine en voyant les chaussures des joueurs. J’étais à deux doigts de leur payer une paire à chacun ! Ils sont dans un handball très précaire mais ils se sont donné les moyens et ils sont venus. C’est beau à voir et c’est rare. »

Défendre la condition du joueur, le natif de Rabat n’oublie pas de le faire aussi dans l’Hexagone à travers l’Association des Joueurs Professionnels (AJPH). Mais le handball continuera-t-il à faire partie de son quotidien quand l’heure sera venue de se retirer des parquets pour de bon ? S’il songe à une reconversion dans l’événementiel, il ne se voit pas sur un banc, du moins pas comme entraîneur principal. « Limoges a souhaité m’inscrire pour la saison prochaine à la formation pour le diplôme fédéral d’entraîneur des gardiens. Je vais aussi aider les jeunes à progresser. Je veux rendre au handball ce qu’il m’a donné », promet le papa de Mahti et de Nahla, à qui il a hâte de pouvoir leur rappeler, chaque mois de janvier, qu’il les aime sans passer par un smartphone.

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