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Kobe Bryant: un virtuose obsédé par le basket et la victoire

Kobe Bryant en 2010.
Kobe Bryant en 2010. Evan Gole / NBAE / Getty Images / AFP

Kobe Bryant est décédé ce 26 janvier 2020 à l’âge de 41 ans, dans un accident d’hélicoptère. L’ex-superstar des Lakers de Los Angeles, qui avait remporté cinq titres NBA, restera l’un des plus incroyables solistes de l’histoire du basket-ball. Un joueur au talent hors-norme qu’on a souvent comparé à Michael Jordan.

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Le destin est parfois cruel. Kobe Bryant a trouvé la mort dans un accident d’hélicoptère, quelques heures après avoir perdu son statut de troisième meilleur marqueur de l’histoire de la ligue nord-américaine de basket-ball (NBA). Celui qui pointait derrière Kareem Abdul-Jabbar (38.387 points inscrits entre 1969 et 1989) et Karl Malone (36.928 entre 1985 et 2004) au classement des scoreurs en saison régulière vient en effet d’être dépassé par LeBron James.

Cette place sur le podium de la NBA avait pourtant une signification particulière pour un joueur obnubilé par le panier adverse et pour qui seule la victoire comptait.

Un talent très précoce

Kobe Bryant était un virtuose en attaque et un défenseur acharné. Des qualités déjà évidentes lors de son arrivée dans le plus prestigieux championnat au monde, à 17 ans seulement, en 1996. Surdoué, ce fils de basketteur – Joe Bryant a connu une courte carrière en NBA avant de s’exiler en Europe – a sauté la case université. Il est recruté (« drafté ») par les Hornets de Charlotte dès sa sortie du lycée. Un fait alors très rare, à l’époque, la plupart des stars de la NBA ayant joué au basket en parallèle d’un cursus universitaire.

Les débuts de Kobe Bryant en NBA (Vidéo)

Il ne posera toutefois jamais ses valises en Caroline du Nord. Il est immédiatement transféré chez les Lakers de Los Angeles, où il va effectuer l’intégralité de sa carrière (1996-2016). Au sein de la mythique franchise, le gamin devient le plus jeune joueur à débuter un match NBA. Il profite de cette première saison pour combler quelques lacunes tactiques. Au cours de la deuxième (1997-1998), il commence cependant à justifier sa réputation de talent hors-norme. Dans une de ses premières publicités télévisées, en 1998, Kobe Bryant se fraie un chemin au milieu de créatures effrayantes pour marquer un panier, avant de lâcher un « Hey, just believe in yourself ! » « Hé, il faut croire en toi ! »

Kobe Bryant, justement, croit dur comme fer en ses capacités et en son destin. Et il n’a peur de personne, pas même du « Dieu » Michael Jordan. Lors du mythique All Star Game 1998 à New York, à 19 ans seulement, il se retrouve titulaire face à son idole et à son modèle. Ce dernier dispute sa dernière saison en NBA. L’opposition entre « KB8 » – il portera le numéro 8 jusqu’en 2006, avant d’opter pour le numéro 24 – « MJ » ressemble alors à un passage de témoin.

Kobe Bryant défie Michael Jordan au All Star Game 1998 (Vidéo)

Un triplé d’anthologie

Michael Jordan remporte un dernier titre avec les Bulls de Chicago puis tire sa révérence, en 1998. Durant une saison 1999 de transition, les Spurs de San Antonio sont sacrés. Puis, le règne des Lakers peut débuter. Avec le géant Shaquille O’Neal, Kobe Bryant constitue en effet un duo redoutable, dans la droite lignée de ceux formés par Jerry West et Elgin Baylor, puis Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar.

Le « Shaq » et le « black mamba » – l’autre surnom de Bryant – entretiennent une relation d’amour-haine qui dégénère régulièrement hors-caméra. Mais, ensemble, sur le parquet, ils sont quasiment innarrêtables. Sous la conduite du légendaire entraîneur Phil Jackson – l'ex-coach de Jordan chez les Bulls de Chicago – ils conquièrent trois titres successifs de champion, en écartant successivement les Pacers d’Indiana (2000), les Sixers de Philadelphie (2001) et les Nets de New Jersey (2002), en finales.

Les plus belles actions du duo Bryant-O'Neal chez les Lakers (Vidéo)

La traversée du désert

En 2003 et 2004, après deux échecs successifs en play-offs et une relation devenue exécrable, O’Neal s’envole du côté de Miami. C’est le début d’une traversée du désert pour le prodige, resté seul aux commandes des Lakers. Une période trouble marquée par une affaire d’agression sexuelle présumée. Kobe Bryant se retrouve accusé de viol, alors que lui invoque une relation consentie avec une employée d’hôtel. La procédure s’achèvera sur un non-lieu, la plaignante renonçant à témoigner.

Kobe Bryant avait sa part d’ombre en tant qu’homme mais aussi qu’en tant que basketteur. Obsédé par la victoire et par le fait de passer à postérité, il ne supportait pas la médiocrité. « Je ne peux pas faire confiance aux gens paresseux, expliquera-t-il un jour. On ne parle pas la même langue. Je ne les comprends pas et je ne veux pas les comprendre ». Le Californien, qui se levait au milieu de la nuit pour s'entraîner (même avec un poignet fracturé), martyrisait parfois les coéquipiers pas assez talentueux et/ou bosseurs à son goût. Seul gagner l’intéressait. Il n’y avait pas de place pour l’amitié lorsqu’il s’agissait de basket.

Un soliste au sommet de son art

En 2005-2006, Kobe Bryant termine la saison avec la moyenne exceptionnelle de 35,4 points par match. Le 22 janvier 2006, il réalise un impensable exploit : face aux Raptors de Toronto il marque 81 points en une rencontre, soit le deuxième plus grand total de l’histoire de la NBA, derrière les 100 points de Wilt Chamberlain en 1962. Mais toujours pas de 4e bague de champion à son doigt.

Le match à 81 points de Kobe Bryant (Vidéo)

En 2008, Kobe Bryant retrouve cependant le sourire. Un improbable deal avec les Grizzlies de Memphis entraîne l’arrivée de Pau Gasol à Los Angeles. L’Espagnol est le genre de joueur – talentueux mais travailleur, altruiste et humble – qu’adore la superstar des Lakers. L’effet est presqu’immédiat : les Angelinos atteignent la finale des play-offs. Ils s’inclinent certes lourdement face à leurs rivaux historiques, les Celtics de Boston. Mais Bryant est désigné pour la première fois meilleur joueur de la saison, MVP (Most Valuable Player).

► À (RE)LIRE: NBA: Kobe Bryant en chiffres

C‘est un an plus tard qu’il décroche enfin un nouveau sacre, au détriment du Magic d’Orlando. Entre-temps, il a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques 2008 (il en gagnera une autre en 2012). Malgré la montée en puissance de LeBron James, nouveau phénomène de la NBA, « KB » conserve sa couronne. En 2010, il prend en effet sa revanche sur les Celtics, s’offrant son cinquième et dernier titre. Kobe Bryant est alors au sommet de son art.

Le dernier sacre de Kobe Bryant avec les Lakers.

Un lent déclin

La suite ressemble toutefois à un lent déclin. Les Lakers ne parviennent plus à concurrencer les meilleures équipes de la ligue. Ils sont éliminés prématurément en play-offs, chaque année. A l’été 2012, le meneur de jeu Steve Nash et le pivot Dwight Howard débarquent à « LA ». Mais la mayonnaise ne prend pas tout de suite. Kobe Bryant doit alors jouer contre-nature, en se montrant davantage altruiste pour le bien de son équipe. Et ça marche. Mais le 12 avril 2013, il se rompt le tendon d’Achille du pied gauche.

C’est le début d’une longue série de blessures. En décembre 2013, peu après son retour à la compétition, il se fracture le genou gauche. En janvier 2015, c’est une blessure à l’épaule qui met prématurément fin à sa saison.

Une retraite en fanfare

En novembre de la même année, Kobe Bryant annonce qu’il prendra sa retraite à l’issue de l’exercice 2015-2016. Les mois qui suivent ressemblent à une longue tournée d’adieu. Mais Kobe Bryant ne peut se contenter d’un banal départ. Le 13 avril 2016, pour son 1566e match, il claque 60 points devant un public en transe.

Le dernier match de Kobe Bryant (Vidéo)

Kobe Bryant tire sa révérence de joueurs mais reste actif hors des terrains. En 2018, un dessin animé sur sa carrière, Dear Basketball, reçoit l’Oscar du meilleur court-métrage. L’homme déborde d’envie et de projets. Dans un entretien au journal L’Équipe, il assure : « Le basket n’est pas ma seule occupation et ne suffit pas à me définir. »

Une place à part dans l’histoire du basket-ball

Il n’empêche, durant trois décennies, Kobe Bryant a tout donné à son sport. Il s’est bâti une image d’individu mono-maniaque, hyper-individualiste et arrogant, entièrement tendu vers la gloire et l’histoire. Mais même ses adversaires les plus acharnés ont toujours rendu hommage à sa passion et à son énergie tenace.

Le plus flatteur d’entre tous est sans doute venu du maître, Michael Jordan, lui-même, en 2013. Interrogé sur la capacité qu’il aurait eu à battre les meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA, Jordan avait répondu : « Au sommet de ma carrière, j’aurais aimé jouer des un-contre-un contre Jerry West, Elgin Baylor, Julius Erving, Carmelo Anthony, Dwyane Wade, Kobe Bryant et LeBron James. Je ne pense pas que j’aurais perdu. Sauf peut-être face à Kobe parce qu’il a piqué tous mes gestes. » Preuve qu’à défaut d’être le plus grand joueur de l’histoire du basket-ball, Kobe Bryant, était capable par moment d’être le plus fort, lorsqu’il avait le ballon entre les mains…

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Les 10 plus belles actions de Kobe Bryant (Vidéo)

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