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Témoignages

Tokyo 2020: les interrogations des sportifs français confinés pour cause de coronavirus

Matthieu Androdias et Hugo Boucheron lors des championnats d'Europe à Glasgow en 2018..
Matthieu Androdias et Hugo Boucheron lors des championnats d'Europe à Glasgow en 2018.. REUTERS/Russell Cheyne

Les prochains Jeux olympiques sont pour le moment maintenus à la fin juillet (du 24 juillet au 9 août). Sauf que l’épidémie de coronavirus est passée par là et que le monde du sport est chamboulé. Les athlètes français, désormais confinés, se posent des questions.

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« Je suis à l’affut de tous les communiqués du Comité international olympique (CIO). Les enjeux sont colossaux. Tant qu’ils ne seront pas dos au mur les dirigeants du CIO vont attendre », nous glisse par téléphone Matthieu Androdias, rameur français, qui a participé aux Jeux de Londres en 2012 et de Rio en 2016.

« On va vite tourner en rond »

Comme beaucoup d’athlètes, Matthieu Androdias est confiné et doit se débrouiller pour continuer sa préparation. Et ce fils de médecin de campagne - père dentiste et mère généraliste - fait avec les moyens du bord. Sa fédération a mis à sa disposition en catastrophe un vélo d’appartement, un rameur d’appartement, une barre et des poids. « Heureusement que l’on est soutenu, dit-il. On va vite tourner en rond. Si les JO se tiennent, ce sera ma première compétition internationale de l’année. »

Matthieu Androdias, champion du monde 2018 en deux de couple avec Hugo Boucheron s’inquiète de quatre années de préparation qui passeraient à la trappe. « Le cœur de notre travail se fait sur l’eau et sur le plan technique c’est pas top. Et j’ai bien peur que le confinement dure plus longtemps que les deux semaines prévues actuellement. » En ajoutant : « Il faudrait trancher vite pour recommencer un cycle d’une saison ».

Kevin Mayer pose la question d’un éventuel report

Dans un entretien à L’Equipe mardi 17 mars, premier jour du confinent dans l’Hexagone, Kevin Mayer a été le premier athlète français à poser la question d’un éventuel report. « Je n’ai pas les informations et les connaissances médicales nécessaires, avançait alors le recordman mondial du décathlon. Mais je suis très matheux et, d’après les graphiques, la pandémie est loin d’avoir atteint son pic. Je ne vois pas comment on pourrait en être totalement sortis d’ici à juillet… »

Loin de leur endroit habituel, les sportifs tentent de s’entraîner comme ils peuvent. L’INSEP, usine à champion ou s’entraîne le judoka Teddy Riner a aussi fermé ses portes.

« Un athlète qui reste chez lui ne pourra pas être bon », témoigne Cédric Berrest, ancien rameur et désormais président de la Commission des athlètes de la Fédération française d’aviron. Celui qui a participé aux Jeux d’Athènes, Pékin et Londres pose aussi la question des athlètes qui ne sont pas encore sélectionnés. « En aviron, tout le calendrier mondial est annulé jusqu’au Jeux. Comment faire ? », interroge-t-il. D’ailleurs, beaucoup de tournois de qualifications ont été ajournés dans plusieurs disciplines olympiques à travers le monde. A ce jour, 57% des places réservées aux athlètes ont été attribuées.  Cédric Berrest se pose aussi la question de l’équité entre ceux qui ont été contraints de stopper leur préparation et les autres. « Comment font les sports collectifs ? Que vaudra la médaille ? »

Mesurer l’impact psychologique

« Je n’ai aucune solution pour pratiquer l’escrime. Je suis dans 50 mètres carrés dans Paris avec femme et enfant », témoigne l’escrimeur Vincent Anstett, médaille d’or par équipe aux Jeux de Pékin en 2008. A 37 ans, un report des Jeux au-delà de 2020 lui parait compliqué. « Pour continuer, il faut que mes partenaires me suivent. Je me pose trop de questions. Si le confinement dure trop longtemps, comment vais-je faire pour m’entretenir physiquement ? Et je crois que l’on mésestime l’impact psychologique », dit-il. Vincent Anstett qui n’est pas encore qualifié pour Tokyo redoute aussi l’annulation pure et simple des Jeux.

Les Jeux olympiques de Tokyo pourraient être reportés plus tard dans l’année a reconnu jeudi 18 mars le président de la Fédération internationale d’athlétisme Sebastian Coe. « C’est possible, tout est possible actuellement », a déclaré le double champion olympique du 1 500 mètres, interrogé par la BBC. Tout en affirmant qu’il était trop tôt pour prendre une décision définitive sur un potentiel report à l’automne.

En attendant c’est le flou total pour la plupart des athlètes français. « On va vivre au jour le jour, essayer de s’occuper », conclut Matthieu Androdias.

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