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Entretien

Confinement : les conseils d’un vieux loup de mer

Jean-Luc Van den Heede est resté sept mois seul en mer sur un petit bateau.
Jean-Luc Van den Heede est resté sept mois seul en mer sur un petit bateau. Photo: Christophe Favreau

Avec plusieurs tours du monde en solitaire, deux podiums sur le Vendée Globe, un sur la Route du Rhum et plusieurs records à son actif, le navigateur Jean-Luc Van den Heede est un « expert » du confinement. Il a même passé 212 jours en mer pour remporter l’an dernier la Golden Globe Race, une course autour du globe « à l’ancienne ». Et même s’il est aujourd’hui sur la terre ferme, à Nantes, on avait envie de lui demander quelques conseils pour supporter la situation actuelle.

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RFI : Jean-Luc Van den Heede, quelle est la principale différence entre le confinement que vous vivez aujourd’hui, comme tous les Français, et celui auquel vous êtes habitué, en mer, sur votre bateau ?

Jean-Luc Van den Heede : Quand on prend le départ d’un tour du monde à la voile, c’est volontaire et préparé. Par exemple, avant la Golden Globe Race, j’avais estimé à 240 jours la durée de mon voyage. Tout était prévu en conséquence : les réserves de nourriture, le matériel en cas d’avarie, etc… La situation actuelle, à l’inverse, s’est installée de manière soudaine, imprévue, et en plus nous sommes contraints et forcés. D’un point de vue psychologique, c’est aussi complètement différent quand une solitude est choisie et quand elle est imposée.

Quels conseils donneriez-vous aux gens qui se demandent comment vivre au mieux cette situation ?

D’abord, de se fixer des objectifs et de profiter du temps libre pour faire ce qu’on ne peut pas faire habituellement. Sur la mer, on doit prendre soin de deux choses : du bateau et du bonhomme. Ici, c’est exactement pareil : si on a une maison, il faut la décorer, la ranger, si on a un jardin, il faut l’entretenir, un appartement, pareil. Ensuite, il faut s’occuper du corps, c’est-à-dire faire des exercices physiques à la maison. La lecture est aussi est un bon moyen d’évasion. Et puis il faut surtout en profiter pour réfléchir, penser. Notre quotidien « d’avant » ressemble à une espèce de tambour de machine à laver. Nous sommes constamment sous pression, dans l’urgence. Maintenant, on peut penser plus profondément à demain, à l’après.

Certains vivent seuls dans de petites surfaces. Comment gérer ce face-à-face avec soi-même ?

Il faut avoir un certain équilibre, être bien avec soi-même, mais aussi accepter cette situation et la prendre avec optimisme : si on ne se dit dès le départ qu’on ne va pas y arriver, on n’y arrivera pas ! Ça dépend aussi du caractère de chacun. Par exemple, ce confinement ne me dérange absolument pas, au contraire : je règle tout ce que je n’ai pas pu faire avant. Finalement, le conseil du vieux de loup de mer est assez simple : prendre les choses de manière positive et croire en un monde meilleur quand on sortira de cette crise. Il faut laisser passer la tempête et attendre le beau temps !

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