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Entretien

Coronavirus: le rugbyman Bakary Meité parle de son bénévolat dans un hôpital

L'Ivoirien Bakary Meité.
L'Ivoirien Bakary Meité. RFI / Antoine Grognet

Bakary Meité est rugbyman. Il défend les couleurs de l’US Carcassonne (France) et de l’équipe de Côte d’Ivoire. Le troisième ligne âgé de 36 ans s’est engagé bénévolement dans un hôpital parisien où il participe au nettoyage et à la désinfection, en pleine crise du coronavirus. Le Franco-Ivoirien explique sa démarche à RFI. Entretien.

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RFI : Bakary Meité, au début de cette crise du coronavirus, vous avez décidé de vous engager auprès des personnels soignants. Racontez-nous comment et pourquoi vous avez fait cette démarche ?

Bakary Meité : C’est une opportunité qui s’est présentée à moi. J’étais confiné en région parisienne, chez ma sœur. Et quelqu’un de sa belle-famille cherchait des gens pour faire du nettoyage dans un hôpital à Paris. Son neveu s’est proposé spontanément. Et moi, je lui ai emboîté le pas. Ça s’est fait comme ça et le lendemain on commençait.

Connaissiez-vous un peu le milieu hospitalier ?

Non, je ne connaissais pas du tout. Je ne savais même pas dans quel hôpital j’allais être. J’ai pris la décision par solidarité, avec mon neveu, envers le personnel soignant. Les soignants vivent des moments difficiles. Je me suis donc dit que ça pourrait être une bonne chose de faire ça.

En quoi consiste votre travail, exactement ?

Mon travail est de désinfecter tout ce qui se trouve à portée de mains : les poignées de portes, les postes de soins, les postes de services, les rampes, les boutons d’ascenseurs, les interrupteurs…

Était-ce important de vous engager, durant cette crise ?

Beaucoup de Français sont confinés chez eux. Ils ne peuvent pas sortir. Moi, j’ai la chance de pouvoir sortir, de pouvoir servir, de pouvoir être utile. Alors j’en profite vraiment. C’est une chance pour moi.

Avez-vous conscience du fait qu’on puisse vous considérer comme une personne au comportement au-dessus de la moyenne durant cette crise ?

Je commence à m’en rendre compte. Les sollicitations médiatiques sont nombreuses. Mais, au départ, je n’avais vraiment pas la sensation de faire quelque chose d’extraordinaire. […] Lorsque j’ai vu le déchaînement médiatique que ça a produit, je n’ai pas très bien compris. Je réponds à ces sollicitations pour pouvoir parler de ce qu’il se passe à l’hôpital. Les gens avec lesquels je travaille ne sont pas des gens dont on parle forcément. Aujourd’hui, on parle un petit peu d’eux, suite à cette histoire. Cet aspect-là ne me dérange pas. Après, je n’ai pas l’impression d’être au-dessus de la moyenne. Je me dis que ce que je fais, d’autres peuvent le faire.

Avez-vous informé votre club, l’US Carcassonne, de votre démarche, avant de travailler auprès de personnels soignants et de malades du Covid-19 ?

Oui, je les ai prévenus. Lors de mon premier jour, durant le trajet, j'ai vérifié si je n’étais pas hors-la-loi, par rapport au code de travail. Finalement, j’avais la possibilité de le faire. Donc, j’ai prévenu le club. Ils m’ont encouragé dans ma démarche. Ils étaient contents que je puisse faire ça. Il n’y a pas eu d’autres questions soulevées. Par rapport à cette histoire, je n’ai eu que des retours positifs, de la part de mes coéquipiers, de la part de mes amis, de ma famille et même de personnes que je ne connaissais pas.

Vous êtes international ivoirien. Pour l’instant, l’Afrique n’est pas encore aussi  touchée que l’Europe par le Covid-19. Mais elle commence à l’être. Quel message voudriez-vous faire passer à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique plus généralement ?

C’est quelque chose d’hyper important ce qui est en train de se passer dans le monde. Alors, effectivement, l’Afrique est « épargnée » pour le moment. Mais il faut vraiment qu’on prenne conscience de ce que c’est et qu’on adopte tout de suite les « gestes barrières », qu’on arrive à freiner au maximum cette pandémie. On sait que l’Afrique n’est pas aussi bien dotée que l’Occident, en termes d’hôpitaux. Je pense que ce sera donc l’affaire de tous : du médecin au vendeur de rue. Tout le monde doit prendre conscience du fait que ce qu’il se passe est très très grave. Tous ensembles, partout en Afrique, on doit lutter contre ce virus. […]

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