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Photographie/Visa pour l'image

«Alma, une enfant de la violence», lauréat du Visa d’or du webdocumentaire RFI-France24

Alma, ex-membre d'un gang ultraviolent au Guatemala, est le personnage central de ce webdocumentaire.
Alma, ex-membre d'un gang ultraviolent au Guatemala, est le personnage central de ce webdocumentaire. Arte

Alma, une enfant de la violence, de Miquel Dewever-Plana et Isabelle Fougère, a été désigné à l’unanimité lauréat de la 5e édition du Visa d’or RFI - France 24 du webdocumentaire par le jury, réuni à Paris le vendredi 30 août. Produit par Arte France, Upian et l’Agence Vu, Alma est le témoignage poignant d’une jeune femme ayant appartenu à l’un des gangs les plus violents du Guatemala. Le jury a tenu à décerner une mention spéciale à La duce vita, un webdocumentaire de Cyril Bérard et Samuel Picas. Entretien avec le président du jury Guillaume Herbaut, photographe et lauréat 2011 du prix.

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Pourquoi Alma a suscité à ce point l'enthousiasme du jury?

Déjà, cela été un choix à l’unanimité du jury, presque une évidence. On a trouvé qu'Alma (voir le webdocumentaire)arrivait à allier la forme et le fond. Avec, d’une part, un témoignage bouleversant d’une femme, anciennement membre d’un gang de Maras, au Guatemala. C’est un témoignage extrêmement dur, touchant, effrayant…Et d’un autre côté, une navigation, une manière de raconter une histoire sur internet qui est extrêmement fluide et novatrice.

Pourquoi Alma se détache autant des autres ?

Ce travail peut être vu par le monde entier, il a un message universel. D’autre part, il dépasse le webdocumentaire, il prend la forme d’une véritable œuvre qui s’inscrit dans le temps et qui fera date dans l’histoire du webdocumentaire.

Les auteurs d'Alma ont choisi une simplification de la narration. Est-ce une tendance dans le monde du webdocumentaire? 

Je ne sais pas si c'est une tendance... En tout cas, Alma nous amène à revenir à une linéarité de la narration sur le web, contrairement à ce qu’on pouvait voir il y a quelque temps, où il y avait une tendance à éclater les histoires, avec une navigation parfois confuse, pour récréer un puzzle d’un reportage. Là, on arrive à quelque chose de très simple. C’est la force du témoignage qui fait la force du webdocumentaire.

Vous avez été lauréat du prix RFI-France 24 pour votre webdocumentaire La zone, consacré à Tchernobyl. Est-ce que Alma remet en question votre vision du webdocumentaire ?

Non. Pour La zone, on était dans l’explosion de la narration, car on était dans la logique de l’explosion atomique. Et donc, il y avait une logique par rapport à notre manière de raconter les choses. Avec Alma, on arrive à une épuration des choses, à une simplicité qui, pour ma part, en tant qu’auteur, m’aide à réfléchir à mon travail. 

Malgré sa décision unanime en faveur d'Alma, le jury a donné une mention spéciale à La duce vita, un autre webdocumentaire en compétition…

Oui. Nous avons voulu mettre en avant La Duce vita, qui parle du village natal de Mussolini en Italie, devenu un lieu de pélerinage pour les fascistes. Nous avons trouvé que c’était un webdocumentaire important qui pose la question de la mémoire et comment on gère cette mémoire, face à des personnages qui ont marqué l’histoire d’une manière dramatique et comment on peut gérer cette histoire au quotidien. Mais nous avons trouvé aussi que l’enquête était parfaitement menée et que la navigation était extrêmement intéressante. Et donc nous avons voulu le mettre en avant pour amener un nouveau public sur ce webdocumentaire.

Quels sont les critères déterminants pour décerner ce prix ?

D’abord l’histoire que l’auteur va raconter. On a envie d’être porté par quelque chose, donc d’entrer dans un webdocumentaire et de ne pas vouloir en sortir. Ensuite, l’enquête qui accompagne l’histoire… Il faut que cela soit une enquête sérieuse. Et pour finir, la navigation, l’ergonomie du webdocumentaire… tout doit s’imbriquer très bien afin que l’internaute puisse, donc, entrer dans l’histoire sans vouloir en sortir.

Globalement, qu’avez vous pensé de la sélection finale ?

J’ai été surpris de la qualité. J’ai trouvé que la qualité montait d’année en année. Et, pour ma part, je peux dire qu’en regardant chaque webdocumentaire, j’apprenais quelque chose. C’était une vraie réjouissance de découvrir les œuvres présentées. Mais la décision a été facile, car Alma faisait vraiment la différence.


Une pluie de récompenses...

Alma, une enfant de la violence, a déjà remporté de nombreux prix à travers le monde. Etoile de la Scam, en 2013, prix de l’innovation 2013 au Festival du documentaire de Sheffield, prix Grimme Online 2013 dans la catégorie « Connaissance & Culture », à Marl en Allemagne, l’IDFA DocLab Award for Digital Storytelling, dans la catégorie Digital à l‘IDFA 2012 (International Documentary Festival Amsterdam), ainsi que le premier prix dans la catégorie « Documentaire interactif » du World Press Photo 2013.


Une sélection riche et diverse

Huit webdocumentaires étaient en compétition pour cette édition 2013. Outre Alma, une enfant de la violence et La duce vita, la sélection est à la fois diverse et intéressante:

.Anne Franck au pays du manga, de Alain Lewkowicz et Vincent Bourgeau, raconte sous forme de bande dessinée interactive le voyage des auteurs au Japon, où la célèbre histoire d’Ann Frank a été adaptée en manga, mais où la population connaît mal les épisodes dramatiques de sa propre histoire.

.Geek Politics, la démocratie dans les câbles, de Quentin Noirfalisse, est une plongée originale dans l’univers des hackers.

.I goth my world, de Brice Lambert & Guillaume Clere, explore le monde des adeptes de la mode gothique.

.Sout el Shabab, la voix des jeunes, propose les témoignages de 5 jeunes égyptiens à propos de la révolution qui vu la chute d’Hosni Moubarak, il y a deux ans.

.Unspeak, de Wolting Femke, explore le langage et sa manipulation.

.Le printemps d’après, de Hugue Sweeney, reviens sur les violentes manifestations étudiantes qui ont secoué le Québec en 2012.

Les membres du jury 2013 présidé par Guillaume Herbaut :

Daphne Angles (New York Times - responsable photo), Sylvain Attal (France 24 - adjoint au directeur, en charge des nouveaux médias), Dimitri Beck (Polka magazine - rédacteur en chef), Christophe Champin (RFI - adjoint à la directrice de RFI, en charge des nouveaux médias), Olivier Laurent (British Journal of Photography), Benoît Leprince (Paris Match - rédacteur en chef délégué, éditions numériques de Paris Match), Louis Villers (Webdocu.fr – fondateur, rédacteur en chef).

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