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Twitter

#PFW un hashtag pour suivre les défilés de mode parisiens

Loïc Prigent est réalisateur, producteur pour Canal Plus ou Arte.
Loïc Prigent est réalisateur, producteur pour Canal Plus ou Arte. @CanalPlus

Durant les défilés de mode les réseaux sociaux, et particulièrement Twiter, sont sollicités pour traduire l’effervescence autour des créations vestimentaires. Un observateur aguerri du milieu, Loïc Prigent, utilise Twitter et #PFW pour relater ces ambiances assez particulières autour des podiums des défilés de mode.

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Sur Twitter en suivant certains hashtags on se retrouve dans des conversations d’initiés lors d’événements particuliers. Durant les semaines de défilés de mode (les fashion weeks) on peut ainsi s’amuser à observer le travail des grands de la mode ou l’enthousiasme fou des « fashionistas ». Un observateur régulier de ce milieu, Loïc Prigent qui produit pour Canal Plus le documentaire Habillé pour l’hiver (#habillées), rapporte en 140 signes les impressions des gens de la mode qui l’entourent. C’est souvent très amusant et son sens de la formule particulièrement adapté au site de microblogging qu’est Twitter. « Je suis venu sur Twitter pour le côté slogan, mais aussi radical et relativement impersonnel. » explique-t-il, et « j’aime bien l’idée de balancer jusqu’à 40 tweets dans la journée comme une mitraillette. Ce qui correspond à l’intensité de l’événement. »

« Fantassin, solitaire, incontrôlable… »

Avec près de 35000 abonnés pour un compte pas forcément ultra fourni : 900 tweets, Loïc Prigent remporte un sérieux succès. Il faut souligner qu’il est expert dans la petite phrase rigolote en bordure de podium de défilé ou ailleurs. « Le système des citations, je l’avais déjà employé, il y a une quinzaine d’années, dans un temps très court quand j’avais couvert les défilés pour [le quotidien ] Libération et c’est déjà quelque chose qui m’amusait, l’idée des instantanés. On avait travaillé là-dessus à la fin des années 90 pour Canal plus aussi. » Sur Twitter, il confesse aimer « le côté fantassin, solitaire, incontrôlable… »

A écouter ici :

« En quatre signes on décrit un contexte de façon assez puissante »

Maintenant c’est avec l’hashtag #PFW (Paris Fashion week) qu’il sévit et donne à sentir l’ambiance des défilés (avant, pendant ou après..). Loïc Prigent signe ses tweets ainsi et explique précisément le côté fondamental du hashtag. « Le hashtag #PFW c’est une façon de plonger dans un contexte très fort. Cela veut dire que c’est une phrase qui est entendue dans ce lieu-là, dans ce contexte-là avec des gens qui sont dans cette humeur-là et qui font ce métier-là. En quatre signes on décrit un contexte de façon assez puissante. » L’univers de la mode, et des défilés forcément hors de portée du commun des mortels, devient plus tangible via Twitter où l'on peut se rapprocher des coulisses, suivre les défilés ou même les icones de la mode.

«Twitter rend le truc percutant»

Dans l’ADN de Twitter les 140 signes ont deux motivations opposées qui ont conduit les fondateurs à se fâcher irrémédiablement. Ainsi selon Evan Williams, Twitter servirait à écrire ce qui se passe autour de soi, penser à l’autre. Mais pour l’autre fondateur Jack Dorsey, Twitter servirait plutôt à dire ce que l’on pense, à faire parler son ego. Loïc Prigent semble dans la démarche première même s’il ne se refuse pas de penser. « Ce n’est pas archi nouveau les citations, mais Twitter rend le truc percutant. Cela arrive dans un flot d’information, comme des espèces de scud. C’est assez marrant. » Il ajoute : « J’aime l’idée qu’un de mes tweets cohabite avec une dépêche de l’AFP. La schizophrénie qu’il y a sur une Timeline de Twitter dit beaucoup, c’est assez intéressant… Passer du rire au sinistre d’un tweet à l’autre, cette cohabitation du macro et du micro... »

Du « micro détail » à la « macro faute de goût »

Et le moment des défilés, la folie qui semble les entourer, change la perception des choses à en transformer le « micro détail » en « macro faute de goût ». Twitter semble alors un bon allié face aux événements : « Twitter donne une indépendance à ses phrases, on peut vraiment balancer des choses parce qu’on est pas dans un contexte politiquement correct du tout. J’ai une liberté de ton assez grande. » Twitter n’est donc pas seulement le redoutable miroir lors d’un printemps arabe, mais aussi celui des collections pour la saison à venir.

« 140 signes pour décrire un état d’esprit, une hystérie, c’est un bel exercice»

 Le monde de la mode est un milieu où la phrase peut être souvent définitive, drôle, méchante voire assassine. Des réflexions du style : « Ça c’est beau, mais ça c’est moche ». Twitter fonctionne aussi avec ce sentiment de phrase couperet.

Loïc Prigent l’explique en faisant un peu d’histoire de la mode. « Les phrases à la Diana Vreeland, ce sens du slogan, le sens de la pique, le trait d’esprit, le dérapage qui est propre à la mode se traduit super bien sur Twitter ! » Diana Vreeland était rédactrice en chef du magazine Vogue américain de 1962 à 1971. Elle est connue pour ces citations définitives comme « le rose est le bleu marine de l’Inde » ou « un monde sans léopard, quel intérêt ? » C’est drôle et pas politiquement correct du tout. Alors les 140 signes continueront de percuter : « 140 signes pour décrire un état d’esprit, une hystérie, c’est un bel exercice à faire… Un tweet, c’est une fulgurance en fait. »

 

 

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