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Photographie

Prisma, l’application russe qui explose les compteurs de l’Apple-store

Une photo retouchée par l'application Prisma.
Une photo retouchée par l'application Prisma. @GetPrisma

Instagram a annoncé fièrement le 21 juin avoir atteint les 500 millions d’abonnés, mais c’est une start-up russe qui secoue le monde de la photo. Un million de téléchargement en moins d’une semaine pour une application qui retouche les photos artistiquement grâce à la technologie du cloud computing. Van Gogh est dorénavant à disposition dans votre iPhone et vous ne le saviez même pas...

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Depuis une semaine les comptes des utilisateurs russophones d’Instagram et de Facebook se sont transformés en musée virtuel. On y voit circuler de véritables tableaux créés à partir de selfies et autres photographies paysages. Mais par quel étrange phénomène les réseaux sociaux russes ont-ils basculé dans l’art ? Derrière cet engouement, une toute récente application, Prisma, qui permet de transformer n’importe quelle photo en oeuvre d’art version Chagall, Munch, Lichtenstein, un graffiti ou un manga.

En cinq jours, téléchargée plus d’un million de fois

Et c’est un incroyable carton dans les pays de l’ex-URSS ! En cinq jours seulement l’application a été téléchargée plus d’un million de fois et est entrée dans le top russe de l’AppStore, assure son fondateur Alexeï Moïssenkov, interviewé par Meduza :« Lundi, on a traité 2,5 millions de photos », explique-t-il, fier de ce succès.

L’application, totalement gratuite, propose ainsi une vingtaine de procédés de retouche à ses utilisateurs. Mais contrairement à ses concurrents qui utilisent de simples techniques de retouches photo (les fameux filtres Instagram) ou des effets artificiels amusants comme MSQRD, l’application Prisma, quant à elle, utilise la technologie neuronale. Elle exploite ainsi des réseaux de neurones artificiels qui au lieu de retoucher votre image vont la “redessiner” dans le style demandé, précise le portail d’affaires russe RBC. Un peu comme si Van Gogh (du moins l’analyse de sa technique de peinture) se chargeait de redessiner votre photo. Bluffant ! La photo est recréée en utilisant le cloud computing, un processus qui ne prend que quelques secondes, mais le succès aidant, la technologie Prisma est quelque peu débordée.

« Nous limitons artificiellement l’expansion de Prisma hors de la Russie »

Ainsi, selon RBC, Prisma est devenue l’application la plus téléchargée dans 10 pays de l’ancien bloc soviétique, notamment en Arménie, Estonie, Ukraine et dans les pays de l’Asie Centrale. Ceci, malgré le fait qu’à l’heure actuelle Prisma n’est pas disponible partout tout le temps. Dans Meduza, Moîssenkov explique pourquoi : « Pour l’instant, nous limitons artificiellement l’expansion de Prisma hors de la Russie. » Car la petite équipe de la start-up a besoin de temps pour augmenter progressivement la puissance de ses serveurs. Alors pour atténuer les bouleversements d’un trop grand succès, le jeune russe n’hésite pas : « Si une célébrité veut poster une photo faite avec Prisma, nous lui demandons de ne pas le faire. Ensuite, j’ai la possibilité de fermer l’accès au téléchargement dans certains pays en temps réél. » En France, par exemple, le téléchargement de Prisma dans l’AppStore était disponible il y a quelque jours mais ce n’est plus le cas depuis hier.

L'application vaudrait « aux alentours de 10 millions de dollars »

Le succès de Prisma « est une immense surprise pour tout le monde », explique au quotidien économique Vedomosti un des proches de Moïssenkov. Selon lui, le plus grand mérite des ses créateurs, « ce n’est pas d’avoir compris comment utiliser le principe de réseaux des neurones artificiels mais bien d’avoir réussi à le faire d’une façon à la fois pas chère et suffisamment performante. »

Une réussite très vite évaluée à sa juste valeur, puisque le mercredi 22 juin Alexeï Moïssenkov a confirmé à RBC avoir déjà trouvé des investisseurs. Son ancien employeur, la compagnie Internet russe Mail.ru Group va investir dans Prisma quelques 2 millions de dollars, selon une source de RBC. Au total, d’après cette même source, l'application vaudrait « aux alentours de 10 millions de dollars ».

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