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Réseaux sociaux

Facebook, Twitter: comment luttent-ils contre la propagande jihadiste?

Depuis les attentats de 2015, le gouvernement exerce une forte pression sur les réseaux sociaux.
Depuis les attentats de 2015, le gouvernement exerce une forte pression sur les réseaux sociaux. REUTERS/Kacper Pempel/Illustration

Twitter a annoncé le 18 août avoir suspendu 235 000 comptes dans le cadre de la lutte contre les publications faisant la promotion du terrorisme. Depuis quelques mois, et notamment depuis les attentats de 2015 et les pressions gouvernementales, les réseaux sociaux affichent une volonté d'intensifier leurs efforts.

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Laxisme, passivité, censure à deux vitesses - comme lorsqueFacebook censure « L’origine du monde » de Courbet plus vite que des vidéos d’exécutions… Les réseaux sociaux ont souvent fait l’objet de vives critiques pour leur « attitude passive » face à la propagande du groupe Etat islamique sur leur plateforme. C’est ce que dénonçait encore en juillet un rapport parlementaire. Celui-ci relevait en outre que « les moyens humains consacrés aux repérages de contenus illicites en ligne [étaient] très faibles. » Et citait la vidéo du tueur de Magnanville, postée juste après le meurtre sur Facebook live, et retirée seulement… onze heures plus tard.

Twitter n’est pas en reste : l’entreprise américaine avait été visée par une plainte des proches de deux Américains morts dans une attaque du groupe Etat islamique en Jordanie. Ils l’accusaient d’avoir fourni un soutien matériel pour la propagande de l’organisation. Mais la plainte avait été rejetée.

Depuis les attentats de 2015 toutefois, le gouvernement français exerce une forte pression sur les réseaux sociaux pour qu’ils modèrent plus efficacement les contenus faisant la promotion du terrorisme.

« Des progrès », mais « pas d'algorithme magique »

Twitter a donc réagi jeudi 18 août en annonçant la fermeture de 235 000 comptes pour « violation de [sa] politique relative à la promotion du terrorisme » sur les six derniers mois. Un chiffre qui s’ajoute à la suspension de 125 000 comptes annoncés en février dernier. On ne connaît cependant pas les raisons précises qui ont amené à leur fermeture.

« Les suspensions journalières ont augmenté de 80% depuis l’année dernière, avec des pics de suspensions immédiatement après les attaques terroristes », précise l’entreprise américaine sur son blog. Le site de micro-blogging détaille les progrès réalisés dans la chasse aux contenus de ce type : temps de réponse aux demandes de suspension réduit, équipes renforcées, diminution du temps d’existence des comptes incriminés et de leur nombre d’abonnés.

Problème : en cas de fermeture de compte, il est très facile d’en recréer un. Twitter assure s’être aussi amélioré sur ce point : « Nous avons également fait des progrès concernant la possibilité pour les personnes qui ont été suspendues de ne pas pouvoir revenir immédiatement sur la plateforme ».

Malgré cela, le site rappelle qu’« il n’existe pas d’algorithme magique pour identifier le contenu terroriste sur internet. » Et concède que « le travail n’est pas achevé ».

Les outils de la lutte

Plus concrètement, comment marche cette modération ? Chez Twitter comme chez Facebook, les contenus signalés sont analysés par une équipe de modérateurs qui travaillent sept jours sur sept et 24 heures sur 24. C’est eux qui jugent de la légitimité du signalement. Mais ces deux entreprises ne communiquent pas sur le nombre d’experts qui travaillent sur la modération ni sur leurs méthodes de travail.

Quand vous cliquez pour signaler un contenu sur Facebook, cette alerte est traitée dans les 48 heures. Les signalements de contenus pro-terrorisme sont traités en priorité. Là encore, pas d’algorithme miracle. Chaque signalement est analysé au cas par cas. Une photo du drapeau de l’organisation EI, par exemple, pouvant avoir vocation faire la promotion du groupe jihadiste ou à l'inverse le condamner. Pourtant, la méthode n’est visiblement pas infaillible puisque ces derniers mois, des journalistes ou des chercheurs travaillant sur le jihadisme ont parfois vu leurs comptes bloqués quelques jours.

Si le contenu contrevient aux règles établies par les sites, il est supprimé. Et s’il est constaté que ce contenu n’est pas isolé et que le profil de l’utilisateur en contient d’autres, le compte peut être supprimé.

L’autre volet développé par les deux géants des réseaux sociaux pour lutter contre le terrorisme, c’est la promotion de contre-discours. L'idée était de miser sur l’efficacité des messages positifs dans la lutte contre le terrorisme. Les entreprises mènent des actions avec des associations qui travaillent sur la radicalisation et participent à des colloques de réflexion sur le sujet.

Enfin, elles mettent en avant une collaboration étroite et renforcée avec les autorités, particulièrement depuis les attentats. Les géants du net et les équipes du ministère de l’Intérieur communiquent en permanence et collaborent avec la police et la justice également. Concernant les demandes de suppression de contenus ou de comptes émanant des autorités, pour éviter les abus, ils répondent seulement aux demandes faites dans le cadre d’une enquête judiciaire ou en cas de violation de la loi. Et chaque année sont publiés des « rapports de transparence » (ici pour Facebook et là pour Twitter) sur les demandes faites par les gouvernements pays par pays.

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