Commerce électronique et développement
Taftaf.com : tout le talent de l’artisan
Faire connaître le travail des artisans africains via le Net est l’un des objectifs du site Taftaf, le lauréat du Prix RFI Net Afrique 2002.
Les jeunes artisans sénégalais ont peu de chances de montrer leur travail dans les grandes capitales européennes et américaines. Jusqu’à ce que l’on crée un site sur la Toile. Un couple de Français installés à Dakar Alain et Marlène Grignon s’y sont collés et ont créé cette communauté en ligne. «En 1999, nous créons avec des partenaires une société dont l’objet est la commercialisation vers la France d’objets artisanaux fabriqués au Sénégal. Cette association ne fut pas couronnée de succès, se souvient Marlène Grignon. Les investigations que nous avions menées sur Internet nous laissaient entrevoir de larges possibilités pour l’artisanat africain notamment en Amérique du Nord et en Europe. Ainsi a germé l’idée de Taftaf.com. Le site est lancé en janvier 2001».
Plus qu’une boutique en ligne, Taftaf.com est également un espace d’exposition pour une soixantaine d’artistes et artisans sénégalais. Par la magie du réseau, on y découvre sur les étals de ce souk virtuel : gilets brodés, parures, tissus, chaussures en pagne tissé et bijoux à caractère festif. Mais également des objets d’art en vannerie, poterie ou sculpture. L’éducatif a sa place également. Pour ceux qui souhaitent aller encore plus loin dans le recherche d’informations sur l’artisanat africain, Taftaf.com met à la disposition des internautes de nombreuses données sur la culture et la coutume qui inspirent ces artistes. Une rubrique intitulée «des objets et des légendes» replace dans leur contexte les objets proposés aux internautes. Au total : un catalogue de 300 produits ethniques qui touche à l’export un public très large basé essentiellement en Europe et en Amérique du nord.
«Faire passer un message»
Véritable centrale de vente et d’achat en ligne, ce projet s’inscrit dans le cadre du commerce équitable. Taftaf propose des produits artisanaux depuis leurs lieux de fabrication, de façon à garantir au client l'origine du produit tout en assurant aux producteurs des revenus tirés d'une vente sans intermédiaire. Marlène et Alain Grignon affichent leur volonté de faire une juste rémunération du travail de leur co-contractant. «Tataf.com ne travaille que sur des petites séries où tout le talent de l’artisan peut s’exprimer. Nous limitons le recours à une main d’œuvre peut qualifiée et souvent exploitée comme c’est le cas dans des productions de masse. Ce type de fonctionnement est ainsi parfaitement adapté à l’Afrique et garantit aux artisans et à leur famille un développement durable».
C’est d’ailleurs cet aspect qu’a privilégié le président du Jury RFI Net Afrique 2002 Philippe Quéau –Directeur de la division de la société de l’information à l’Unesco: «Notre choix voulait aussi faire passer un message. Le Prix a pour objectif d’accompagner un mouvement, et de souligner les initiatives du Sud vers le Nord, d’offrir des possibilités d’échanges». Car l’usage d’Internet sans disparités avec les pays riches représente un enjeu majeur pour les pays africains où il est encore difficile d’avoir accès aux technologies d’information. Avec cinq millions d’internautes, l’Afrique reste bonne dernière au palmarès. «Le réseau reste réservé à une élite sur ce continent sous-équipé en infrastructures. Même si d'importants efforts ont été entrepris pour démocratiser les cybercafés, le système reste inaccessible pour beaucoup», reconnaît Marlène Grignon. Avant d’ajouter: «L'Internet est aujourd'hui encore le fait d'une élite intellectuelle. Pour preuve, certains de nos artisans sont analphabètes et ont donc du mal à comprendre le fonctionnement de ce nouvel outil, même s'ils en entendent beaucoup parler».
Plus qu’une boutique en ligne, Taftaf.com est également un espace d’exposition pour une soixantaine d’artistes et artisans sénégalais. Par la magie du réseau, on y découvre sur les étals de ce souk virtuel : gilets brodés, parures, tissus, chaussures en pagne tissé et bijoux à caractère festif. Mais également des objets d’art en vannerie, poterie ou sculpture. L’éducatif a sa place également. Pour ceux qui souhaitent aller encore plus loin dans le recherche d’informations sur l’artisanat africain, Taftaf.com met à la disposition des internautes de nombreuses données sur la culture et la coutume qui inspirent ces artistes. Une rubrique intitulée «des objets et des légendes» replace dans leur contexte les objets proposés aux internautes. Au total : un catalogue de 300 produits ethniques qui touche à l’export un public très large basé essentiellement en Europe et en Amérique du nord.
«Faire passer un message»
Véritable centrale de vente et d’achat en ligne, ce projet s’inscrit dans le cadre du commerce équitable. Taftaf propose des produits artisanaux depuis leurs lieux de fabrication, de façon à garantir au client l'origine du produit tout en assurant aux producteurs des revenus tirés d'une vente sans intermédiaire. Marlène et Alain Grignon affichent leur volonté de faire une juste rémunération du travail de leur co-contractant. «Tataf.com ne travaille que sur des petites séries où tout le talent de l’artisan peut s’exprimer. Nous limitons le recours à une main d’œuvre peut qualifiée et souvent exploitée comme c’est le cas dans des productions de masse. Ce type de fonctionnement est ainsi parfaitement adapté à l’Afrique et garantit aux artisans et à leur famille un développement durable».
C’est d’ailleurs cet aspect qu’a privilégié le président du Jury RFI Net Afrique 2002 Philippe Quéau –Directeur de la division de la société de l’information à l’Unesco: «Notre choix voulait aussi faire passer un message. Le Prix a pour objectif d’accompagner un mouvement, et de souligner les initiatives du Sud vers le Nord, d’offrir des possibilités d’échanges». Car l’usage d’Internet sans disparités avec les pays riches représente un enjeu majeur pour les pays africains où il est encore difficile d’avoir accès aux technologies d’information. Avec cinq millions d’internautes, l’Afrique reste bonne dernière au palmarès. «Le réseau reste réservé à une élite sur ce continent sous-équipé en infrastructures. Même si d'importants efforts ont été entrepris pour démocratiser les cybercafés, le système reste inaccessible pour beaucoup», reconnaît Marlène Grignon. Avant d’ajouter: «L'Internet est aujourd'hui encore le fait d'une élite intellectuelle. Pour preuve, certains de nos artisans sont analphabètes et ont donc du mal à comprendre le fonctionnement de ce nouvel outil, même s'ils en entendent beaucoup parler».
par Myriam Berber


